le don d’organes aux États-Unis
Facebook fait campagne
Pour le don d’organes
Aux États-Unis
Les membres américains et anglais du réseau social peuvent indiquer dans leur profil s’ils sont donneurs d’organe. L’enregistrement sur les registres officiels de donneurs est facilité.
Mark Zuckerberg a donné l’exemple en personne. Depuis cette semaine, le fondateur de Facebook indique sur son profil qu’il est volontaire au don d’organe. C’est une possibilité que le réseau social vient d’ouvrir à ses membres, aux Etats-Unis et en Angleterre. Ils peuvent indiquer dans leur journal qu’ils sont donneurs d’organe, en le déclarant depuis la rubrique « Santé et bien-être » de leur profil, et diffuser l’information publiquement ou la partager avec certains de leurs amis uniquement.
114 000 patients en attente d'une greffe aux États-Unis
Facebook s’est expliqué sur cette initiative qui vise à sensibiliser le grand public au don d’organes. Dans un communiqué, le réseau social rappelle qu’aux États-Unis « 114 000 personnes sont en attente d’une greffe du coeur, d’un rein ou d’un foie qui pourrait sauver leur vie. Beaucoup de ces gens - en moyenne 18 par jours - vont mourir, parcequ’il n’y a tout simplement pas assez de donneurs pour satisfaire la demande. »
Facebook espère contribuer à inverser la tendance grâce à ses quelques 900 millions d’utilisateurs à travers le monde. Pour cela, ses membres ne devront pas se contenter d’afficher dans leur profil leur soutien à cette initiative, mais convertir leur engagement en s’inscrivant sur les registres officiels de don d’organes. C’est d’ailleurs ce à quoi Facebook les incite en publiant des liens vers les pages officielles des ONG concernées auxEtats-Unis (Donate Life america) et en Angleterre (NHS Organ DonationCampaign). En France, la fondation Greffe de vie a choisi une autre voie pour sensibiliser le grand public. Depuis quelques jours, elle a mis en place une campagne choc avec en vedette les deux candidats àl'Élysée.
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"Plan greffe"
Un second souffle
Pour les dons d'organes
Un nouveau «Plan greffe» a été mis en oeuvre en France. Objectif de l'opération : relancer les dons d'organes. Aujourd'hui, 15.000 personnes sont en attente d'une greffe.
Un nouveau plan greffe vient d'être lancé en France : il cherche à donner un second souffle au don d'organes en France, et ce douze ans après un premier plan qui avait permis d'augmenter de 50 % le nombre des greffes sur la décennie.
15.000 personnes en attente d'une greffe
Ce programme, mis en oeuvre par l'Agence de la biomédecine, part d'un constat: «la nécessité d'augmenter le nombre de greffons disponibles face à une hausse des maladies chroniques» appelant des greffes, comme l'insuffisance rénale (37.500 personnes sous dialyse) ou certains cancers, explique Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de cette agence publique.
C'est aussi la conséquence du succès technique et chirurgical des greffes et de la maîtrise de plus en plus fine des traitements anti-rejets : en 2000, la France comptait 10.000 personnes en attente d'une greffe, aujourd'hui elles sont plus de 15.000.
Ce «Plan greffe II» vise d'abord à accroître et optimiser les prélèvements sur des personnes «en mort encéphalique», le plus souvent victimes d'un accident vasculaire cérébral ou d'un traumatisme. Pour ces cas, les taux de refus des familles (ou des personnes elles-mêmes qui se sont inscrites préalablement sur le «Registre national des refus au don d'organe») sont encore très élevés avec un tiers d'opposition au prélèvement. Pour y pallier, l'Agence, qui gère toute la chaîne du prélèvement à la greffe, prône une meilleure information des familles, comme au sein des services d'urgence et de réanimation.
Le modèle espagnol
«Une meilleure organisation au sein des hôpitaux est la clé pour arriver à un meilleur taux de prélèvement», souligne, de son côté, le Dr Karim Laouabdia-Sellami, numéro deux de l'Agence.
Et pour ce faire, il suggère de «continuer à s'inspirer de l'Espagne qui reste un modèle universel» avec un nombre de prélèvement record sur personnes décédées (30 donneurs par million d'habitants contre environ 20 en France).
