Fin de vie: quelles avancées ?
Fin de vie
Quelles avancées ?

Le Premier ministre François Fillon a reçu le 14 février 2012 le rapport 2011 de l’Observatoire national de la fin de vie. Ce rapport, remis par son président le Pr Régis Aubry, fait le point sur les débats et les avancées de la recherche en matière de fin de vie. Il revient également sur l’avancement du programme de développement des soins palliatifs 2008-2012.
Le Premier ministre a souligné, à cette occasion, les résultats particulièrement significatifs obtenus grâce à ce programme, mobilisant au total 230 M€ et qui constitue l’une des priorités de santé publique du président de la République. Vingt unités de soins palliatifs supplémentaires ont été créées, permettant désormais de couvrir l’ensemble du territoire. En outre, 4 900 lits dédiés permettent la prise en charge des personnes en fin de vie dans près de 800 hôpitaux et cliniques. Au total, notre pays dispose donc de plus de 6 000 lits de soins palliatifs, soit 2 000 lits supplémentaires depuis le début du programme. Notre pays compte désormais 362 équipes mobiles de soins palliatifs et 22 équipes régionales pédiatriques, créées en 2011. La France est le seul pays au monde à proposer une telle offre pour la prise en charge des enfants en fin de vie et pour l’accompagnement de leurs familles.
François Fillon a réaffirmé la volonté du Gouvernement d’intensifier ces efforts pour développer une culture de la prise en charge palliative encore récente dans notre pays. Il a demandé à Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale et Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé de préparer le nouveau cadre qui permettra la continuité et le renforcement de l’action publique en matière de soins palliatifs.
Le Premier ministre a rappelé que le cadre législatif issu de la loi Leonetti de 2005 donne de très larges possibilités pour mieux répondre à des situations humaines difficiles. La priorité est de mieux faire connaître ces dispositifs aux professionnels de santé comme à l’ensemble de nos concitoyens, sans qu’il y ait besoin de nouvelles évolutions législatives.
Le rapport sera disponible sur le site : www.gouvernement.fr
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Source : gouvernement.fr
Soins palliatifs et euthanasie
Soins palliatifs
Et euthanasie
Le rapport de l'Observatoire de fin de vie critiqué (France)
L'Observatoire national de la fin de vie, créé en 2010 après l'affaire Chantal Sébire, a été rendu public le 15 février.
L'euthanasie est un sujet du débat de l'élection présidentielle, souligne Le Monde, François Hollande se disant partisan d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie et Nicolas Sarkozy s'y opposant.
Deux tiers des personnes qui décèdent auraient besoin de soins palliatifs mais elles sont loin d'en bénéficier, indique le rapport. À l'hôpital par exemple, en soins aigus, un tiers des mourants disposerait d'une prise en charge palliative, soit seulement la moitié de ceux qui en ont besoin. Aux urgences, 64 % des personnes qui décèdent nécessiteraient des soins palliatifs et seuls 7,5 % en bénéficient.
La loi Leonetti de 2005 qui instaure le droit au "laisser mourir" est mal connue des Français et peu appliquée, indique le rapport. Cette loi condamne l'acharnement thérapeutique, permet d'arrêter tout traitement inutile ou disproportionné, autorise l'administration de traitements anti-douleur même s'ils ont pour effet secondaire d'abréger la vie d'un malade en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable.
Mais d'autres raisons que la douleur peuvent expliquer une demande d'euthanasie. Une étude menée par le Dr Edouard Ferrand, chef de l'unité mobile de soins palliatifs de l'hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine) en octobre 2011 montrait que des demandes d'euthanasie persistent malgré les soins palliatifs, mentionne le rapport.
Selon la psychologue Marie de Hennezel, membre démissionnaire de l'Observatoire, le rapport ne fait que compiler des études alors qu'il aurait fallu aller sur le terrain pour savoir où sont les blocages dans l'application de la loi Leonetti.
L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dénonce, "un brûlot anti-euthanasie
". L’Observatoire "constate la terrible insuffisance des moyens palliatifs en France, préconise le statuquo, avec – un vœux pieux – une augmentation des moyens consacrés aux soins palliatifs mais sans toujours permettre à chaque citoyen de choisir pour lui-même ce qui lui convient le mieux, comme c’est le cas dans les pays du Benelux et dans plusieurs états des Etats-Unis d’Amérique, au motif que la parole du patient, seule, ne suffirait pas. Le médecin reste toujours le sachant.
"
L'ADMD souligne que l'Observatoire a été adossé à la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, en pointe dans les soins palliatifs, et que les convictions anti-euthanasie du Dr Régis Aubry qui le préside sont de notoriété publique.
