Hépatite C et ViraferonPeg
Hépatite C et
ViraferonPeg
l’AFSSAPS demande aux patients de contacter leur médecin
« À la suite de la publication dans la presse d’informations à propos de ViraféronPeg administré par stylo injecteur, l’AFSSAPS est concernée par l’évocation d’une perte de chance pour les patients et la nécessité de sécuriser l’emploi de ce produit de santé », affirme l’agence dans un communiqué.
L’agence explique avoir reçu le 8 février le laboratoire MSD-France et s’être entretenue avec le Pr Albert Tran, chef du service d’hépato-gastroentérologie de l’hôpital de l’Archet (Nice). « La firme a reconnu avoir été destinataire de nombreuses réclamations sur le fonctionnement de ce stylo injecteur (250 en 2011) et envisage d’apporter des modifications techniques voire de repenser la conception du dispositif », souligne l’AFSSAPS. Par ailleurs, « le Pr Tran a confirmé les termes de son alerte, à savoir des difficultés d’utilisation pouvant aboutir à la non injection ou à l’injection partielle du produit », poursuit l’agence.
Pharmacovigilance.
Dans l’immédiat, il est conseillé aux patients « de reprendre contact avec les professionnels de santé qui les surveillent pour qu’ils s’assurent avec eux de l’utilisation correcte de leur stylo injecteur et de l’efficacité de leur traitement ». Dans les 10 jours,« un comité d’experts chargé de préciser les risques liés à ces dysfonctionnements et de proposer les mesures adaptées à la garantie de l’efficacité du traitement », précise l’AFSSAPS.
L’AFSSAPS indique qu’aucunsignalement n’a été enregistré« dans la base nationale de pharmacovigilance sur l’ensemble de la période 2002-2012 avec la spécialité ViraféronPeg, qu’il s’agisse de problèmes de qualité du produit, de cas d’erreurs médicamenteuses, de problèmes ou de complications associés au dispositif ou encore d’inefficacité du médicament ». En revanche, l’agence a reçu « 20 réclamations depuis 2002 (entre 1 et 4 selon les années), concernant des défauts de fonctionnement du stylo injecteur (piston bloqué, volume délivré inférieur au volume habituel…) ». Une revue cumulative des réclamations liées au dispositif va être effectuée lors du prochain rapport d’évaluation périodique de la sécurité de ViraféronPeg qui « sera soumis aux autorités européennes », explique l’AFSSAPS.
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Hépatite C
Un bond thérapeutique de plus 50 % !
L’étude SPRINT-2 (1) a inclus 1 097 sujets naïfs de traitement, infectés par le virus de l’hépatite C (VHC) de type 1. Randomisés en double aveugle, les patients ont été répartis en 3 groupes de traitement, après un pré-traitement de 4 semaines par peg-interféron et ribavirine. Dans le premier groupe (contrôle), les patients ont reçu peg-interféron et ribavirine (P/R) durant 44 semaines. Dans le 2e groupe, le traitement était guidé par la réponse virale : les patients ont reçu P/R et boceprevir (800 mg 3 fois par jour) durant 24 semaines suivi du schéma thérapeutique P/R en cas de charge virale détectable pendant 20 semaines. Dans le 3e groupe, les patients ont reçu durant 44 semaines : peg-interféron, ribavirine et boceprevir. Rappelons que le boceprevir est un inhibiteur de protéase NS3 du VHC.
Les résultats montrent une augmentation spectaculaire de l’efficacité thérapeutique (réponse virale prolongée) avec le boceprevir. Cette dernière passe en effet chez les sujets non noirs (n = 938) de 40 % (groupe 1) à 67 % (groupe 2) et 68 % (groupe 3) (p < 0,0001). Chez les patients noirs (n = 159), qui sont de moins bons répondeurs au traitement, les réponses virales soutenues ont également progressé considérablement : 23 % (groupe 1), 42 % (groupe 2) (p = 0,044) et 53 % groupe 3 (p = 0,004).
Sur le plan de la tolérance, le boceprevir entraîne fréquemment une anémie (29 % dans le groupe contrôle et 49 % sous boceprevir) et une dysgueusie, qui est deux fois plus fréquente que sous traitement standard (37 à 43 % versus 18 %).
