22 avril 2011

Euthanasie

           Euthanasie 

Même dans le coma, l’âme est présente

ange154À l’occasion du Vendredi saint, le pape Benoît XVI livre ses réflexions sur la souffrance engendrée par la guerre, la maladie ou les catastrophes. Dans ce qui constitue une première, le Saint-Père s’est prêté à un échange télévisé d’une heure et demie, enregistré il y a une semaine dans la bibliothèque du Palais apostolique. Une petite sélection a été retenue sur les 2 000 questions parvenues à la Rai Uno.

Benoît XVI rappelle notamment l’hostilité de l’Église à toute forme d’euthanasie, une « question non négociable », indique-t-on au Vatican, même si cette position partage l’Italie, au moment où sont discutées de nouvelles lois autorisant cette pratique dans certains cas strictement encadrés. Une mère italienne, filmée à côté du lit de son fils dans un coma profond depuis deux ans, confie son « calvaire » au pape : « Votre Sainteté, l’âme de mon fils Francesco qui est dans un état végétatif depuis le jour de Pâques 2009, a-t-elle abandonné son corps, vu qu’il n’est plus conscient, ou est-elle encore en lui ? » Selon le quotidien du Vatican, « l’Osservatore Romano », qui a révélé à l’avance la réponse du pape, l’âme de Francesco est « encore présente dans son corps ».

Le débat sur l’euthanasie a été relancé en 2009 par l’affaire Eluana, une Italienne restée 17 ans dans le coma jusqu’à ce que sa famille obtienne en justice le droit de suspendre son alimentation. Benoît XVI utilise une métaphore : « La situation est un peu celle d’une guitare dont les cordes sont détruites et ne peuvent dès lors plus vibrer. »« L’instrument qu’est le corps est lui aussi fragile, poursuit-il. Il est vulnérable, et l’âme ne peut résonner, pour ainsi dire, mais elle est bien présente. » Le pape se dit « certain que cette âme cachée ressent en profondeur » l’amour des siens.

 

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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/

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29 janvier 2011

L'euthanasie ne sera pas autorisée

L'euthanasie ne sera

 pas autorisée

L'euthanasie ne sera pas autorisée  La proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir a été écartée au terme de cinq heures de discussion dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26. Il est 22 h 10 quand la séance s’ouvre mardi 25 au soir et, d’emblée, les rappels au règlement pleuvent. Le président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel, se plaint de commencer à une heure aussi tardive une discussion qui aurait mérité "une plus grande clarté" à "un moment raisonnable". Le sénateur communiste Guy Fischer lui emboîte le pas : la Haute Assemblée "se serait honorée" de se saisir l’après-midi d’un débat au "caractère historique". Même sa collègue Marie-Thérèse Hermange en convient, en exprimant le "regret" du groupe UMP. Il est tard, mais les travées feutrées sont garnies. Les sénateurs sont venus nombreux pour vivre une de ces nuits studieuses dont eux seuls ont le secret.

Rapporteur de la proposition de loi sur l’assistance médicalisée à mourir, le socialiste Jean-Pierre Godefroy revient sur ce qui a conduit des élus de droite comme de gauche à rouvrir le débat sur l’euthanasie. "C’est un sujet qui fait appel à des convictions morales, religieuses, philosophiques et éthiques", rappelle-t-il. Et puis "ce texte n’est pas politiquement partisan" et ne reflète "la position unanime d’aucun groupe", insiste-t-il. "La question de la mort assistée relève de l’intime, mais aussi des libertés publiques" et le législateur doit apporter "une réponse humaine et humaniste".


