Grossesses d’ados
Grossesses d’ados
" Ne pas les banaliser "

D’après l’Institut national d’Etudes démographiques(INED), pas moins de 18 000 mineures ont déclaré une grossesse en 2010, en France. Et 4 500 de ces jeunes femmes l’ont conduite jusqu’à son terme. Si aujourd’hui, des téléfilms ou des chansons font de ces jeunes filles des héroïnes, « il ne faudrait surtout pas banaliser cette situation » avertit Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne, psychanalyste à Nantes et auteur de Dans l’intime des mères.
La grossesse, lorsqu’elle survient chez une adolescente, est souvent associée à une certaine misère sociale. Une association qui n’est pas nécessairement fondée, comme l’explique Sophie Marinopoulos. Selon elle en effet, « il est temps d’en finir avec cette idée reçue. Comme si la pauvreté des relations humaines était l’apanage des milieux défavorisés ». Notre spécialiste insiste sur le fait qu’il s’agit de « deux réalités bien distinctes. Il n’est pas rare que des personnes issues de milieux aisés connaissent une grande détresse affective ».
Un manque d’affection… et d’information
Si elle insiste sur le fait que la pauvreté, fut-elle sociale ou intellectuelle, n’est pas nécessairement un critère commun aux jeunes mamans, Sophie Marinopoulos leur reconnaît tout de même des points communs. « Ces jeunes femmes peuvent être dans un grand état de besoin » précise-t-elle. « Le besoin de réparer en quelque sorte, leur propre enfance. Elles pensent que l’enfant à naître pourrait être celui qui réparera leur histoire personnelle, qui n’a pas été équilibrée… Quand il y a eu des manques affectifs graves et répétés, on constate que l’histoire elle aussi, se répète de génération en génération. Comme si la détresse affective pouvait se transmettre. Une jeune fille est maman à 16 ans, sa propre mère l’a été au même âge… »
Le psychanalyste cite également une méconnaissance du sujet, comme le manque d’information sur la sexualité, une absence totale de compréhension de leur corps. « Elles ne savent pas reconnaître les signes d’un début de grossesse et consulteront très tardivement » continue-t-elle. « D’autres en revanche, seront enceintes parce qu’elles auront éprouvé le besoin de transgresser un interdit ».
Sophie Marinopoulos dénonce enfin certaines œuvres de fiction qui, selon elle, banalisent les grossesses adolescentes. « Au cinéma sont sortis des films comme ‘Juno’ ou plus récemment ’17 filles’. Ils font croire aux jeunes filles croire qu’être enceinte à 15 ans, finalement, ce n’est pas bien grave ! » La psychologue clinicienne remarque surtout que ces films oublient un peu facilement la déscolarisation dont sont victimes ces mineures. Mais aussi « la responsabilité d’un enfant alors qu’elles ne sont pas responsables elles-mêmes. Il est donc primordial qu’elles soient entourées et écoutées. Mais la famille n’est pas toujours présente. D’où l’importance des centres maternels, qui malheureusement ne sont pas assez nombreux en France ».
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Les adolescents trinquent
Ivresse
les adolescents trinquent
pendant les « années collège »

Aujourd’hui encore, l’alcool reste la drogue préférée des adolescents. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant, puisque bien des enfants y sont exposés avant même l’âge de 11 ans. Et cela dans le cercle supposé protecteur des repas de famille… Les explications de Marie Choquet, épidémiologiste et directrice de recherche honoraire à l’INSERM.
« Contrairement à ce que l’on entend régulièrement, l’alcool n’est pas consommé de plus en plus précocement par les adolescents. C’est l’expérimentation de l’ivresse qui progresse » explique-t-elle à l’Agence de Presse Destination Santé.