La place de cette nouvelle molécule, qui va modifier profondément la prise en charge du VHC, reste cependant encore à déterminer précisément.
Dr Emmanuel Cuzin
Bronowicki J-P et coll. : Le boceprevir (BOC) associé à peginterféron alpha-2b/ribavirine (P/R) chez les patients VHC+ génotype (G) 1 naïfs de traitement : résultats finals de l’étude SPRINT-2. Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive (Paris) : 24-27 mars 2011.
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Source : http://www.jim.fr/
Hépatite C
Hépatite C
Bientôt un nouveau type de médicaments en test

Un nouveau type de médicaments antiviraux pourrait bientôt être testé dans le cadre de l'infection par le virus de l'hépatite C, et cela après la découverte du rôle important de deux enzymes dans la maladie.
Dans le cadre d'une collaboration internationale, l'équipe de chercheurs de Thomas Baumer (Inserm/Université de Strasbourg, France) a clairement identifié deux nouveaux éléments ayant un rôle déterminant dans la possibilité donnée au virus de l'hépatite C d'intégrer les cellules du foie. Ainsi, deux enzymes ont clairement été identifiées pour leur rôle dans ce processus. Les chercheurs de Strasbourg se sont associés à des équipes allemandes, américaines et britanniques pour effectuer un criblage des cellules du foie, autrement appelées hépatocytes.
Ces hépatocytes produisent des enzymes kinases, dont 58 ont été identifiées dans le cadre de la recherche, explique l'AFP. Finalement, deux kinases ont été identifiées comme jouant un rôle important dans l'installation de l'hépatite C dans le foie humain, puisque l'EGFR et l'EphA2 semblent avoir pour rôle de faciliter l'assemblage des récepteurs du virus auprès des cellules de foie.
Les chercheurs ont d'ores et déjà trouvé qu'en bloquant l'enzyme EGFR, ils pouvaient limiter l'entrée du virus dans le foie voire même réduire l'infection. Une découverte qui ouvre la voie à la mise au point d'un nouveau type de médicaments antiviraux qui devraient bientôt être testés et qui auront pour objectif d'inhiber le rôle des enzymes identifiées. L'hépatite C est une affection évoluant souvent en cancer ou cirrhose du foie, qui touche 170 millions de personnes dans le monde.
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Source : http://www.maxisciences.com/
L’hépatite B transmise...
L’hépatite B transmise...
par acupuncture
En France, quatre personnes auraient été infectées par le virus de l’hépatite B suite à des séances d’acupuncture où les procédures d’hygiène n’avaient pas été respectées. Ce type de transmission avait déjà été rapporté dans d’autres pays.
- Tout savoir sur les hépatites grâce
à notre dossier
Les rédacteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) rapportent quatre cas groupés d’hépatite B en relation avec des actes d’acupuncture. « Il s’agit du premier épisode de ce type décrit en France », précisent-ils. Explications.
Au total donc, quatre cas d’hépatite B ont été identifiés d’avril à septembre 2008, auprès de patients ayant fréquenté un cabinet en Languedoc-Roussillon. Il s’agissait de quatre femmes de 16 à 85 ans. « Aucune n’était vaccinée contre le virus de l’hépatite B ni n’avait déclaré de facteur de risque », souligne le BEH.
Les aiguilles doivent être à usage unique
Les résultats de l’investigation confirment « une transmission du virus de patient à patient, probablement liée à l’utilisation de matériels souillés ou partagés ». La mise en place rapide de mesures de contrôle (fermeture immédiate du cabinet par le préfet) a permis d’éviter la survenue de nouveaux cas. Des épisodes similaires ont été recensés aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Asie.
Rappelons que l’acupuncture est un acte médical dont la pratique n’est autorisée en France qu’aux personnes remplissant les conditions pour exercer la médecine et, sous certaines conditions, aux sages-femmes. « Les professionnels doivent être formés à cette technique, respecter l’usage unique des aiguilles, l’application stricte des précautions standard, et opérer dans de bonnes conditions d’hygiène ».

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Source : http://www.futura-sciences.com/fr/sante/
Hépatite C : un nouveau traitement plus efficace
Un nouveau traitement plus efficace

Une étude clinique publiée hier met en avant l'efficacité d'un cocktail de 3 médicaments destiné à lutter contre l'hépatite C. Les résultats semblent ainsi confirmer ceux d'une précédente étude.