Xavier Bertrand, ministre de la santé, est d’accord sur un point : "Ce n’est pas un débat comme un autre." Mais c’est pour mieux démonter, aussitôt après, l’argumentaire du signataire de la proposition de loi et souligner la limite du débat. "Nous sommes à un moment, ce soir, où notre droit peut basculer et je ne souhaite pas que notre droit bascule", prévient-il. Selon lui, le texte sénatorial "n’apporte pas les garanties suffisantes" et "expose à des dérives incontrôlables". En résumé, dit-il, "il peut introduire de la confusion et aussi un vrai risque. (…) Il ne serait pas sans conséquence sur la confiance entre le soignant et le soigné."

 

• 1 200 nouveaux lits en soins palliatifs

Pour Xavier Bertrand, "cette proposition de loi ne saurait répondre aux questions de la fin de vie" et "une telle loi n’aurait pas permis d’apporter de solution au cas de Vincent Humbert", ce jeune tétraplégique que sa mère a aidé à mourir en 2003 et dont le cas a été cité à plusieurs reprises par les sénateurs. En conclusion, le ministre a plaidé pour le développement des soins palliatifs, promettant de créer 1 200 nouveaux lits dédiés dans les hôpitaux, et pour une meilleure application de la loi Leonetti.

Une vingtaine d’orateurs se sont ensuite succédé pour exprimer des questionnements, des doutes et des positions très personnelles. Comme l’ex-secrétaire d’État centriste Valérie Létard, qui s’est abstenue après avoir voté l’article 1 de la proposition, ou le sénateur UMP Alain Fouché, auteur d’un texte en faveur de l’euthanasie. "Ce ne sera pas la victoire d’un camp contre un autre", avait pronostiqué Guy Fischer. Les sénateurs ont alors voté des amendements vidant la proposition de loi de ses sept articles, dont le premier, qui légalisait l’aide médicale à mourir et qui a été repoussé par 170 voix contre 142 lors d’un scrutin public.

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Article paru dans La Croix du 27/01/2010
Source : http://www.notretemps.com/

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21 janvier 2011

Euthanasie

Toujours entre méfiance et espoir

Le 25 janvier, le Sénat pose la question de la légalisation de l'euthanasie. Le débat reste vif entre les tenants d'une avancée radicale et ceux qui prônent la prudence.

«L'ouverture d'un droit à la mort n'est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie et renforce un climat d'exclusion dans lequel notre société confine les grands malades. »

Le docteur Benoît Burucoa, responsable du centre de soins palliatifs du CHU de Bordeaux, est totalement en accord avec les termes de la lettre envoyée par la Sfap (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs) aux sénateurs qui, en commission des affaires sociales, viennent d'adopter une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie.

L'article premier de cette proposition qui sera discutée en séance le 25 janvier, stipule que « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ».

Sur ses deux jambes

Comme d'habitude, le sujet provoque adhésions ou rejets aussi brutaux les uns que les autres. Jean-Luc Romero, président de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été auditionné par la commission.

Devant elle, il a défendu que son association, forte de près de 48 000 adhérents (âge moyen : 70 ans), « était la seule à avoir fait con n aître la loi Leonetti ». Regrettant que les politiques soient assez peu présents dans ce débat, il a souhaité que « la loi repose sur ses deux jambes : accès universel aux soins palliatifs et légalisation de l'euthanasie ».

Au contraire, des députés du Mouvement pour la France (MPF) ont dénoncé cette proposition comme « une régression éthique à la fois dangereuse, cynique et indigne ».

De son côté, un député UMP a constitué un groupe de députés et de sénateurs pour « une entente parlementaire visant à refuser l'euthanasie et à développer un accès aux soins palliatifs ».

Entre légalisation et méfiance

Ces prises de position antagonistes illustrent les résultats des sondages qui, selon la manière dont les questions son t posées, oscillent entre la demande de légalisation et la méfiance.