La deuxième ambition du plan est de développer les dons de personnes vivantes, encore marginal en France, contrairement à certains pays anglo-saxons et nordiques. Sur les 4.945 greffes pratiquées en 2011, seules 316 ont été réalisées à partir de donneurs vivants : 302 transplantations de reins et 14 de foie.
La législation rend désormais possibles les dons de rein (ou de foie) par des amis ou proches alors que la démarche était réservée jusqu'à présent à la famille au sens strict.
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Plan greffe
Le gouvernement veut favoriser
La greffe de rein à partir
De donneur vivant
Paris, le lundi 26 mars 2012 – Sans tambour ni trompette, ni dossier de presse particulièrement étayé : c’est ainsi qu’ont été dévoilées vendredi 23 mars les principales orientations du nouveau plan greffe 2012-2016 par le secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra. Une relative discrétion regrettée par certaines associations de patients, dont Renaloo qui réunit des personnes souffrant de pathologies rénales. Cette dernière a notamment constaté que la présentation du nouveau plan faisait l’impasse sur les moyens supplémentaires qui seraient alloués à l’Agence de biomédecine pour atteindre les nouveaux buts qui lui sont fixés.
Taux de refus à diviser par deux, mais comment ?
Au-delà de cette réserve, on relèvera cependant que la présentation de Nora Berra ne fait pas l’économie d’objectifs chiffrés. Ainsi, concernant la première priorité de ce nouveau plan, l’augmentation du nombre de greffes d’organes à partir de donneurs décédés, le ministère de la Santé souhaite atteindre les 5 700 greffes à l’horizon 2015, soit une progression de 5 % par an. Pour atteindre un tel niveau, le secrétaire de la Santé espère notamment une division par deux du taux de refus de prélèvement. Celui-ci plafonne aujourd’hui à 30 % sans que les multiples campagnes de sensibilisation de ces dernières années aient su faire évoluer cette tendance. A l’occasion de la dernière journée de réflexion sur le don d’organe et la greffe, Nora Berra avait indiqué vouloir obtenir un taux de refus de 15 % « comme c’est actuellement le cas dans d’autres pays d’Europe ». Cependant, rien n’est indiqué sur les moyens qui seront mis en œuvre pour réussir cette évolution.
Des donneurs plus nombreux… et plus vieux
Autre levier pour faire progresser le nombre de greffes à partir de donneurs décédés : l’amélioration du recensement des donneurs potentiels. En la matière, ces dernières années ont déjà été marquées par une amélioration sensible. L’Agence de biomédecine constate en effet dans un communiqué publié ce 23 mars que « la tendance constatée en 2010 semble se confirmer pour 2011 avec une hausse de l’activité de greffe (+ 5 % avec 4 945 greffes d’organes versus 4 708 en 2010) et de prélèvement (+ 6,5 % avec 1 572 prélèvements d’organes en 2011 versus 1 476 en 2010) ». Parmi les signes qui permettent de deviner un élargissement des critères d’éligibilité au don d’organe, l’âge plus élevé des donneurs qui est passé de 52,9 ans en 2010 à 53,6 ans. Ces améliorations positives ne permettent cependant nullement de satisfaire des besoins toujours croissants (16 000 personnes sont en attente de greffe) et à cet égard les 800 greffes supplémentaires qu’espère le gouvernement d’ici 2016 pourrait ne pas réussir à combler l’écart entre le nombre de personnes en attente et le nombre de greffes réalisées, en raison des indications à la greffe toujours en augmentation et du vieillissement de la population.