Selon l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children 2010 en effet, l’alcool frappe tôt. Environ 38% des adolescents de 15 ans, 13% des enfants de 13 ans et… pas moins de 5,8% de ceux de 11 ans ont déjà connu l’ivresse de l’alcool ! Pour Marie Choquet, cela ne doit pas étonner. Les ados mais aussi très souvent les enfants, sont souvent amenés à boire un peu d’alcool, lors de repas de famille. « Ces consommations ne sont heureusement pas très dangereuses, dans la mesure où il ne s’agit pas de quantités excessives. Rappelons cependant qu’elles ne sont vraiment pas indispensables ».
La prévention, trop souvent absente
Marie Choquet toutefois, dénonce le comportement des parents et notamment leur trop faible engagement dans la prévention au quotidien. « Les ados organisent des fêtes à la maison, ils ont accès à l’alcool. En revanche, ils ne sont bien souvent, pas mis en garde sur les risques d’une consommation trop importante ».
En effet, la consommation d’alcool peut avoir de graves conséquences pour la santé. Et sans qu’il soit besoin d’arriver au stade de l’ébriété. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a défini les critères d’une consommation « à moindre risque », a déterminé ces derniers pour les hommes, les femmes, mais pas pour les enfants… Marie Choquet rappelle par ailleurs, que « bien des études montrent qu’une consommation massive d’alcool peut être suivie de dommages cérébraux ».
Avec le risque que le jeune réitère l’expérience, « s’il se sent mal, ou pour transgresser un interdit. Avec une possible apparition d’un phénomène de dépendance » conclut-elle. L’alcool réunit en effet, toutes les caractéristiques permettant de définir une drogue : c’est une substance psycho-active qui engendre un phénomène d’accoutumance – nécessité d’augmenter les doses pour un même effet – et une dépendance…
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ADOS et DROGUES
ADOS et DROGUES
11 ans, première cigarette
13 ans premier joint

Une initiation de plus en plus jeune à l’alcool, au tabac mais aussi au cannabis ? Ces tout premiers résultats du volet Drogues de l’enquête Health Behaviour in School-aged Children dévoilent une tendance au rajeunissement de l’initiation à l’usage d’alcool, du tabac et du cannabis. Menée dans 41 pays sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) cette enquête menée auprès des élèves de 11, 13 et 15 ans montre que les premières ivresses concernent désormais près de 6% des ados de 11 ans et fait apparaître la précocité et la prédominance de l’alcool dans les usages des plus jeunes.
Ce ne sont que les premières données issues de l’enquête menée en France sur 11.500 élèves scolarisés du CM2 à la classe de seconde, sur les usages de produits psychoactifs et leurs évolutions depuis 2006. Les résultats complets seront détaillés dans un numéro de la publication Tendances, précise l’OFDT, à paraître avant la fin du mois d’avril 2012.
- · 8,5 % des adolescents de 15 ans consomment régulièrement de l’alcool
Les niveaux d’expérimentation d’alcool sont élevés dès l’âge de 11 ans : près de 6 élèves sur 10 sont concernés (57,7 %) Ces niveaux augmentent à 13 ans (71,7 %) et 15 ans (85,8 %). Les premières ivresses, globalement stables, concernent 5,8 % des 11 ans, 13,6 % des 13 ans et 38,1 % des 15 ans.
- · 18,9 % des jeunes de 15 ans fument quotidiennement
Alors que l’expérimentation de tabac concerne 8,8 % des élèves de 11 ans, à 13 ans, 25,4 %sont déjà concernés et plus de la moitié à 15 ans. Ces niveaux ne baissent que pour les jeunes de 13 ans mais restent stables pour les autres tranches âges.
- · L’expérimentation de cannabis débute à 13 ans, pour 6,4 % des jeunes de cet âge vs 28,0 % des ados de 15 ans. Un peu moins de 3 % de ces adolescents de 15 ans déclarent des usages réguliers de cannabis.