En novembre 2010, « Sud Ouest Dimanche » avait fait réaliser par l'Ifop une enquête montrant que 94 % des Français répondaient « oui » à la question ainsi libellée : « Certaines personnes souffrent de maladies insupportables et incurables et demandent parfois aux médecins une euthanasie. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin sans souffrance à la vie de ces personnes ? »

Un récent sondage d'Opinion Way révèle, de son côté, que 60 % des Français, dont 73 % de plus de 60 ans, préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie. Les Français inquiets de la légalisation mettent en avant les risques de dérives, notamment le fait qu'on puisse, en société, décider légalement de la mort d'une personne, et la possibilité que des malades non consentants soient euthanasiés.

Reste que les Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs et que 68 % d'entre eux ignorent qu'il existe une loi interdisant l'acharnement thérapeutique.


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Jean-Luc Romero, président de l'
ADMD (
Association pour le droit de mourir dans la dignité)

Source : http://www.sudouest.fr/

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19 janvier 2011

La légalisation de l'euthanasie n'est plus un tabou au Sénat

La légalisation de l'euthanasie n'est plus un tabou au Sénat

La commission des Affaires sociales du Sénat a adopté mardi une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. Proposition qui sera débattue le 25 janvier prochain. Un premier pas limité : le passage de ce texte au Parlement semble difficile à envisager.

Jean-Luc Romero, médiatique président de l'association pour le droit à mourir dans la dignité et conseiller régional PS d'Ile-de-France, parle déjà d'un "grand succès". Et son association, évoquant une "première victoire de la liberté face à l'obscurantisme", a diffusé un communiqué enthousiaste : "Pour la première fois de l'histoire de notre pays, une première étape parlementaire est franchie en faveur d'une loi de légalisation d'une aide active à mourir". Pour sa part Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les Droits de la vie, s'est insurgé contre cette "partie de la classe politique" qui "se montre capable de brader les efforts indispensables faits en faveur des soins palliatifs pour prôner la solution de l'euthanasie, qui est à la fois expéditive et indigne".

Le vote qui a suscité ces communiqués aux prises de position si éloignées est intervenu mardi au Sénat, dont la commission des Affaires sociales a adopté une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. L'article premier de ce texte indique que "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur". La proposition a été adopté par 25 voix contre 19 et 2 abstentions, a précisé le rapporteur, le socialiste Jean-Pierre Godefroy.

Les sénateurs UMP protestent

La commission a décidé de fusionner en un seul texte trois propositions de loi très proches qui lui étaient soumises, avec l'accord de leurs auteurs. L'une était déposée par Jean-Pierre Godefroy, l'autre par l'UMP Alain Fouché et la troisième par les sénateurs CRC-SPG (communistes et Parti de Gauche) François Autain et Guy Fischer. La présidente de la commission, Muguette Dini (Union centriste), a voté pour, a-t-on indiqué de source parlementaire.

La proposition de loi sera discutée en séance le 25 janvier. Son passage au Parlement semble néanmoins difficile à envisager. D'ores et déjà, les membres UMP du sénat ont dit "regretter" le vote de la commission, dans la mesure où ces propositions de loi "vont à l'encontre de notre droit qui vise à protéger les plus faibles, les plus vulnérables et à porter assistance à celles et ceux qui sont en situation de danger". Ils rappellent que la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie, "développant une politique de soins palliatifs, répond largement à la problématique posée et doit trouver son application dans l'ensemble des services médicaux concernés". Les sénateurs UMP, ajoute le communiqué, jugent aussi que ces propositions de loi "vont à l'encontre de la mission du médecin et risquent de rompre la confiance nécessaire entre le médecin et son patient". Ils "craignent, qu'une fois de plus, cela entraîne une judiciarisation toujours plus accrue à l'encontre du corps médical".

Sur le même sujet

 

Par Alexandra Guillet sur : http://lci.tf1.fr/

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07 décembre 2010

L'euthanasie

L'arrêt des traitements en fin de vie, l'éthique au cœur de la décision médicale

Le député Jean Leonetti, auteur de la loi qui instaure un droit "au laisser mourir", a expliqué sa position devant des experts européens.