Greffe de rein à partir de donneur vivant : un engagement officiel nécessaire
Deuxième « objectif prioritaire » du plan greffe : « favoriser le développement des greffes de reins à partir de donneurs vivants ». Ainsi martelé, cet engagement ministériel marque quasiment un tournant en France, restée longtemps frileuse face aux greffes réalisées à partir de donneurs vivants. La différence dans ce domaine entre un pays comme la France et les Etats-Unis ou l’Espagne, où le donneur vivant est souvent privilégié a ainsi souvent été commentée. Cette volonté du gouvernement est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte où après quelques années d’une réelle progression de la greffe de rein à partir de donneur vivant, cette évolution tend à s’essouffler. Ainsi, selon les chiffres publiés vendredi par l’Agence de biomédecine, entre 2009 et 2010, le nombre de greffes de rein à partir de donneur vivant était passé de 223 à 283, soit une hausse jamais enregistrée jusqu’alors. En 2010, il était même apparu que la quasi-totalité de l’augmentation du nombre de greffes de reins par rapport à 2009 était liée à une part plus importante de donneurs vivants : 63 transplantations rénales supplémentaires avaient en effet été recensées, quand le nombre de greffes réalisées à partir de donneurs vivants augmentait de 60 unités. Cette belle évolution ne s’est pas totalement confirmée en 2011. Le nombre de greffe à partir de donneur vivant est passé de 283 à 302. Ainsi, sur les 84 transplantations rénales supplémentaires réalisées entre 2010 et 2011, seuls dix-neuf étaient liées à des donneurs vivants. Néanmoins, en dépit de cette performance moins marquée, la part de greffe de reins grâce à un donneur vivant continue à progresser étant passée de 7,5 % en 2008 à 10 % aujourd’hui. Pour aller plus loin, le gouvernement compte en partie sur le don d’organe croisé et l’élargissement du cercle des donneurs proches prévu par la loi de bioéthique adoptée l’été dernier.
Cellules souches hématopoïétiques : des objectifs rappelés mais difficiles à atteindre
Le plan greffe insiste par ailleurs sur l’augmentation du nombre des prélèvements et des greffes de cellules souches hématopoïétiques. Sur ce point, la semaine nationale de la greffe de moelle osseuse organisée la semaine dernière par l’Agence de biomédecine a révélé combien les objectifs fixés (240 000 inscrits au fichier des donneurs en 2015 contre 197 000 aujourd’hui) paraissaient difficiles à atteindre. Enfin, le quatrième objectif désigné comme prioritaire concerne l’amélioration du suivi à long terme des patients greffés et des donneurs vivants. Là encore, la tendance a déjà été amorcée : en septembre dernier, l’Agence de biomédecine publiait les résultats d’une enquête menée auprès de donneurs vivants, révélant leur fierté et leur enthousiasme ainsi qu’auprès de greffés qui soulignait que les interrogations obsessionnelles sur le donneur sont relativement rares. C’est l’Agence de biomédecine qui sera chargée de la mise en œuvre de ce plan.
Aurélie Haroche
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Plan greffe 2012-2016
Plan greffe
2012-2016
Faire face
Aux besoins croissants
Annoncé pour la fin de l’année dernière, le plan greffe 2012-2016 vient d’être officiellement lancé hier par la secrétaire d’État à la Santé. « Les besoins de greffons sont en croissance continue en raison des succès thérapeutiques de la greffe et du vieillissement de la population », explique Nora Berra dans un communiqué. « Les difficultés d’accès à la greffe d’organes, de tissus et de cellules représentent donc un véritable enjeu de santé publique, ces greffes permettant de sauver ou de changer la vie de nombreuses personnes malades ».
Pour répondre à ces difficultés, Nora Berra a décidé la mise en place d’un plan d’actions visant à relever quatre objectifs prioritaires. Le premier consiste à augmenter le nombre de greffes d’organes et de tissus réalisées à partir de donneurs décédés, pour tendre à un objectif de 5 700 greffes d’organes en 2015 avec un objectif de 5 % de croissance annuelle. La ministre qui veut voir passer le taux d’opposition au prélèvement d’organes post-mortem, en France, de 30 à 15 %, souhaite que les établissements améliorent leurs conditions d’information, d’accueil et d’annonce auprès des proches.
Donneurs vivants
Le second vise à favoriser le développement des greffes de reins à partir de donneurs vivants (sur les 4 708 greffes réalisées en 2010, 300 l’étaient sur donneurs vivants). Il faut rappeler que la pratique du don croisé, prévue dans la loi bioéthique révisée en juillet 2011, élargit les possibilités de don de rein entre vivants. Le don entre vifs est également étendu, « au-delà de la seule parentèle proche, aux personnes ayant un lien affectif étroit et stable d’une durée d’au moins 2 ans avec le receveur ». Troisième objectif : augmenter le nombre et la qualité des prélèvements et des greffes de cellules souches hématopoïétiques utilisées dans le traitement des hémopathies malignes. Enfin, il est nécessaire d’améliorer le suivi à long terme des patients greffés et des donneurs vivants prélevés par « le développement de réseaux de soins mis en place sur la base de critères d’efficience et de qualité ».