La diffusion des produits se développe pendant les « années collège ». Ce constat s’observe pour le tabac, les ivresses et, dans une moindre mesure, le cannabis, explique l’OFDT, avec des hausses particulièrement sensibles à partir des niveaux de 4ème et de 3ème. Ainsi, 12,7 % des élèves de 6ème ont expérimenté le tabac et 51,8 % l’ont fait à la fin du collège. Pendant la période, l’usage a donc quadruplé. Pour le cannabis aussi, les niveaux d’expérimentation inférieurs à 4 % en 6ème et 5ème, passent à 11,4 % en 4ème puis doublent en 3ème (23,9 %).Or la consommation d’alcool et de drogues à l'adolescence est de plus en plus considérée comme un indicateur de l'abus de substances plus tard, à l’âge adulte, suggère une récente étude des Archives of General Psychiatry.
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Source : OFDT - http://www.santelog.com/index.php
SOCIÉTÉ
Les adolescents en
mal de modèles ?

Si 73% des adultes sont persuadés que les adolescents peuvent se passer d’eux, 85% des jeunes déclarent avoir besoin de leurs aînés pour devenir adultes. La sacrosainte figure parentale est donc toujours d’actualité, avec 92% des ados qui vont « se reposer » sur leur mère, 74% sur leur père, alors que, contre toute attente, les amis ne seront sollicités que par 58% des jeunes. Ce sont les principaux résultats de l’enquête menée par Ipsos Santé pour le 8ème Forum Adolescences de la Fondation Pfizer.
L’étude a été réalisée auprès de 807 adolescents âgés de 15 à 18 ans et de 822 adultes de 25 ans et plus interrogés Online du 12 au 19 janvier 2012.
- 85% des jeunes ont besoin de leurs aînés pour devenir adultes et,contrairement à l’impression que peuvent avoir les adultes, parents et professeurs, la satisfaction que les adolescents expriment dans leur relation avec eux, en général, est réelle : 86% des jeunes interrogés sont contents de leur relation avec les adultes.
- 55% d’adolescents en veulent même plus et regrettent de ne pas avoir davantage d’échanges avec les adultes. Quant aux adultes, 51% d’entre eux considèrent que les adolescents pourraient leur apporter beaucoup.
- La figure parentale est nécessaire pour 92% des ados. Si 72% des adolescents interrogés considèrent que leurs parents leur apportent beaucoup en matière de valeurs, moins d’1 jeune sur 2 estime que la contribution parentale dans la transmission de confiance en soi est suffisante et 59% sont plus mitigés en ce qui concerne leur autonomie.
- 27% d’irréductibles, ou d’adolescents qui estiment ne pas avoir de modèle dans la vie. Des reproches sont exprimés comme la propension de l’entourage adulte à valoriser plus le goût de l’effort (47%) au détriment de la confiance en soi (31%). Car les ados aspirent, aussi, à transmettre à leurs futurs enfants le respect (61%), la confiance en soi (52%) et l’honnêteté (50%).
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Source : Communiqué Ipsos Santé/Fondation Pfizer
Contraception des mineures
Contraception
Des mineures
le paradoxe français

« Une gratuité de l’ensemble des moyens contraceptifs jusqu’à 18 ans ». C’est l’une des mesures phares proposées par leRapport Nisand, remis le 16 février dernier à Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative. Constat effarant : chaque année en France, près de 15 000 mineures recourent à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Pour le Pr Israël Nisand, le Dr Brigitte Letombe et la psychologue Sophie Marinopoulos, auteurs du rapport, cette situation est préoccupante. Ils interpellent donc les pouvoirs publics, et proposent des solutions concrètes.
« En matière de contraception pour les mineures, la France accuse un retard par rapport à certains de ses voisins européens » explique le Pr Israël Nisand, responsable du pôle Gynécologie-Obstétrique au CHU de Strasbourg. Or « il n’existe aucun projet de santé publique lié à la sexualité des adolescents. ».
30 millions d’euros par an
Le dossier bien sûr, renvoie à l’épineuse question des IVG chez les mineures. « La Suisse ou encore les Pays-Bas connaissent trois fois moins d’IVG que la France » s’insurge Israël Nisand. « Chaque année dans l’Hexagone, près de 90 000 IVG touchent les moins de 25 ans (15 000 rien que pour les moins de 18 ans). Et 60 000 de ces IVG seraient évitables ».