Communiqué de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD):L’Observatoire, un conseil électoral pour les anti-euthanasie ?
Article du Monde: Fin de vie : la France néglige toujours ses mourants
Rapport de l'Observatoire de fin de vie sur le portail du gouvernement: RAPPORT 2011 « Fin de vie : un premier état des lieux »
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http://www.psychomedia.qc.ca/
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Il a aidé sa femme à mourir par amour par leprogres
Le 10 novembre dernier, Jean Mercier, un Stéphanois retraité de 83 ans, a aidé son épouse Josanne, terriblement souffrante, à mourir. L'octogénaire mis en examen pour homicide volontaire et non assistance à personne en danger raconte son geste d'amour et l'espoir d'une nouvelle loi pour le droit de mourir dans la dignité.
Reportage: Damien Lepetitgaland
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Euthanasie
Une mort pas si enviable pour les personnes âgées
En novembre 2009, le député socialiste Manuel Valls présentait une proposition de loi visant non seulement à légaliser l’euthanasie mais aussi à permettre aux personnes le désirant de « rédiger des directives anticipées pour le cas où elles seraient un jour hors d’état d’exprimer sa volonté ». Le texte fut rejeté et les partisans de l’euthanasie en conçurent de nouveaux regrets. Cependant, ces derniers auraient pu être amoindris par une meilleure connaissance de la loi Leonetti sur l’accompagnement de la fin de vie adoptée en 2005 et qui déjà avait créé la possibilité d’exprimer par avance ses souhaits en la matière.
Comme Manuel Valls, les personnes âgées ne connaissent pas les directives anticipées
Si Manuel Valls ignorait l’existence de ce dispositif, comment des citoyens par définition moins avertis pourraient-ils le connaître ? Aussi, les résultats de l’enquête menée par le centre d’éthique clinique (CEC) de l’hôpital Cochin auprès de 167 personnes âgées de plus de 75 ans vivant à Paris ne sont guère étonnants : 90 % d’entre eux ignoraient la possibilité de rédiger des « directives anticipées ». Cette première question aura cependant servi de point d’entrée pour mener avec ces aïeux une discussion très ouverte sur leur approche de la mort, sur leurs attentes et leurs inquiétudes concernant la fin de leur existence. Sous la direction du Dr Véronique Fournier, des entretiens d’environ trois quarts d’heures ont été menés avec ces septuagénaires, octogénaires et nonagénaires. La teneur de ces conversations a été évoquée hier lors d’un débat intitulé : « Etre vieux, est-ce préparer sa mort ? ».
Je voudrais que l’on me donne la main
La réponse apparaît pour le moins ambiguë. En effet, quand le concept des « directives anticipées » leur a été expliqué, 83 % des personnes interrogées semblent le repousser. « C’est trop tôt, trop compliqué » semblent exprimer la plupart des témoignages. Il apparaît également que beaucoup ne se concentrent pas prioritairement sur les aspects techniques de la fin de vie (acharnement thérapeutique, ventilation, nutrition parentérale…) mais plus certainement sur une dimension humaine. « J’ai fait une lettre pour mes enfants, une lettre comme cela, qui vient du cœur » se souvient une femme de 89 ans, tandis que Pierre, 92 ans remarque : « Mourir tout seul, je ne voudrais pas. J’aimerais bien donner la main à quelqu’un mais c’est peut être trop dur pour la personne ». Il existe également dans plusieurs témoignages le refus de voir les choses trop figées, d’être tenu par des souhaits qui ne seraient plus partagés le moment venu. « Non, les paroles volent, les écrits restent. Je préfère que cela reste en l’air », résume une femme de 95 ans. Par ailleurs on note que sur un groupe annexe de 19 personnes âgées, membres de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), les directives anticipées rédigées par ces dernières étaient le plus souvent imprécises.
Pas d’euthanasie et des médecins priés de se battre
Les questions de l’équipe de Véronique Fournier se sont également concentrées sur la question de l’euthanasie. Les réponses sont très éloignées des résultats d’enquêtes menées en population générale qui souvent se caractérisent par des plébiscites en faveur de l’euthanasie : chez ces personnes âgées, 40 % n’ont pas souhaité répondre et 40 % s’y sont déclarées clairement opposées. Même au sein du petit groupe de militants au sein de l’ADMD, un tiers dit ne pas souhaiter de changement de la législation ou ne pas vouloir répondre à cette question. « Les personnes âgées ne veulent pas d’euthanasie. Elles attendent de leurs médecins qu’ils se battent au maximum en cas de maladie, mais refusent l’acharnement thérapeutique ».
La maison de retraite, pire que la mort !