Maladie infectieuse transmise essentiellement par le sang, l'hépatite C affecte le foie et peut provoquer une cirrhose ou un cancer. Mais il existe des médicaments qui permettent de contrôler les symptômes. A ce sujet, une nouvelle étude clinique publiée cette semaine explique avoir testé une combinaison de trois médicaments pour lutter contre la maladie. En réalité, deux des molécules utilisées correspondent au traitement actuel mais la troisième, le Bocéprévir est totalement nouvelle. L'un des coauteur de l'étude, Dr Stuart Gordon qui est également responsable du service d'hépatologie de l'hôpital Henry Ford à Détroit, aux États-Unis, explique : "Cette étude représente une avancée remarquable. Elle peut potentiellement aboutir à une guérison des personnes souffrant d'hépatite C et ne répondant pas aux thérapies existantes".
Pour parvenir à de tels résultats, un essai clinique regroupant plus d'un millier de patients a été effectué. Un premier groupe, dit de contrôle, a été traité avec du peginterféron et du ribavirine 44, le traitement utilisé à ce jour, durant 48 semaines. Un second groupe a reçu la première combinaison des deux produits durant quatre semaines, traitement auquel a été ajouté le bocéprévir durant 32 semaines. Le troisième groupe quant à lui a reçu durant 44 semaines, le cocktail composé des trois produits. Les chercheurs ont alors constaté que le groupe 2 et 3 qui avait reçu du bocéprévir ont montré une réponse virologique plus importante, jusqu'à faire disparaitre les traces du virus dans le sang.
Ainsi, le taux de réponse virologique était de 21% dans le groupe 1, de 59% dans le groupe 2 et de 66% dans le groupe 3 alors qu'une réponse virologique soutenue peut se traduire par une éradication durable du virus comme l'explique Cyberpresse. L'étude sembl... lire la suite de l'article sur Maxisciences
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Source : http://fr.news.yahoo.com/
l’hépatite C
L’hépatite C
Des virus C mutés réinfectent les greffons hépatiques
Le virus de l’hépatite C se montre redoutable à double titre. Évoluant silencieusement, il conduit à la cirrhose hépatique ou au cancer du foie. La transplantation demeure la seule possibilité thérapeutique. C’est alors que survient la seconde attaque virale, le foie greffé est à nouveau infecté par le virus, menant nombre de patients rapidement à l’hépatite chronique ou à la cirrhose. C’est dans ce contexte que le travail de l’équipe INSERM U748 (Strasbourg) de Thomas Baumert prend toute sa valeur.
Les chercheurs se sont intéressés, de façon longitudinale, au cas de six patients recrutés au CHU de Strasbourg. Ils ont étudié chez eux l’évolution de la population virale C, cherchant à comprendre pourquoi certains variants réinfectent le greffon et d’autres non. Ils ont alors constaté une modification de la population virale après la transplantation, dont une petite partie devient susceptible d’attaquer l’organe transplanté. Ces variants infectieux se caractérisent par une capacité de pénétration cellulaire très efficace et une résistance à la neutralisation par les anticorps circulants préexistants. Grâce à des cultures cellulaires, les équipes ont attribué ce pouvoir infectieux à des modifications du génome du VHC.
Deux voies thérapeutiques ont ensuite été testées reposant sur des anticorps monoclonaux. La première visait des glycoprotéines d’enveloppe du VHC, l’autre était dirigée contre un récepteur cellulaire permettant la pénétration du virus. Tous deux ont neutralisé de façon croisée l’infection des hépatocytes par ces VHC mutés.
› Dr G. B.
« Journal of Experimental Medicine », 207 : 2019-2031, septembre 2010.
Hépatite C Une sonde pour éviter les biopsies
Hépatite C
Une sonde pour éviter les biopsies

Le FibroScan permet de suivre l'évolution de la maladie. Au centre de
soins pour toxicomanes de l'Hôtel-Dieu, elle devrait permettre de
convaincre davantage de patients de se faire soigner
Les centres de soins spécialisés pour toxicomanes (CSST) proposent une prise en charge globale, gratuite et anonyme, aux personnes dépendantes aux drogues, aux médicaments psycho-actifs ou souffrant d'addictions sans produits comme le jeu pathologique par exemple. Dans ces centres, les patients se voient proposer des programmes de substitution, des sevrages, un suivi médical et psychologique ainsi qu'un accompagnement social. Dans l'agglomération lyonnaise, il existe deux CSST associatifs et deux CSST à gestion hospitalière aux Hospices civils.