« Ce nouveau plan, élaboré conjointement par la Direction générale de la santé, la Direction générale de l’offre de soins et l’Agence de la biomédecine, se situe dans la continuité d’une politique ambitieuse sur la greffe qui a été menée depuis le milieu des années quatre-vingt-dix », indique la secrétaire d’État. Le plan 2012-2016 s’inscrit dans une stratégie globale intégrant certaines des problématiques les plus importantes de ce secteur, comme par exemple le nombre et la qualité des greffons, la qualité et l’efficacité dans les activités de recensement, de prélèvement des donneurs et dans l’activité de greffe ou la prise en charge des donneurs et des patients ou encore l’amélioration de l’accès au greffon.
L’Agence de la biomédecine sera « la cheville ouvrière » de la mise en œuvre de ce plan, en coordination avec tous les acteurs du système de santé.
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http://www.lequotidiendumedecin.fr/
Greffes et dons d'organes
Transplantation : l'espoir des organes auto-construits
Pour pallier le manque de greffons qui engendre chaque année 500 décès, les chercheurs fondent leurs espoirs sur le développement d'organes auto-construits. Espoirs dont il faudra plusieurs dizaines d'années avant qu'ils ne se réalisent.
La lutte contre l'insécurité routière a permis de réduire régulièrement la mortalité sur les routes. Cette bonne nouvelle implique cependant une réduction du nombre de greffons. Face à cette pénurie, les chirurgiens doivent envisager d'autres recours. Lors d'une séance commune des Académies nationales de Médecine et de Chirurgie, les experts français ont fait le point sur les avancées de la recherche sur le développement d'organes auto-construits1.
Organes auto-construits : une alternative à la greffe ?
En 2010, 4 708 greffes d'organes ont été réalisées. Soit 2,7 % de plus que l'année précédente. Mais cette tendance à la hausse ne suffit pas à combler le fossé entre le nombre de greffons et de patients en attente. Chaque année, plus de 15 600 personnes ont besoin d'une greffe d'organes². Pour pallier cette pénurie d'organes, diverses solutions ont été envisagées, avec un succès très relatif :
- Les transplantations à partir de donneurs vivants soulèvent encore trop de problèmes éthiques et sont, de toutes manières, limitées à certains organes ;
- Pendant un temps, les chercheurs ont exploré la voie des xénogreffes, mais face aux problèmes de rejet des organes d'origine animale, ils ont abandonné cette voie ;
- Les organes artificiels sont également apparus très prometteurs, mais le fait qu'ils se limitent au rein et, dans certaines conditions d'utilisation, au coeur, et surtout qu'ils altèrent considérablement la qualité de vie, a obligé les scientifiques à imaginer d'autres approches.
Depuis quelques années, les chercheurs se penchent sur les auto-constructions d'organes. Le principe : reconstruire un "organe neuf" en se servant de l'organe atteint comme d'une matrice après l'avoir dépeuplé de ses cellules malades pour le recoloniser avec des "cellules neuves". Pour cela, on utilise des cellules souches capables de se différencier et de donner naissance aux cellules fonctionnelles voulues. Il est également envisageable de créer une matrice de synthèse, qui serait repeuplée de cellules souches.
De nombreux obstacles à l'auto-construction
Aux États-Unis, des essais menés sur des tissus ont été réalisés avec succès, ouvrant la voie à la médecine régénérative : ménisques, cornées, urètres, artères et même vagins ont ainsi été recréés à partir de cellules de patients, a indiqué le Pr Philippe Ménasché, chercheur à l'Inserm (U633 - Thérapie cellulaire en pathologie cardiovasculaire à l'Hôpital Européen Georges Pompidou). Mais du tissu à l'organe il y a un pas, que la science peine à franchir. Car les obstacles sont nombreux :
- Tout d'abord, l'origine des cellules souches. L'utilisation des cellules souches embryonnaires soulève toujours des problèmes éthiques, même si les lois de bioéthique ont ouvert une brèche lors de leurs révisions en juillet 2011. Il est interdit de "travailler" sur ces cellules sauf en cas de dérogation justifiée par de possibles "progrès médicaux majeurs".