Le Pr Nisand a fait les comptes. « Une IVG coûte 500 euros à la collectivité. Cela représente environ 30 millions d’euros par an en France. Et si cet argent à l’avenir, profitait plutôt à la contraception ? »
18 propositions concrètes
« Dans notre rapport, nous émettons 18 propositions » continue-t-il. « Nous nous sommes inspirés de certains de nos voisins en Europe ». Il semble en effet, que la France nage en plein paradoxe. « L’IVG est anonyme et gratuite, tout comme la pilule du lendemain. Mais la ‘vraie’ contraception, elle, est payante. »
Les auteurs préconisent donc en particulier :
De conférer une véritable confidentialité à la contraception. « Les jeunes ne sont pas obligés de publier les bans avant d’avoir un rapport. La sexualité de tous en fait, se nourrit de l’ombre. Celle des jeunes, particulièrement » ;
La gratuité aussi, serait un atout essentiel. . « En dehors des centres de planning familial, la contraception reste payante et reste subordonnée à une autorisation des parents. Or les adolescents n’ont pas nécessairement envie que ces derniers soient au courant de leur vie sexuelle » ;
La mise en œuvre d’une véritable éducation sexuelle à l’école, délivrée par des professionnels de santé. Rappelons que la loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception, fait précisément de l’éducation sexuelle une « obligation légale tout au long du primaire et du secondaire ». Or « cette loi n’est pas appliquée. Des fédérations catholiques s’y sont opposées. Dans cette situation, le risque est de voir la pornographie faire l’éducation sexuelle de nos enfants » s’alarme Israël Nisand.
La mise en place d’un forfait contraception
Les auteurs du rapport enfin, estiment que les mineures devraient pouvoir accéder gratuitement aux méthodes contraceptives les plus modernes et les plus innovantes. Ils recommandent donc la mise en place d’un forfait-contraception librement accessible. « Pour les contraceptions innovantes ne figurant pas au tableau des produits pharmaceutiques remboursés, ce forfait pourrait être fixé à une hauteur approximative de 7 euros par mois et par mineure. Le coût annuel en serait donc de l’ordre de 80 euros », décrivent les auteurs. Lesquels bien-sûr, envisagent d’impliquer les laboratoires pharmaceutiques et l’Assurance-maladie. « Si l’Etat refuse, on saura qu’il préfère financer des IVG », surenchérit Israël Nisand. La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Mais aussi et surtout, des candidats à l’élection présidentielle…
Aller plus loin
retrouvez les 18 propositions du Rapport Nisand en version intégrale.
www.choisirsacontraception.fr/ (site du ministère de la Santé)
Parler de sexe à son ado ?
Parler de sexe à son ado ?
Difficile mais… essentiel

Beaucoup de parents appréhendent le jour où ils devront aborder l’épineux sujet du sexe avec leur ado. Pourtant, voilà bien un domaine sur lequel il est essentiel de ne pas faire l’impasse : Pour les protéger des infections sexuellement transmissibles (IST) ou encore des grossesses précoces bien sûr, mais surtout pour les aider à devenir des adultes épanouis. Sophie Marinopoulos, psychologue et co-auteur avec le Pr Israël Nisand et le Dr Brigitte Letombe du rapport sur la sexualité des ados, insiste sur l’importance du dialogue. Un dialogue qui doit être instauré très tôt avec son enfant.
« On ne se réveille pas un matin en se disant qu’on a un ado et qu’il faut lui parler de sexe pour le protéger. C’est extrêmement agressif et inadapté » comme démarche, souligne Sophie Marinopoulos. « Il faut absolument instaurer très tôt un dialogue avec les enfants, et insister en priorité sur la vie émotionnelle et affective », conseille-t-elle.
Il ne s’agit donc pas de parler de sexe à des tout-petits, mais bien d’évoquer la vie. « Racontez comment vous vous êtes rencontrés, comment ça fait d’être amoureux… Tout ceci intéresse beaucoup les enfants », poursuit-elle. Toutefois, ne devancez pas leurs questions. Ainsi le moment de l’adolescence venu, l’enfant aura pris l’habitude de dialoguer avec vous sur ses sentiments, ses difficultés éventuelles dans ses relations avec les autres. Il sera plus facile d’évoquer les questions concernant leur sexualité naissante.