Rattaché au service d'hépato-gastro-entérologie alors que la plupart des centres dépendent d'un service de psychiatrie, le CSST de l'Hôtel-Dieu a pris en charge 676 patients en 2008 dont 188 présentaient une sérologie hépatite C positivee. Mais suivre un traitement pour cette maladie, qui a la particularité de rester longtemps silencieuse, est rarement une priorité pour ces patients. Plusieurs raisons à cela selon le Dr Philippe Lack : les difficultés quotidiennes liées à la dépendance, à l'insertion, à la précarité, sont plus préoccupantes pour ces patients que l'hépatite. Il arrive ainsi souvent que ces patients refusent une biopsie du foie qui permettrait de savoir à quel stade de situe leur hépatite et s'il faut lancer un traitement.
Cependant, l'arrivée en février d'un nouvel appareil au CSST devrait permettre de convaincre davantage de patients de se faire suivre.Grâce à une sonde qui envoie des ondes, ce « FibroScan » permet de visualiser l'apparition d'une fibrose - une nécrose des cellules hépatites provoquant le durcissement du foie - pathologie pouvant évoluer jusqu'au stade de la cirrhose. L'examen peut être renouvelé régulièrement afin de suivre l'évolution de la fibrose et l'efficacité du traitement. « L'examen est bien accepté par les patients parce qu'il est indolore, rapide et qu'il ne présente pas d'effets secondaires, contrairement à la biopsie du foie », explique le Dr François Bailly, hépatologue. « On sent juste une petite vibration, une impulsion », reconnaît cette jeune patiente de 26 ans dont le traitement, entamé il y a trois mois, donne des résultats très satisfaisants. De nouvelles sondes ont été récemment mises au point pour pouvoir examiner les enfants et les personnes obèses. Malgré tout, parfois, la morphologie particulière d'un patient (espace intercostal trop serré par exemple) peut entraîner un échec de l'examen.
Créé en 2003 par l'entreprise Echosens, le FibroScan est fabriqué en France et coûte 75 000 euros. Six cents appareils fonctionnement actuellement à travers le monde dont 140 en France où tous les CHU sont équipés. Les Hospices civils possèdent deux autres FibroScan, au service d'hépato-gastro-entérologie depuis 2006 et à l'hôpital Femme Mère Enfant, depuis mars 2007.
Sylvie Montaron
Hépatite B, cancers du foie...
Hépatite B, cancers du foie...
La France à contre-courant
« Il y a en France, une génération d’enfants sacrifiés. Ceux nés dans les 10 dernières années, qui n’ont pas été vaccinés contre l’hépatite B. Dans les pays où la vaccination est efficace, le nombre des cas d’hépatite B et de carcinome hépatique (le cancer primitif du foie, n.d.l.r.) diminue, mais attendons-nous à les voir augmenter en France… »
Titulaire de la Chaire de Vaccinologie de l’Université de Genève, Claire-Anne Siegrist préside la Commission fédérale suisse pour les Vaccinations. Cette spécialiste internationalement reconnue est aussi la seule étrangère au comité qui conseille le gouvernement britannique sur ces questions… En cette semaine européenne des vaccinations, son avis prend une résonnance singulière.
« Le jour où la France décidait d’arrêter de vacciner dans ses écoles, nous lancions nos programmes de vaccination scolaire » poursuit-elle. « Nous avons depuis, assisté à un véritable effondrement du nombre des hépatites B aigües en Suisse. Dans les cantons où 60% des adolescents sont vaccinés celui-ci a reculé de 90% et, là où seuls 40% des enfants sont protégés, le recul atteint malgré tout 60%. C’est logique : les adolescents ont des relations sexuelles entre eux. En protégeant un ado, on protège aussi ses partenaires… »
L’inverse est également vrai ! Fin 1998, lorsque Bernard Kouchner décide de ne plus vacciner systématiquement les adolescents, il est vigoureusement critiqué par l’OMS. Soulignant que « plus d’un milliard de doses (de vaccin) avaient été utilisées depuis 1981 avec un exceptionnel niveau de sécurité et d’efficacité », celle-ci dénonçait les « énormes pressions exercées (en France) par des groupes hostiles aux vaccinations ».