Les cellules souches adultes, quant à elles, présentent moins d'intérêt en raison de leurs moindres capacités de différenciation, de maturation et de prolifération.
Des progrès majeurs ont été récemment obtenus avec ces cellules souches pluripotentes induites dites IPS : il s'agit de cellules ayant les propriétés de cellules souches, produites à partir de cellules déjà matures et spécialisées de notre organisme, comme celles de la peau. Ces cellules présentent l'avantage de ne pas susciter de réactions de rejets immunologiques, provenant elles-mêmes du patient à traiter. Mais là encore, les travaux3, même s'ils sont assez avancés chez l'animal, n'ont pas été appliqués à l'homme. Le risque de prolifération cancéreuse de ces cellules reste également à évaluer.
- De plus, se pose le problème de la production en grandes quantité de telles cellules : reconstruire des organes requiert un nombre de cellules souches autrement plus important que pour des tissus.
L'auto-construction du foie très prometteuse
Malgré ces difficultés, des avancées considérables ont été réalisées. C'est dans le domaine du foie qu'elles sont les plus prometteuses. Une équipe chinoise a ainsi réussi à développer, en quelques semaines, chez le rat, un organe fonctionnel transplantable par ensemencement d'hépatocytes et d'autres populations cellulaires4, après l'obtention d'une matrice du foie par "décellularisation" de l'organe malade. Pour le Pr Dominique Franco (service de chirurgie digestive et viscérale à l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart), cette approche constitue une bonne alternative à la greffe de foie mais aussi à la thérapie cellulaire par transplantation d'hépatocytes, dont les essais chez des patients atteints de cirrhose, d'insuffisance hépatique aiguë ou de maladie hépatique métabolique congénitale se sont révélés infructueux. Toutefois, "le chemin est long pour y parvenir mais l'accélération des connaissances et de la bio-ingénierie permettra peut-être d'arriver à ce traitement plus tôt qu'il n'est possible de l'imaginer" précise le chercheur.
Le rein et le pancréas représentent, en revanche, un plus gros défi pour les chercheurs. La complexité de leur structure et surtout l'hétérogénéité morphologique et fonctionnelle des cellules qui constituent ces organes les rendent en effet extrêmement difficiles à reconstruire. Pour autant, des travaux sont engagés mais "nous sommes encore très loin des applications cliniques", avoue le Pr Jean-Michel Dubernard (service d'urologie et chirurgie de la transplantation à Lyon), connu pour avoir réussi la première greffe de la main en 1998.
Enfin, dernier organe et non des moindres, le coeur. L'auto-construction de cet organe représente un espoir majeur pour la recherche, confrontée à la pénurie d'organes à greffer et aux limites du coeur artificiel. Cependant, "si les techniques de décellularisation sont aujourd'hui bien maîtrisées, les problèmes posés par le choix du type cellulaire capable de générer les différents constituants du tissu cardiaque (cardiomyocytes contractiles, cellules endothéliales, cellules musculaires lisses, myofibroblastes) et par leur mode de transfert optimal ne sont pas encore maîtrisés", explique le Pr Ménasché. Pour le chercheur, "le remplacement complet du coeur par un biomatériau se substituant à la transplantation traditionnelle est une perspective encore incertaine et en tous cas lointaine". Selon lui, "il est plus réaliste d'espérer, à une échéance sans doute assez proche, des remplacements partiels du coeur (myocarde, gros vaisseaux, valves) par des matrices recellularisées venant renforcer des portions de myocarde défaillant et peut-être même de constituer des substituts aux bioprothèses valvulaires actuelles."
On l'aura compris, ces travaux de recherche représentent de très belles perspectives d'avenir pour la transplantation mais ils n'en sont qu'à leurs débuts. En attendant, les Académies nationales de Médecine et de Chirurgie ne souhaitent pas aujourd'hui donner de faux espoirs aux patients et appellent à une plus forte mobilisation des citoyens au don d'organes, qui permet chaque jour de sauver des vies.
Amélie Pelletier, le 3 novembre 2011
Sources :
1 - Conférence de presse des Académies nationales de Médecine et de Chirurgie, octobre 2011.