Face à ces résultats et à leur nette différence avec les sondages menés dans la population générale, Véronique Fournier livre plusieurs pistes de réflexion. Elle note ainsi qu’il existe probablement un effet de génération : les plus de 75 ans conservent sans doute une importante confiance dans le pouvoir médical et pourraient être marqués par des convictions religieuses plus prégnantes que les plus jeunes.
Néanmoins, certains indices pourraient suggérer également d’une part que le dispositif des « directives anticipées » pourrait être en réalité inadapté face aux attentes des patients et d’autre part que la question de la mort est bien différemment appréciée lorsqu’on s’en approche. Le faible engouement pour le dispositif des « directives anticipées » dans les pays où il existe depuis près de deux décennies témoigne ainsi tout d’abord de son caractère possiblement peu approprié. Par ailleurs, de nombreux éléments dans les témoignages des aïeux interrogés révèlent que bien plus qu’à la mort, les personnes âgées s’intéressent à la vie. « La préoccupation la plus forte de tous ceux que nous avons rencontrés concerne le sens de la vie qui reste et non le sens de la mort », confirme le docteur Fournier. « Moi, là, je me sens bien vivante. J’ai été hospitalisée quelques jours, j’ai repris toutes mes forces. Le moral est remonté et j’ai envie que cela continue encore un peu » prie une vieille dame de 90 ans, tandis que plus que la peur de la mort - « une fatalité » - c’est la hantise de la « maison de retraite » qui se retrouve dans de nombreux discours. D’ailleurs évoquant ce qu’il pourrait souhaiter pour sa fin de vie, un des participants a lancé : « Je veux donner des directives de vie : surtout jamais de maison de retraite ».
Aurélie Haroche
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Source : http://www.jim.fr/
Euthanasie
Euthanasie
Internet au secours du docteur Bonnemaison
Sur le Web, l'opinion s'est engouffrée dans l'affaire bayonnaise des injections létales sur des patients vulnérables. Multiples expressions, mais la même envie d'un débat.
Hier, plus de 7 000 personnes avaient signé la pétition en faveur du médecin Bonnemaison sur mesopinions.com
Le nombre de soutiens et le rythme de leur progression est vertigineux. Hier, vers 21 heures, quelque 4 300 personnes « aimaient » la page Facebook de soutien à Nicolas Bonnemaison (plus de 5.700 ce matin à 9 heures). Un millier, le groupe Facebook à même visée. Et plus de 7 000 internautes avaient signé la pétition à l'attention du ministère de la Santé (8.000 ce matin à 9 heures). Les mouvements favorables au docteur Nicolas Bonnemaison croissent sur Internet. La Toile s'est saisie de l'affaire de l'urgentiste de l'unité hospitalière de courte durée (UHCD) du centre hospitalier de la Côte basque mis en examen pour des faits d'empoisonnement par injection de substances, sur quatre personnes vulnérables en avril et août.
De l'état de santé des patients à leur arrivée à l'UHCD, de l'existence d'éventuelles discussions entre le docteur Bonnemaison et les familles, nul ne sait à peu près rien. Mais il semble que l'opinion ait envie de défendre inconditionnellement le praticien. Symptôme de la soif d'un débat qui ne vient pas. « Sur ce dossier, on préfère faire l'autruche », regrette Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Mouvement d'ampleur
« Merci à ce médecin qui a eu le courage de permettre aux malades de nous quitter dignement […] au lieu d'appliquer cette loi ridicule alors que nous ne le faisons pas pour les animaux.
Nos politiques vont-ils enfin réagir ? » écrit Solange, retraitée, parmi les 6000 pétitionnaires de mesopinions.com.
Maialen Pozik (un pseudonyme), la Bayonnaise qui a mis la pétition en ligne, n'en revient pas. « On a lancé quelque chose sans prévoir l'ampleur qu'elle allait prendre. » Les témoignages poignants sont nombreux. « Ma petite mamie chérie s'est éteinte mercredi dans d'atroces souffrances physiques et psychologiques et je suis sûre qu'un mois en arrière, si le personnel soignant le lui avait proposé, elle aurait souhaité que son calvaire se termine », écrit Sabrina.
« J'ai 98 ans, je voudrais moi aussi en finir. Je suis une loque. Je ne marche plus et attends la mort, personne ne veut m'aider » : un message rédigé par la fille de cette dame.
Ceux qui connaissent le docteur Bonnemaison de près ou de loin sont nombreux à signer, et à écrire. « Il m'a soutenu, écouté, conseillé et aidé pour mon père (85 ans) admis aux urgences en juin 2010. Nous lui devons beaucoup. Mon père est toujours vivant », lit-on, dans le fil, constamment nourri des publications.