Autoriser le dialogue
Pour autant, « il n’est pas question d’aborder ce sujet de façon frontale », prévient Sophie Marinopoulos. Si l’information sur la sexualité et les moyens de contraception reste la meilleure des préventions, elle doit être disponible à tout moment pour l’ado. Pour ce faire, « l’enfant doit sentir qu’il a des interlocuteurs autour de lui. Pas nécessairement ses parents, d’ailleurs », insiste-t-elle. « Ce qui est primordial, c’est de lui donner une autorisation explicite d’avoir une vie amoureuse, et d’être en mesure de communiquer à ce propos ». Par exemple, le parent peut proposer à l’ado de se rendre dans un centre de planning familial, ou lui glisser des plaquettes d’information sur ces questions.
Malheureusement aujourd’hui, les adolescents sont informés de manière très inégale. « Nous l’évoquons dans l’alerte que nous lançons dans notre rapport », souligne Sophie Marinopoulos. « Il faut absolument mettre en place l’information sexuelle à l’école. Mais aussi parler de la vie émotionnelle et affective avec les enfants, dès le primaire ». Ce dispositif permettrait ainsi « à tous les jeunes d’avoir un minimum de dialogue sur ces sujets. Cela peut prévenir un certain nombre de dangers », conclut-elle.
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Faciliter l’accès
Faciliter l’accès
Des mineures
A la contraception
Alors que 18 000 jeunes filles mineures sont tombées enceintes en 2010, seules 4 500 sont allées au bout de leur grossesse. Pour éviter les grossesses non prévues, un rapport vient d’être remis à la secrétaire d'Etat à la Jeunesse soulignant la nécessité d’une contraception gratuite et anonyme pour toutes les adolescentes mineures.
Etre enceinte à 13 ou 14 ans, ce n’est pas la normalité. Si certaines chansons, films et séries TV évoquent parfois avec idéalisme les grossesses des adolescentes, la réalité est souvent difficile pour les très jeunes mères dont certaines souffrent de précarité. Derrière le sujet des grossesses des adolescentes et celui de l’avortement, se cache avant tout un manque d’information et d’accès à une contraception adaptée.
Le paradoxe de la contraception
Forfait contraception pour mineures
L’idée est également d’offrir aux mineures des contraceptifs adaptés. "On parle toujours de la pilule, mais la plupart du temps, elle n'est pas adaptée aux gamines ; il vaut mieux leur proposer le patch, l'anneau ou l'implant, qui évitent les accidents. Malheureusement, ces nouveaux modes de contraception ne sont pas remboursés à ce jour" ajoute Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse.
Informer… dès la maternelle !
Eviter les grossesses non désirées, cela passe aussi par informer les adolescents sur la sexualité et ses conséquences. Or, selon le Professeur Nissan, "la pornographie éduque nos enfants. Près de trois garçons sur quatre et plus d’une fille sur deux ont commencé à consommer de la pornographie avant l’âge de 14 ans". En plus de maintenir la loi de 2001 sur l’information à la sexualité en milieu scolaire, le rapport suggère de dispenser des informations sur "la vie affective, émotionnelle, sentimentale et sur le respect de soi-même dans un rapport corps sexué" dès la maternelle pour que le dialogue devienne fluide et constant sur ces sujets, dès le plus jeune âge. Quant à la façon de s’adresser aux adolescents, les spécialistes s’exclament en écho "stop aux informations pures uniquement. Les jeunes ont besoin d’information mais aussi surtout de se sentir écoutés, de parler librement".
Mais face à la sexualité des adolescents ce sont aussi les parents qu’il faut aider. Ces derniers peuvent en effet éprouver des difficultés à dialoguer avec leurs enfants. Le rapport suggère alors la création de lieux d’accueil parents-enfant proposant une écoute anonyme et gratuite.