Une maladie « tout sauf rare »
Son choix surprit. Le ministre de la Santé de l’époque soulignait la sécurité du vaccin… tout en décidant de ne plus l’utiliser chez l’une des populations les plus à risque. Or les événements signalés en France ne l’ont jamais été … qu’en France. En 2002, l’OMS réaffirme le bien-fondé de la vaccination. En 2003, un consensus international de l’INSERM la vaccination universelle de tous les nourrissons, un programme de rattrapage (…) à destination des enfants et des adolescents, le renforcement de la vaccination des personnes exposées et l’accompagnement (…) par des mesures d’information du grand public et des professionnels de santé ». Position réitérée en avril 2008 par le Haut Conseil de la Santé publique.
Claire-Anne Siegrist a participé à ce consensus. « Il était on ne peut plus clair. Or on attend toujours qu’il soit suivi d’effet. En réalité, les réponses des autorités de santé et des politiques (en France) ont été relativement molles, peu engagées…(Or) même dans les pays de faible endémie (comme la France, n.d.l.r.) le virus de l’hépatite B (VHB) est plus fréquent que celui du SIDA (VIH). Il y a donc plus de risque d’y être exposé qu’au VIH ». Or « le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que le VIH », rappelle l’OMS.
Là est l’enjeu. Dans les pays de faible endémie, 0,5% de la population serait porteuse de l’antigène HBs traduisant une contamination par l’hépatite B. En France pourtant « un rapport de l’InVS publié en 2004 fait ressortir une proportion de 0,78% de porteurs » souligne notre spécialiste. Il y aurait donc 300 000 porteurs chroniques en France. Et comme « l’INSERM estime que l’hépatite B provoquerait chaque année 1 500 décès en France métropolitaine, (…) nous sommes en présence d’une maladie qui est tout sauf rare ».
Le virus de l’hépatite B est ainsi à l’origine d’une transplantation hépatique sur dix en France. A Taïwan pays vaccinateur, la mortalité par hépatocarcinome chez les moins de 15 ans a été réduite de plus de moitié entre 1984 et 1990. Mais dans l’état actuel des choses, les observateurs s’attendent à ce que le nouveau « plan de lutte » lancé en France au mois de février ait essentiellement un effet… d’annonce.
Source : Entretien avec le Dr Claire-Anne Siegrist, 25 mars 2009 ; OMS, 1998-2008 ; InVS, 2004
Hépatite c : Alternatives pour mieux vivre
Hépatite
c : Alternatives pour mieux vivre
Pour les 700 000 personnes atteintes d'hépatite C en France, le ministère de la Santé préconise le traitement à l'interféron. Des solutions alternatives existent. Petit vade-mecum pour mieux lutter contre la maladie.
Ces
derniers mois, les pouvoirs publics ont mis l'accent sur la nécessité
du dépistage des malades victimes d'hépatite C. On avait, paraît-il, trouvé la parade : l'interféron
(Quand un organisme subit l'attaque d'un virus,
ses globules blancs produisent des substances ou interférons
qui augmentent la résistance à l'agression. Il existe
différentes formes d'interférons, que l'industrie
pharmaceutique est maintenant capable de produire par génie génétique. L'interféron alpha est utilisé dans le traitement de l'hépatite C, le bêta dans
celui de la sclérose en plaques).
Plusieurs raisons conduisent à relativiser l'effet de cette annonce En premier lieu les échecs thérapeutiques
à l'interféron restent nombreux: 55% des patients
traités. Deuxièmement : quantité de malades
demeurent exclus de ce traitement, soit qu'ils sont à un
stade trop avancé de la maladie (cirrhose, lire encadré
ci-dessous), soit qu'ils présentent des fragilités (tendance dépressive, idées suicidaires) qui seront
décuplées par la prise de ce médicament.
Enfin les effets secondaires nombreux : fatigue, nausées,
céphalées, insomnies, dérèglements
psychiques, myalgie, sécheresse de la peau, chute des cheveux…
pénalisent grandement la qualité de vie du patient,
l'incitant à arrêter le traitement.