Nicolas, de Tarnos, écrit : « Pour connaître le docteur Bonnemaison, cet homme n'est juste qu'un bon médecin qui n'a fait que son devoir […]. Une petite pensée également à sa femme et à ses deux filles. »
Pétition papier
La mobilisation ne cesse d'enfler, et ceux qui l'ont lancée en sont à se demander ce qu'en faire. Face à des appels à manifester dans la rue, Maialen a répondu par la modération. « Je ne veux rien faire d'illégal. »
Avec les trois amis qui ont participé à fonder le groupe Facebook et la pétition, elle songe à créer une pétition papier pour les personnes âgées qui ne pratiquent pas Internet. Et à contacter les 577 députés pour les sensibiliser au débat. « Mais pas par mail, cela se jette trop facilement », note Maialen.
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Euthanasie et suicide assisté
Euthanasie et suicide assisté
que disent les lois hors de nos frontières ?
Les débats sur la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté existent partout en Europe et dans la plupart des régions industrialisées. Pour le moment, seuls quelques rares pays ont légiféré pour autoriser ces pratiques sous certaines conditions. Particulièrement observés, ils sont souvent cités en exemple ou contre-exemple dans les débats français.
En Europe, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg sont les seuls à autoriser l'euthanasie et le suicide assisté. La Suisse tolère uniquement ce dernier. Aux États-Unis, l'Oregon a légalisé le suicide assisté. Deux autres Etats l'ont suivi. Quelles sont les règles, les pratiques et les principales critiques émises à l'égard de ces pays ?
L'euthanasie en Europe : les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg
Tous les pays européens reconnaissent la valeur des directives anticipées et refusent l'acharnement thérapeutique. Le Benelux autorise également l'euthanasie et le suicide médicalement assisté1.
En 20012, les Pays-Bas ont été les premiers à exonérer la responsabilité du médecin qui met fin à la vie d'un patient, sous réserve qu'il s'assure de respecter certains critères. Le patient doit formuler une demande volontaire et réfléchie, ses souffrances physiques doivent être reconnues comme insupportables, sans perspective d'amélioration, et il doit être convaincu, de même que son médecin, qu'il n'existe pas d'alternative à l'euthanasie. Un autre médecin, indépendant, s'assure du respect de ces critères. D'autres conditions peuvent être requises selon le profil du patient.
S'appuyant sur l'exemple néerlandais, la Belgique, en 20023, puis le Luxembourg, en 20084, ont également légiféré. En Belgique, les souffrances psychologiques sont admises. Dans ces trois pays, les euthanasies déclarées sont contrôlées a posteriori par des commissions régionales.
En 2005 aux Pays-Bas, 1,7 % des décès étaient dus à une euthanasie (1,36 % à une euthanasie déclarée aux autorités de contrôle), 0,1 % à un suicide assisté et 0,4 % à un "acte de fin de vie sans demande explicite du patient"5, une pratique qui, selon Kenneth Chambaere, chercheur pour le groupe de recherche belge "End-of-Life Care"6, ne peut pas être définie comme une euthanasie. En 2007 en Belgique, l'euthanasie déclarée concernait 0,5 % des décès7, avec des disparités régionales importantes. En Flandre, région nord de la Belgique, 2 % des décès étaient des euthanasies8. Parmi elles, près de la moitié n'ont pas été réalisées dans les règles (non déclaration aux autorités de contrôle, pas d'autre médecin consulté, administration de la substance létale par une infirmière...)8,9. D'autre part, il subsistait 1,8 % d'"actes de fin de vie sans demande explicite du patient"8. Le Luxembourg n'a pas encore publié de données objectives.
La fréquence des euthanasies illégales fait s'interroger certains spécialistes, tels le Dr Bernard Devalois, médecin-réanimateur, chef d'un service de soins palliatifs10 : "Leur analyse montre qu'elles concernent particulièrement les personnes vulnérables. Par ailleurs, les poursuites restent rares, voire inexistantes en Belgique". Pour Kenneth Chambaere, légiférer a toutefois permis une nette amélioration des pratiques.
Le suicide assisté en Suisse
Suite à une faille du code pénal, la loi suisse ne condamne le suicide assisté que s'il est réalisé dans un but égoïste. L'euthanasie est interdite.
Les personnes désireuses de mettre fin à leurs jours se font aider par des associations. L'"auto-délivrance" est obtenue au moyen d'une substance létale prescrite par un médecin. Selon les directives de l'Académie suisse des sciences médicales, ces derniers peuvent en effet, exceptionnellement, aider au suicide le patient qui les sollicite après avoir vérifié qu'il est capable de discernement, que des traitements alternatifs ont été proposés, que son désir est persistant et qu'il est en fin de vie11. Les médecins ne sont toutefois pas tenus de visiter la personne. Leur responsabilité n'est pas engagée en cas d'erreur de prescription.