Delphine Bourdet - Février 2012
Sources :
Conférence de Presse vendredi 16 février 2012, Secrétariat d’État à la jeunesse et la vie associative.
Remise du Rapport de Monsieur Israël Nisand à Madame Jeannette Bougrab sur la contraception et l’avortement
Rapport publié aux éditions Odile Jacob sous le titre Et si on parlait de sexe à nos ados ? Pour éviter les grossesses non prévues chez les jeunes filles.
Tabac, alcool
Tabac, alcool
L’usage régulier progresse
chez les jeunes de 17 ans
Publiant les premiers résultats de l’enquête ESCAPAD 2011, l’OFDT constate qu’« une large majorité des indicateurs sur l’usage de substances psychoactives à 17 ans apparaît nettement orientée à la baisse ». La consommation régulière d’alcool et de tabac chez ces jeunes repart néanmoins à la hausse.
Dans l’attente d’analyses plus approfondies courant 2012, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dévoile les premiers résultats de son enquête ESCAPAD 2011 (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense), conduite en mars dernier et qui porte sur un échantillon de 27 402 adolescents français âgés de 17 ans. L’analyse globale de ce panel met en exergue une hausse sensible des usages fréquents de tabac et d’alcool depuis 2008. Le tabagisme quotidien progresse à cet âge (31,5 % contre 28,9 % en 2008), aussi bien chez les garçons que chez les filles. Néanmoins, « plus l’usage s’intensifie, plus il devient masculin », relève l’OFDT. Ainsi, 32,7 % des adolescents déclarent fumer chaque jour, contre 30,2 % des adolescentes. 9,6 % des garçons fument quotidiennement au moins 10 cigarettes par jour contre 5,8 % des filles.
De même, l’usage régulier d’alcool est à la hausse tous sexes confondus (10,5 % contre 8,9 % en 2008). Là encore, la consommation régulière de boissons alcoolisées – au moins 10 usages au cours des 30 derniers jours précédant l’enquête – demeure « résolument masculine » (15,2 % des garçons contre 5,6 % des filles). Bien que faible, l’usage quotidien de ce produit pour l’ensemble des adolescents de 17 ans étudiés augmente sensiblement (0,9 %, contre 0,8 % en 2008) et concerne surtout les garçons. Quant aux ivresses répétées (au moins trois par an) et régulières (au moins 10 durant l’année), elles progressent entre 2008 et 2011 respectivement de 25,6 à 27,8 % et de 8,6 à10,5 %.
Point positif, les expérimentations de tabac et d’alcool poursuivent leur baisse, dans la lignée des précédentes enquêtes. En 2011, 68,4 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà fumé une cigarette durant leur vie (contre 70,7 % en 2008) et 91 % avoir bu au moins une fois de l’alcool (contre 92,6 % en 2008). « Concernant ces deux substances, ces baisses minimes concernent à la fois les filles et les garçons même s’il faut noter, pour le tabac, une baisse plus franche parmi les garçons que parmi les filles », note l’OFDT.
Dans le domaine des drogues psychoactives illicites, les garçons de 17 ans expérimentent moins le cannabis (44 % contre 46,3 % en 2008) que les filles (38,9 % contre 37,9 %). Mais la hausse pour ces dernières n’est pas « statistiquement significative », relève l’OFDT. Les consommations ponctuelles de cannabis sont globalement en recul, qu’il s’agisse d’un usage au moins une fois dans l’année (34,6 % contre 35,9 % en 2008) ou dans le mois (22,4 % contre 24,7 %). La diminution des usages réguliers se confirme par ailleurs pour les deux sexes (6,5 % contre 7,3 % en 2008). S’agissant des autres drogues illicites, les niveaux d’expérimentation sont globalement orientés à la baisse, indique l’OFDT. Les produits les plus fréquemment testés par ces jeunes restent en 2011 les poppers (9 % contre 13,7 % en 2008), les substances à inhaler – colles, solvants, trichlo – (5,5 %, idem en 2008), les champignons hallucinogènes (3,5 %, idem en 2008), la cocaïne (3 %, contre 3,3 % en 2008), les amphétamines (2,4 % contre 2,7 %), l’ecstasy (1,9 %, contre 2,9 %), le LSD (1,3 % contre 1,2 %), l’héroïne (0,9 % contre 1,1 %) et le crack (0,8 % contre 1 %). Là encore, « les garçons sont toujours plus expérimentateurs que les filles », indique l’OFDT.