2 - Données de l'Agence de la biomédecine (disponibles sur son site).
3 - Vers l'utilisation des cellules souches adultes iPS pour la thérapie génique, Communiqué de presse de l'Inserm et de l'Institut Pasteur, 12 octobre 2011.
4 - Construction of a portal implantable functional tissue-engineered liver using perfusion-decellularized matrix and hepatocytes in rats. Bao J, et coll., Cell Transplant 2011 ; 20 (5) : 753-66. (étude téléchargeable en anglais).
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Source : http://www.doctissimo.fr/
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Journée mondiale du don d'organes et de la greffe
Journée mondiale
Don d'organes et de la greffe
Ce 17 octobre 2011
Depuis 2005, l'OMS a promulgué la journée mondiale du don d'organes et de la greffe. Elle se tient chaque année le 17 octobre.
Cette journée est partie d'un constat alarmiste ;
En fance, en 2005, il n'ya eu que 4238 transplantations d'organes pratiquées alors que près de 12 000 malades avaient besoin d'une greffe
Des milliers de patients subissent toujours l'angoisse de l'attente, alors qu'on sait que chaque jour passé sur la liste dans l'espoir d'une greffe est une perte de chance.
Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants meurent faute d'avoir pu être transplantés à temps, alors que la médecine aurait été en mesure de les sauver.
Cette situation est essentiellement due à un déficit d'information du grand public...

L'autocollant Cercle Bleu placé sur un véhicule est le symbole mondial du positionnement à l'égard du prélèvement d'organes. Il est gratuit sur www.cerclebleu.org
En cas d'accident, il indique au corps médical que le conducteur possède une carte sur laquelle il a écrit sa décision. Cela fait gagner du temps et de l'argent. Tout nouveau conducteur reçoit, en France, avec son permis, ce papier pour qu'il le remplisse.
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Source : Journée Mondiale
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Greffe
Tout savoir sur le don d’organes
Règles éthiques, conditions de prélèvement, carte de donneur, refus de dons d’organe... Alors que la journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe s’est tenue le 22 juin 2011, retrouvez en ligne nos fiches pratiques concernant le don d’organes.
La volonté du défunt primant, il est recommandé de faire connaître de son vivant à ses proches son propre choix. Les personnes favorables au don d’organes peuvent, si elles le souhaitent, porter sur elles une carte de donneur comme trace de leur décision personnelle, cette carte n’ayant cependant aucune valeur légale. Les personnes défavorables au don d’organes peuvent, de leur côté, demander leur inscription au registre national des refus de dons d’organes sachant que ce registre est obligatoirement interrogé avant d’envisager tout prélèvement. Pour s’y inscrire, il est nécessaire de télécharger et d’imprimer un formulaire accessible en ligne avant de le retourner à l’Agence de biomédecine, à l’adresse indiquée sur le formulaire accompagné d’une copie de la carte d’identité.
A noter qu’un projet de loi relatif à la bioéthique a été adopté le 23 juin 2011 par le Sénat : il prévoit notamment d’autoriser le don croisé d’organes intervenant en cas d’incompatibilité entre proches (cette possibilité concernant essentiellement les greffes de reins).
- Don du sang, don du corps, don d’organes
Service-public.fr
- Tout savoir sur le don d’organes et de tissus
Agence de biomédecine
- Comment signaler que l’on est donneur ?
Agence de biomédecine
- Comment exprimer son refus ?
Agence de biomédecine
- Projet de loi relatif à la bioéthique
Vie-publique.fr
Voir aussi
DON d’ORGANES
Seul un receveur en attente sur 3 pourra bénéficier d’une greffe

La 11ème Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe du 22 juin rappelle à nouveau que le don d’organes permet de sauver des vies. Mais que “pour sauver des vies, il faut l’avoir dit”. Il s’agit donc d’interpeller les personnes favorables au don d’organes après la mort, quel que soit leur âge, pour sauver des vies. Car chaque année, seul un receveur en attente sur 3 pourra bénéficier d’une greffe.
Sauver des vies:
De plus en plus de personnes attendent une greffe, faute de greffons disponibles. Depuis 2000, les prélèvements et greffes d’organes en France ont progressé de presque 50 %. En 2010, l’activité a augmenté pour la greffe pulmonaire (5,6%), hépatique (+4,3 %) et rénale (+2,5 %) restant stable pour la greffe cardiaque.