Les principales associations d'aide au suicide sont Exit12, qui s'occupe exclusivement des ressortissants suisses, et Dignitas13, qui accepte aussi les étrangers. Ces associations sont accusées d'accéder trop facilement aux demandes de leurs membres qui ne sont pas toujours en fin de vie et ne bénéficient pas d'un accompagnement adapté (soutien psychologique notamment...). Alors qu'Exit aide gracieusement ses adhérents, Dignitas facture ses services près de 7 500 €. Un coût qu'elle explique notamment par une prise en charge totale (frais de crémation inclus) et les démarches plus complexes liées à la prise en charge d'étrangers. Selon Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité14, la population demeure favorable au suicide assisté, elle souhaiterait même légaliser l'euthanasie. Face aux critiques, le gouvernement cherche un moyen de mieux encadrer les pratiques.
Le suicide assisté aux États-Unis : l'Oregon, Washington et le Montana
En 1994, l'Oregon a fait figure de pionnier en votant par référendum une loi15 qui autorise le suicide médicalement assisté pour ses ressortissants. Les personnes de plus de 18 ans, aptes à prendre et communiquer leurs souhaits concernant leur santé, peuvent, sous réserve d'être en phase terminale d'une maladie (décès attendu avant six mois), se faire prescrire une substance létale.
Le département oregonais des services à la personne est chargé de collecter les renseignements relatifs au suicide assisté. Chaque année, il établit un rapport et des statistiques accessibles au public16. D'après ses données, depuis l'entrée en vigueur de la loi fin 1997, 525 personnes sont décédées par suicide assisté dont 65 en 2010, ce qui représentait 0,21 % du nombre total de décès en Oregon.
Certaines études trouvent que les données recueillies sont trop succinctes pour s'assurer du respect de la loi (recherche de solutions alternatives insuffisante, mauvaise évaluation de la santé mentale des demandeurs, pronostic vital difficile à établir...)17.
En novembre 2008, l'Etat de Washington a lui aussi légalisé le suicide médicalement assisté tel qu'il est pratiqué en Oregon tandis que le Montana l'a autorisé fin 2010 par voie de jurisprudence.
Audrey Plessis, février 2011
Sources :
Entretiens avec le Dr Bernard Devalois, Kenneth Chambaere et Jean-Luc Romero, février 2011
1 - Le refus de l'acharnement thérapeutique peut se traduire par la limitation ou l'arrêt des traitements de maintien artificiel en vie parfois qualifié d'euthanasie "passive". Pour la suite de l'article, "euthanasie" désigne l'administration d'une substance létale dans le but de provoquer la mort d'une personne qui la demande explicitement. Dans le suicide médicalement assisté, la personne prend elle-même une substance létale qui lui a été prescrite par un médecin.
2 - Loi du 12 avril 2001 relative au contrôle de l'interruption de vie pratiquée sur demande et au contrôle de l'assistance au suicide, entrée en vigueur en avril 2002. Une procédure encadrait toutefois déjà ces pratiques depuis 1994.
3 - Loi du 28 mai 2002 relative à l'euthanasie, entrée en vigueur en septembre 2002.
4 - Loi du 16 mars 2009 sur l'euthanasie et l'assistance au suicide, votée le 19 décembre 2008.
5 - "End-of-Life Practices in the Netherlands under the Euthanasia Act", New England Journal of Medicine, 2007 (accessible sur Internet).
6 - Kenneth Chambaere est chercheur pour le groupe de recherche belge "End-of-Life Care"
7 - "Legal euthanasia in Belgium: characteristics of all reported euthanasia cases", Med Care, 2010
8 - "Physician-assisted deaths under the euthanasia law in Belgium: a population-based survey", CMAJ, 2010
9 - "The role of nurses in physician-assisted deaths in Belgium", CMAJ, 2010
10 - Le Dr Bernard Devallois est médecin-réanimateur, chef d'un service de soins palliatifs et l'auteur de "Peut-on vraiment choisir sa mort ?" aux Editions Solilang.
11 - ASSM, en particulier la directive « Prise en charge des patientes et patients en fin de vie », 2004 (accessible sur Internet)
12 - Exit ADMD Suisse Romande et Exit Deutsche Schweiz, créées dès 1982, comptent respectivement 52 000 et 15 800 membres. La brochure est téléchargeable sur Internet.
13 - Dignitas compte actuellement 5 600 membres. Depuis sa création en 1998, elle a aidé 1 138 personnes à mourir dont 97 en 2010, en particulier des allemands, britanniques et français. La brochure téléchargeable sur Internet.