Pour ne donner que quelques chiffres, l'association SOS Hépatites
a évalué que la prise d'interféron entraîne
dans 75% des cas de l'asthénie ou une grande fatigue, dans
77% des problèmes musculaires divers allant parfois jusqu'à
l'immobilité partielle grave, nécessitant le recours
au fauteuil roulant et dans 30% une dépression lourde.
"Le pire, pour moi, durant le traitement, c'est le mal-être,
précise Thomas Laurenceau, membre actif de SOS Hépatites-Ile-de-France.
Les nausées, la fatigue, ça se gère, mais
la dépression, c'est autre chose. Et c'est d'autant plus
difficile à vivre que le monde médical ne semble
pas s'en soucier. S'il y a eu des avancées technologiques,
il reste encore tout à faire au niveau de l'accompagnement
humain des malades. À SOS, on se bat pour la formation
des patients et surtout des médecins. Ils ont encore trop
tendance à ne voir en nous que le foie à soigner."
Pour toutes ces raisons et quoi qu'en pensent les médecins
classiques, de nombreux malades utilisent les traitements alternatifs,
soit pour supporter l'interféron, soit pour se soigner ou mieux vivre leur maladie.
La superoxydismutase
À 38 ans, Isabelle Terrana commence enfin à revivre. En 1996,
on lui diagnostique une double séropositivité VIH-VHC
et un cancer du col de l'utérus. Après une radiothérapie,
elle se fait opérer de sa tumeur cancéreuse, en
février 1997. Deux mois plus tard, les images du col font
penser à un retour du cancer. Seul le Pr Jacques Émerit, hépatogastro-entérologue, ex-consultant à
l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris, parle de fibrose, un processus dégénératif,
consécutif aux rayons, et qui concerne également
le foie. Il décide de lui prescrire un traitement à
la Superoxydismutase (SOD). Alors que cette enzyme est interdite
en France depuis 1991, il obtient une autorisation temporaire
d'utilisation pour sa jeune patiente: "Il m'a fait une ordonnance
et ma mère est allée en Espagne m'acheter mes piqûres
de SOD. Le traitement a duré de 4 à 6 mois avec
deux séries de 25 piqûres environ. Sans aucun effet secondaire, le résultat a été positif. Les
biopsies ont révélé la disparition totale
des fibroses du col de l'utérus et du foie. Et quatre ans
après, ma dernière biopsie montre toujours un col
et un foie intacts. Aujourd'hui, je n'ai plus de cancer, plus
de fibrose, la vie va de mieux en mieux. Bien sûr, les virus
sont toujours là et la trithérapie contre le sida
me pose toujours des problèmes d'effets secondaires. Mais
ce qui est extraordinaire c'est qu'il m'arrive de ne plus penser
que je suis malade", explique Isabelle.
À cause de son interdiction en France, pour des raisons
de sécurité -la SOD étant un produit d'origine
bovine-, il n'est pas toujours facile de s'en procurer. Anne Hérault, présidente de l'association Pourquoi, n'en a pas les moyens : "Lorsque, comme moi, on est en phase avancée ou
terminale de la maladie (cirrhose et deux nodules cancéreux sur le foie), que l'on ne peut de toute façon plus supporter
l'interféron, il est inadmissible que l'on ne nous permette
pas de recourir à des remèdes efficaces. J'aimerais
me soigner à la SOD, mais je n'ai actuellement pas les
moyens de payer le prix demandé par les laboratoires espagnols.
On est obligé de constater que le droit de se soigner comme on veut est un principe démocratique ignoré en France.
D'après le Pr Henri Bismut chef du service hépato-biliaire
de l'hôpital Paul-Brousse (Villejuif), d'ici à deux
ans, 70000 "hépatants" seront en attente urgente
de greffes du foie alors que l'on ne dispose actuellement en moyenne
que de 700 greffons par an. Il apparaît donc essentiel detrouver des alternatives au traitement à l'interféron."
La phytothérapie
Outre
la SOD, certaines plantes possèdent des propriétés
anti-fibrosantes ou hépatoprotectrices non négligeables.