En Europe, plus d'une personne sur deux meurt à l'hôpital, au terme de traitements de plus en plus longs. Sur quels critères faut-il décider d'initier, de limiter ou d'arrêter un traitement médical en fin de vie d'un malade ? Quelle est alors la place des médecins, des équipes soignantes, des patients et de leurs proches ? Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et auteur d'une loi portant son nom, répond à ces questions à l'occasion du Symposium sur le processus de décision en matière de traitement médical en situation de fin de vie actuellement organisé à Strasbourg par le Conseil de l'Europe.

Selon ce spécialiste français, l'approche multidisciplinaire qui a été choisie pour ce colloque européen - associant des médecins des soins palliatifs, des juristes et des éthiciens - est très judicieuse, car il est nécessaire de confronter des expériences débouchant sur des constats de pratiques médicales, finalement assez voisines. Il faut clarifier certains concepts comme les arrêts de traitement, la sédation terminale ou l'arrêt de la nutrition artificielle, et fixer des règles précises. Jean Leonetti affirme qu'il est nécessaire de bien identifier les places du patient, du médecin, de la famille, des proches dans les décisions de limitation et d'arrêt de traitement, alors même qu'une grande confusion entoure souvent leur rôle respectif.

La place de la famille du patient

Si le patient est conscient, la situation est simple. En revanche, s'il ne l'est plus, il faut apprécier ses critères d'autonomie, s'interroger sur l'interprétation à donner à ses directives préalables, à leur rapport avec son état du jour, au rôle alors joué par une personne de confiance désignée par le malade. Faut-il se contenter de directives anticipées générales ou exiger, au contraire, qu'elles soient précises, comme c'est le cas en Allemagne et au Royaume-Uni ? La question est importante.

Quant à la place de la famille et des proches, elle est évidemment essentielle, rappelle Jean Leonetti. Mais ces derniers ne sont pas toujours à l'unisson et n'ont pas obligatoirement la même appréciation sur l'opportunité d'un arrêt de traitement. Le médecin doit donc apprendre à les connaître, dialoguer avec eux et instaurer des rapports de confiance. Le choix des mots, l'approche des parents, surtout lorsque le malade est dans l'incapacité de décider, ont une importance cruciale. Tout cela exige du temps. Il ne faut jamais oublier que la démarche palliative s'adresse aussi aux proches, rappelle Jean Leonetti.

Acharnement thérapeutique

Le médecin traitant va, lui, analyser les alternatives thérapeutiques en les confrontant aux choix du patient et de ses proches. Il doit prendre en considération les principes éthiques classiques de bienfaisance et de malfaisance. C'est à lui de déterminer s'il vaut mieux favoriser la survie avec une nouvelle chimiothérapie, par exemple, ou passer à une phase palliative. Bref, il a la dure tâche de juger si l'acharnement thérapeutique est raisonnable ou non. Il doit gérer l'ambivalence du patient et de ses proches, qui balancent entre l'instinct de survie, le refus de renoncer et l'arrêt des traitements.

Ces questions ont été longuement passées en revue lors de l'élaboration de la loi de 2005 - la loi Leonetti - sur les droits des malades et la fin de vie. Plus de 80 philosophes, sociologues, représentants des trois religions monothéistes, professionnels de santé, historiens et juristes ont été entendus.

Finalement, la loi de 2005 protège les malades et les professionnels de santé : elle proscrit l'obstination déraisonnable et encadre les bonnes pratiques médicales. C'est d'ailleurs pourquoi, aujourd'hui, si un médecin constate qu'il ne peut soulager la souffrance du malade en fin de vie que grâce à des substances antalgiques ou sédatives susceptibles d'abréger sa vie, il est autorisé à le faire.

la loi Leonetti PDF

Loi relative aux droits des malades et à la fin de vie

* A conserver et à emmener avec vous, si vous êtes hospitalisé *

Droits des malades et fin de vie - Les 10 questions  PDF 


Source : http://www.lepoint.fr/

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