14 - Jean-Luc Romero est le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité et l'auteur de "Les voleurs de liberté" aux Editions Florent Massot.
15 - The Death with Dignity Act, entré en vigueur en octobre 1997.
16 - Département de santé publique de l'Oregon, page concernant la loi pour mourir dans la dignité et les rapports publiés annuellement (accessibles sur Internet).
17 - "Legal physician-assisted suicide in Oregon and The Netherlands : evidence concerning the impact on patients in vulnerable groups-another perspective on Oregon's data", J Med Ethics, 2011 (sur Internet) et "The Oregon Death with Dignity Act: results of a literature review and naturalistic inquiry", Disabil Health J, 2010 (sur Internet).
Autres sources d'information :
- The medical practice of euthanasia in Belgium and The Netherlands : Legal notification, control and evaluation procedures, Med Care, 2010.
- Euthanasie et suicide assisté, état des connaissances et enjeux pour la recherche, Observatoire national de la fin de vie, 2010 (téléchargeable sur Internet).
- "La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales", Population & Sociétés, n°430, janvier 2007 (téléchargeable sur Internet).
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- Le Sénat et l'Assemblée Nationale, en particulier :
- L'étude de législation comparée n°49, L'euthanasie, janvier 1999.
- L'étude de législation comparée n°139 Les droits du malade en fin de vie, novembre 2004
- Le rapport n°1708 Respecter la vie, accepter la mort, de Jean Leonetti, déposé le 30 juin 2004, p 178-190.
- Le rapport n°1287 fait au nom de la mission d'évaluation de la loi n°2005-370 du 22 avril 2005 relative au droit des malades et à la fin de vie, enregistré le 28 novembre 2008 p 130-155
- L'Espace éthique de l'AP-HP, en particulier les éditoriaux de janvier 2011, dont celui de Bernard Devalois et Alexis Burnod : "Réflexions sur la tentation d'un droit à choisir sa mort".
- Le groupe de recherche End-of-Life Care de l'université libre de Bruxelles- Le site de la télévision suisse romande : Vidéos sur Exit (Infrarouge, Aide au suicide dans les EMS, du 14 octobre 2008) et Dignitas (Temps présent, Dignitas, la mort sur ordonnance, 17 février 2011).
- L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), notamment la rubrique International .
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Source : http://www.doctissimo.fr/
Euthanasie
Euthanasie
Même dans le coma, l’âme est présente
À l’occasion du Vendredi saint, le pape Benoît XVI livre ses réflexions sur la souffrance engendrée par la guerre, la maladie ou les catastrophes. Dans ce qui constitue une première, le Saint-Père s’est prêté à un échange télévisé d’une heure et demie, enregistré il y a une semaine dans la bibliothèque du Palais apostolique. Une petite sélection a été retenue sur les 2 000 questions parvenues à la Rai Uno.
Benoît XVI rappelle notamment l’hostilité de l’Église à toute forme d’euthanasie, une « question non négociable », indique-t-on au Vatican, même si cette position partage l’Italie, au moment où sont discutées de nouvelles lois autorisant cette pratique dans certains cas strictement encadrés. Une mère italienne, filmée à côté du lit de son fils dans un coma profond depuis deux ans, confie son « calvaire » au pape : « Votre Sainteté, l’âme de mon fils Francesco qui est dans un état végétatif depuis le jour de Pâques 2009, a-t-elle abandonné son corps, vu qu’il n’est plus conscient, ou est-elle encore en lui ? » Selon le quotidien du Vatican, « l’Osservatore Romano », qui a révélé à l’avance la réponse du pape, l’âme de Francesco est « encore présente dans son corps ».
Le débat sur l’euthanasie a été relancé en 2009 par l’affaire Eluana, une Italienne restée 17 ans dans le coma jusqu’à ce que sa famille obtienne en justice le droit de suspendre son alimentation. Benoît XVI utilise une métaphore : « La situation est un peu celle d’une guitare dont les cordes sont détruites et ne peuvent dès lors plus vibrer. »« L’instrument qu’est le corps est lui aussi fragile, poursuit-il. Il est vulnérable, et l’âme ne peut résonner, pour ainsi dire, mais elle est bien présente. » Le pape se dit « certain que cette âme cachée ressent en profondeur » l’amour des siens.