Mais le nombre de malades ayant besoin d’une greffe augmente: il s’élevait en 2010 à plus de 15.600, soit + 8,5 % vs 2009. Mais en 2010, seules 4.708 greffes ont pu être réalisées et 3.170 donneurs recensés. L’âge moyen des donneurs augmente (53 ans en 2010) tout comme l’âge des receveurs. Mais si les jeunes doivent aussi se mobiliser, l’Agence de la Biomédecine rappelle que si un coeur est rarement prélevé après 60 ans, les reins ou le foie peuvent l’être sur des personnes beaucoup plus âgées. Le prélèvement d’organes sur personnes décédées peut être par ailleurs envisagé même si celles-ci étaient sous traitement médical ou avaient des antécédents médicaux. Enfin, il n’y a pas d’âge pour réfléchir au don d’organes et pour faire connaître sa décision.
Pourquoi faut-il le dire? L’Agence de la Biomédecine rappelle que:
· C’est un moyen légal de signifier son choix sur le don d’organes, car en France, la loi considère que tout le monde est donneur, cependant chacun est libre de refuser ou non le don d’organes après le décès, à des fins de greffes. La présence éventuelle d’une carte de donneur dans les affaires personnelles du défunt peut aider à engager le dialogue avec la famille. Mais la carte n’a aucune valeur légale.
· C’est s’assurer que notre volonté sera respectée et épargner à nos proches le risque d’une situation difficile, dans le cas où le défunt ne s’est pas préalablement exprimé,
· Ce n’est pas forcément compliqué de trouver une occasion pour en parler en famille, de simples mots simples suffisent, qui pourront sauver des vies. Favoriser la greffe d’organes, c’est permettre à ses proches de vivre l’entretien avec les médecins dans les meilleures conditions possibles.
Dans un contexte de pénurie d’organes, chaque possibilité de prélèvement devient donc extrêmement précieuse. Car un prélèvement aboutit en moyenne à la greffe de quatre personnes en attente.
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Source: Agence de la Biomédecine et Santélog
Dons d’organes
Dons d’organes
Plus d’information, plus de confiance
Sujet sensible, le don d’organes touche à la représentation de la mort et à nos rapports au corps. Il n’est pas surprenant que ce geste pourtant essentiel, fasse encore l’objet d’un débat éthique épineux. Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a rendu aujourd’hui son avis sur la question. Ses conclusions se résument en sept recommandations. Elles incitent notamment à mieux informer le futur donneur (et ses proches) ainsi que les personnels hospitaliers.
L’avis du CCNE « concerne seulement les transplantations d’organes comme le rein, le foie, le cœur, le pancréas, etc… La greffe de tissus ou de cellules soulève des questions éthiques d’un autre ordre » souligne le Comité.
Le don d’organe est un geste volontaire et gratuit qui doit être réfléchi et décidé au niveau individuel. Pour faciliter cette décision, le CCNE estime nécessaire de « diffuser bien plus largement l’information sur les conditions légales du prélèvement post-mortem ». Les donneurs – mais également ceux qui ne souhaitent pas le devenir – devraient être tous incités à en informer leurs proches. Cette information permettrait à ces derniers de « mieux témoigner de la volonté du défunt auprès du personnel en charge de la coordination hospitalière du prélèvement ».
Pour le CCNE, il est primordial par ailleurs, de maintenir au sein des services hospitaliers « une séparation nette entre les équipes chargées de la réanimation et celles (qui sont responsables) du prélèvement ». En effet, le travail des réanimateurs doit rester concentré sur « l’intérêt du patient ». Tandis que les équipes chargées du prélèvement n’interviennent qu’ « après le constat de la mort ». Leur rôle consiste également à « veiller à la meilleure restitution possible du corps ».
Si l’information du public est essentielle en matière de dons d’organes, celle des personnels hospitaliers l’est tout autant. « L’information sur les circonstances de la mort susceptibles de donner lieu à des prélèvements post-mortem » devrait être améliorée, estime notamment le Comité.
Le nombre de professionnels responsables de la coordination de la transplantation doit également être augmenté dans des proportions importantes. A ce jour, ces derniers restent « trop peu nombreux en France ». Leur travail consiste en particulier à assurer le suivi des donneurs vivants « bien après ledon » lui-même.