Le Dr Pierre Tubery a rapporté d'un séjour au Cameroun
deux plantes d'un grand intérêt: le Desmodium adscendens
et le Securidaca longepedunculata (arbuste). Plus efficace sur
les effets de l'hépatite B que sur ceux de l'hépatite
C, le Desmodium est une plante annuelle de la zone équatoriale,
de la famille des fabacées. Découverte en Afrique
où on l'utilise pour soigner l'ictère (jaunisse),
due à l'hépatite virale, elle a été soumise à des études de toxico-pharmacologie, autant
en France qu'en Italie. Celles-ci ont démontré qu'ingéré
sous forme de tisane ou de décoction concentrée,
le Desmodium ne présentait aucune toxicité. Il n'agit
pas contre le virus, mais protège puissamment le foie.
Cependant, son efficacité n'est réelle que dans
la phase d'invasion : au début de la maladie quand le virus
s'installe. Or, dans le cas de l'hépatite C, cette phase
passe bien souvent inaperçue, d'où les limites alors
du Desmodium. Durant la phase chronique de la maladie, le Dr Tubery
propose des comprimés de sénégénate
de magnésium, obtenus à partir de la racine de Securidaca longepedunculata, utilisée par les guérisseurs africains
pour les allergies et les maladies auto-immunes. Elle ralentit
la multiplication des lymphocytes (globules blancs jouant un rôle immunitaire) et des fibroblastes (cellules jeunes précurseurs
du tissu conjonctif) permettant un arrêt du développement
de la fibrose, voire sa régression. Pour certains cas observés
par le Dr Tubery, la persistance de cet effet bénéfique
passe souvent par un traitement à vie, soit 4 comprimés
par jour, sans effet secondaire.
Une approche globale
De
son côté le Dr Laurent Hervieux, homéopathe
et phytothérapeute, préconise de l'extrait de curcuma,
du sélénium et la suppression des produits laitiers : "Le curcuma est un
antiviral, un anticancéreux et un hépatoprotecteur.
Dans le cas d'une hépatite C, je le propose en granulés,
plutôt qu'en teinture-mère, celle-ci, plus efficace,
contient malheureusement de l'alcool, nocif pour le foie. Pour
certains patients, j'ajoute du sélénium sous forme
de granions® qui est à la fois un antioxydant, un anti-vieillissement
et a une action préventive en matière de cancer.
L'avantage de ces produits, c'est qu'ils sont sans effet secondaire.
L'hygiène alimentaire est aussi un facteur important pour
la qualité de vie des "hépatants". Le
mieux est de supprimer totalement l'alcool et les produits laitiers
qui contribuent énormément à l'encrassage
du foie. L'arrêt des laitages chez tous mes patients atteints
d'hépatite C a systématiquement amélioré leur état."
Les vitamines et les oligoéléments
Michelle
Sizorn, atteinte d'hépatite C depuis 24 ans, s'est énormément
documentée sur les différents traitements naturels
pour pallier les effets secondaires de l'interféron et
les effets de la maladie elle-même. "L'artichaut est
en effet excellent parce qu'il active la régénération des cellules du foie. De même, le pissenlit et le chardon-marie
qui sont des hépatoprotecteurs naturels. D'autre part,
les vitamines et les oligoéléments ne sont pas à
négliger. L'apport des vitamines A et D, dangereuses pour
le foie, devrait être contrôlé. En revanche,
les vitamines B, B5, B12, C et E sont conseillées. Les
vitamines B et C luttent efficacement contre la fatigue, redonnent
du tonus et la vitamine E est un antioxydant qui aide à
maintenir la qualité de la peau. Enfin, le manganèse
aide bien les malades qui souffrent de problèmes musculaires et le sélénium est efficace en matière de
prévention virale et cancéreuse. L'hépatite C, et surtout les effets secondaires de l'interféron, nous
conduisent inévitablement à réfléchir
sur notre alimentation, notre hygiène de vie et sur les besoins de notre organisme. C'est une recherche essentielle pour
améliorer notre qualité de vie."
Sans doute touchons-nous là du doigt la demande essentielle des victimes de l'hépatite C: une meilleur compréhension
de leur mal-être lié aux difficultés sociales, familiales, professionnelles qu'entraîne souvent la maladie,
même soignée par l'interféron. Et si toutes
ces ressources alternatives améliorent leur qualité de vie, il serait judicieux d'y prêter davantage attention.
Christine Kerfant