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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/
L'euthanasie ne sera pas autorisée
L'euthanasie ne sera
pas autorisée
La
proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir a
été écartée au terme de cinq heures de discussion dans la nuit de mardi
25 à mercredi 26. Il est 22 h 10 quand la séance s’ouvre mardi
25 au soir et, d’emblée, les rappels au règlement pleuvent. Le président
du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel, se plaint de commencer à
une heure aussi tardive une discussion qui aurait mérité "une plus
grande clarté" à "un moment raisonnable". Le sénateur communiste Guy
Fischer lui emboîte le pas : la Haute Assemblée "se serait honorée" de
se saisir l’après-midi d’un débat au "caractère historique". Même sa
collègue Marie-Thérèse Hermange en convient, en exprimant le "regret" du
groupe UMP. Il est tard, mais les travées feutrées sont garnies. Les
sénateurs sont venus nombreux pour vivre une de ces nuits studieuses
dont eux seuls ont le secret.
Rapporteur de la proposition de loi sur l’assistance médicalisée à
mourir, le socialiste Jean-Pierre Godefroy revient sur ce qui a conduit
des élus de droite comme de gauche à rouvrir le débat sur l’euthanasie.
"C’est un sujet qui fait appel à des convictions morales, religieuses,
philosophiques et éthiques", rappelle-t-il. Et puis "ce texte n’est pas
politiquement partisan" et ne reflète "la position unanime d’aucun
groupe", insiste-t-il. "La question de la mort assistée relève de
l’intime, mais aussi des libertés publiques" et le législateur doit
apporter "une réponse humaine et humaniste".
Xavier Bertrand, ministre de la santé, est d’accord sur un point : "Ce
n’est pas un débat comme un autre." Mais c’est pour mieux démonter,
aussitôt après, l’argumentaire du signataire de la proposition de loi et
souligner la limite du débat. "Nous sommes à un moment, ce soir, où
notre droit peut basculer et je ne souhaite pas que notre droit
bascule", prévient-il. Selon lui, le texte sénatorial "n’apporte pas les
garanties suffisantes" et "expose à des dérives incontrôlables". En
résumé, dit-il, "il peut introduire de la confusion et aussi un vrai
risque. (…) Il ne serait pas sans conséquence sur la confiance entre le
soignant et le soigné."
• 1 200 nouveaux lits en soins palliatifs
Pour Xavier Bertrand, "cette proposition de loi ne saurait répondre aux
questions de la fin de vie" et "une telle loi n’aurait pas permis
d’apporter de solution au cas de Vincent Humbert", ce jeune
tétraplégique que sa mère a aidé à mourir en 2003 et dont le cas a été
cité à plusieurs reprises par les sénateurs. En conclusion, le ministre a
plaidé pour le développement des soins palliatifs, promettant de créer 1
200 nouveaux lits dédiés dans les hôpitaux, et pour une meilleure
application de la loi Leonetti.
Une vingtaine d’orateurs se sont ensuite succédé pour exprimer des
questionnements, des doutes et des positions très personnelles. Comme
l’ex-secrétaire d’État centriste Valérie Létard, qui s’est abstenue
après avoir voté l’article 1 de la proposition, ou le sénateur UMP Alain
Fouché, auteur d’un texte en faveur de l’euthanasie. "Ce ne sera pas la
victoire d’un camp contre un autre", avait pronostiqué Guy Fischer. Les
sénateurs ont alors voté des amendements vidant la proposition de loi
de ses sept articles, dont le premier, qui légalisait l’aide médicale à
mourir et qui a été repoussé par 170 voix contre 142 lors d’un scrutin
public.
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Article paru dans La Croix du 27/01/2010
Source : http://www.notretemps.com/
Euthanasie
Toujours entre méfiance et espoir
Le 25 janvier, le Sénat pose la question de la légalisation de l'euthanasie. Le débat reste vif entre les tenants d'une avancée radicale et ceux qui prônent la prudence.
«L'ouverture d'un droit à la mort n'est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie et renforce un climat d'exclusion dans lequel notre société confine les grands malades. »
Le docteur Benoît Burucoa, responsable du centre de soins palliatifs du CHU de Bordeaux, est totalement en accord avec les termes de la lettre envoyée par la Sfap (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs) aux sénateurs qui, en commission des affaires sociales, viennent d'adopter une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie.
L'article premier de cette proposition qui sera discutée en séance le
25 janvier, stipule que « toute personne capable majeure, en phase
avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave
et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne
peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à
bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte
délibéré, une mort rapide et sans douleur ».
Sur ses deux jambes
Comme d'habitude, le sujet provoque adhésions ou rejets aussi brutaux les uns que les autres. Jean-Luc Romero, président de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été auditionné par la commission.
Devant elle, il a défendu que son association, forte de près de 48 000 adhérents (âge moyen : 70 ans), « était la seule à avoir fait con n aître la loi Leonetti ». Regrettant que les politiques soient assez peu présents dans ce débat, il a souhaité que « la loi repose sur ses deux jambes : accès universel aux soins palliatifs et légalisation de l'euthanasie ».