Comme le don d’organe est un sujet éminemment délicat, le vocabulaire qui lui fait référence l’est tout autant. Le CCNE estime ainsi préférable de substituer « à l’inexactitude de l’expression « doncadavérique », celle plus conforme à la réalité – et moins traumatique - de « prélèvement d’organespost mortem » ». Autre point de rhétorique : le mot « pénurie ». « Il semble préjudiciable au principe éthique du don », ajoutent les auteurs de l’avis.
La confiance du public dans le personnel en charge de la coordination hospitalière du prélèvement est essentielle pour promouvoir le don d’organes. Pour le CCNE, leur travail « ne doit jamais apparaître comme une intrusion dans la vie intime des proches du défunt ».
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’intégralité de l’avis du CCNE.
Une greffe qui donne de la voix
Une greffe qui donne de la voix
Une équipe
médicale de l’Université de Californie vient d’annoncer la réussite
d’une opération rare, une greffe du larynx, qui a rendu sa voix à une
femme de 52 ans.
Treize jours après la greffe du larynx, de la glande thyroïde et d’une partie de la trachée, Brenda Jensen a pu prononcer ses premiers mots depuis onze ans. Sa voix était encore rauque et maladroite, mais c’est bien grâce à l’air passant dans son larynx qu’elle a pu les prononcer, ce dont elle était privée depuis qu’elle avait subi une trachéotomie en 1999. Brenda Jensen parlait par l’intermédiaire d’un dispositif électronique qui lui donnait une voix de robot.
Première greffe en 1998
«You guys are amazing» ("vous êtes formidables les gars")
a déclaré la patiente aux docteurs Gregory Farwell, Peter Belafsky et à
l’équipe internationale qui a réalisé cette opération de 18 heures en
octobre dernier, au centre médical Davis de l’Université de Californie
(UC Davis Medical Center). C’est la seconde greffe de larynx réussie aux
États-Unis, la première avait eu lieu à Cleveland en 1998 (voir les archives INA).
L’équipe de Farwell se prépare depuis deux ans à cette
greffe complexe. Le larynx, la thyroïde et 6 cm de trachée ont été
prélevés sur un donneur décédé (cf le schéma ci-dessous fourni par l'UC Davis MC).
La nécessité d’un traitement immunosuppresseur à vie est un obstacle à
la réalisation de ce type de greffe qui ne concerne pas un organe vital.
Cependant Brenda Jensen ayant déjà été greffée du pancréas et du rein
en 2006, elle était une candidate idéale pour cette transplantation, ont
précisé les médecins.
L'odorat et le goût
Brenda Jensen, diabétique et opérée en 1998 pour un problème de rein, avait abîmé son larynx et sa trachée en arrachant à plusieurs reprises le tube de respiration de sa gorge. L’air ne pouvant plus circuler à travers le larynx, ce n’est pas seulement la voix qui était perdue mais aussi l’odorat et le goût. La patiente apprend désormais à boire et à manger normalement. Les médecins surveillent sa déglutition, enfin d’être sûrs qu’elle peut avaler sans risque. Pour l’instant elle est toujours nourrie par un tube mais les médecins espèrent qu’à terme elle pourra manger normalement et être débarrassée de sa canule.
Les greffes du larynx sont très rares. En Colombie l’équipe du Pr Tintinago (Universidad de Antioquia, Medellin) a réalisé plusieurs greffes de larynx ces dernières années. Cependant les résultats, annoncés dans des congrès, n’ont pas fait l’objet de publications dans des revues médicales.
Le cas des cancers
Même si la greffe du larynx progresse, beaucoup de personnes ayant
subi une ablation du larynx et vivant avec une canule (un petit tube) ne
pourront pas en bénéficier car ces opérations font souvent suite à un
cancer. Dans ces cas-là la prise d’immunosuppresseur n’est pas possible
car ces médicaments augmentent le risque de cancer. L’autre piste, qui a
donné des résultats très prometteurs pour la trachée, est la reconstruction de l’organe avec les tissus du patient.
Une greffe qui donne de la voix
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Cécile Dumas
Sciences et Avenir.fr