Au contraire, des députés du Mouvement pour la France (MPF) ont dénoncé cette proposition comme « une régression éthique à la fois dangereuse, cynique et indigne ».
De son côté, un député UMP a constitué un groupe de députés et de sénateurs pour « une entente parlementaire visant à refuser l'euthanasie et à développer un accès aux soins palliatifs ».
Entre légalisation et méfiance
Ces prises de position antagonistes illustrent les résultats des sondages qui, selon la manière dont les questions son t posées, oscillent entre la demande de légalisation et la méfiance.
En novembre 2010, « Sud Ouest Dimanche » avait fait réaliser par l'Ifop une enquête montrant que 94 % des Français répondaient « oui » à la question ainsi libellée : « Certaines personnes souffrent de maladies insupportables et incurables et demandent parfois aux médecins une euthanasie. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin sans souffrance à la vie de ces personnes ? »
Un récent sondage d'Opinion Way révèle, de son côté, que 60 % des Français, dont 73 % de plus de 60 ans, préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie. Les Français inquiets de la légalisation mettent en avant les risques de dérives, notamment le fait qu'on puisse, en société, décider légalement de la mort d'une personne, et la possibilité que des malades non consentants soient euthanasiés.
Reste que les Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs et que 68 % d'entre eux ignorent qu'il existe une loi interdisant l'acharnement thérapeutique.
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Jean-Luc Romero, président de l'ADMD (Association pour
le droit de mourir dans la dignité)
Source : http://www.sudouest.fr/
La légalisation de l'euthanasie n'est plus un tabou au Sénat
La légalisation de l'euthanasie n'est plus un tabou au Sénat
Euthanasie : "ce texte n’a pas beaucoup d’espoir d’être adopté"
La commission des Affaires sociales du Sénat a adopté mardi une
proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. Proposition qui sera
débattue le 25 janvier prochain. Un premier pas limité : le passage de
ce texte au Parlement semble difficile à envisager.
Jean-Luc Romero, médiatique président de l'association pour le droit à
mourir dans la dignité et conseiller régional PS d'Ile-de-France, parle
déjà d'un "grand succès". Et son association, évoquant une "première victoire de la liberté face à l'obscurantisme", a diffusé un communiqué enthousiaste : "Pour
la première fois de l'histoire de notre pays, une première étape
parlementaire est franchie en faveur d'une loi de légalisation d'une
aide active à mourir". Pour sa part Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les Droits de la vie, s'est insurgé contre cette "partie de la classe politique" qui "se montre capable de brader les efforts indispensables faits en faveur des soins palliatifs pour prôner la solution de l'euthanasie, qui est à la fois expéditive et indigne".
Le vote qui a suscité ces communiqués aux prises de position si éloignées est intervenu mardi au Sénat, dont la commission des Affaires sociales a adopté une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. L'article premier de ce texte indique que "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur". La proposition a été adopté par 25 voix contre 19 et 2 abstentions, a précisé le rapporteur, le socialiste Jean-Pierre Godefroy.
Les sénateurs UMP protestent
La
commission a décidé de fusionner en un seul texte trois propositions de
loi très proches qui lui étaient soumises, avec l'accord de leurs
auteurs. L'une était déposée par Jean-Pierre Godefroy, l'autre par l'UMP
Alain Fouché et la troisième par les sénateurs CRC-SPG (communistes et
Parti de Gauche) François Autain et Guy Fischer. La présidente de la
commission, Muguette Dini (Union centriste), a voté pour, a-t-on indiqué
de source parlementaire.
La proposition de loi sera discutée en
séance le 25 janvier. Son passage au Parlement semble néanmoins
difficile à envisager. D'ores et déjà, les membres UMP du sénat ont dit "regretter" le vote de la commission, dans la mesure où ces propositions de loi "vont
à l'encontre de notre droit qui vise à protéger les plus faibles, les
plus vulnérables et à porter assistance à celles et ceux qui sont en
situation de danger". Ils rappellent que la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie, "développant
une politique de soins palliatifs, répond largement à la problématique
posée et doit trouver son application dans l'ensemble des services
médicaux concernés". Les sénateurs UMP, ajoute le communiqué, jugent aussi que ces propositions de loi "vont à l'encontre de la mission du médecin et risquent de rompre la confiance nécessaire entre le médecin et son patient". Ils "craignent, qu'une fois de plus, cela entraîne une judiciarisation toujours plus accrue à l'encontre du corps médical".
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Par Alexandra Guillet sur : http://lci.tf1.fr/