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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/
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Quel thermomètre pour votre enfant ?
Fièvre
Quel thermomètre pour votre enfant ?

Votre enfant est chaud, rouge et apathique ? La fièvre est un symptôme très courant d’infection, bactérienne ou virale. Quelle est la meilleure façon de la mesurer ? Quel appareil choisir ? Tour d’horizon des méthodes et des outils disponibles.
Il existe quatre façons de mesurer la température corporelle
par voie rectale : d’après la Société canadienne de pédiatrie (SCP), elle reste la « technique de référence chez les nourrissons ;
par voie buccale : trop imprécise, elle n’est guère recommandée chez les enfants en bas âge. Elle nécessite en effet de « tenir » le thermomètre sous la langue, sans quoi le résultat peut être faussé. Des variations peuvent aussi être constatées si la prise n’est pas réalisée à distance des repas. La température des aliments peut influencer la mesure ;
par voie axillaire : elle est couramment utilisée, mais reste « peu précise » selon la SCP ;
par voie tympanique : très rapide, elle est un excellent reflet de la température de l’organisme. L’utilisation d’embouts individuels permet de respecter l’hygiène. Mais l’étroitesse du conduit auditif ou la présence d’un épanchement tympanique peuvent empêcher son utilisation chez un enfant.
Pour tous les budgets...
Plusieurs types de thermomètres sont disponibles sur le marché. Reste, pour les parents, à choisir selon les commodités d’utilisation. Sans oublier le budget.
Les thermomètres électroniques : Leur utilisation chez les enfants pour une mesure par voie rectale constitue la méthode de référence. Un de leurs avantages consiste en une mesure quasi instantanée (quelques secondes) de la température. En plus leur prix reste abordable : entre 6 et 20 euros selon les modèles ;
Le mercure étant interdit à la vente, les anciens thermomètres à mercure sont composés aujourd’hui d’un mélange étain-indium-gallium. Ils permettent une prise par voie rectale, buccale et axillaire. Mais basée sur la dilatation du liquide sous l’effet de la chaleur, la mesure n’est parfois pas très précise. Ils ne sont d’ailleurs guère recommandés chez les enfants. Comptez de 4 à 17 euros pour ce type de thermomètre ;
Les sondes à infrarouges sont utilisées dans la prise de température par voie tympanique. Les pédiatres s’équipent souvent de ce type de matériel dont la mesure est précise. Ces appareils, plus sophistiqués, valent entre 30 et 45 euros ;
Enfin, les thermomètres à capteurs infrarouges permettent une mesure sans contact direct avec l’enfant. Il s’agit de prendre la température au niveau de l’artère temporale en tenant l’appareil à une dizaine de centimètres de son front. Pratique pour ne pas réveiller votre enfant s’il dort. Et pas forcément plus cher que le précédent : entre 30 et 50 euros le thermomètre en moyenne.
Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.
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Des aides pour se loger
Étudiants
Des aides pour se loger
La rentrée et son lot de dépenses arrivent. Les familles en savent quelque chose quand il s'agit de louer un logement près du lieu d'études. Heureusement, la plupart des étudiants ont droit à une aide au logement, sans laquelle il leur serait souvent très difficile de quitter le foyer parental.
Au moins 700.000 étudiants bénéficient d'une aide au logement. La plus souvent versée est l'ALS (Allocation de logement à caractère social) destinée aux logements non conventionnés. L'APL (Aide personnalisée au logement), versée directement au bailleur, concerne les logements qui ont fait l'objet d'une convention entre ce dernier et l'État.
Conditions de ressources. L'aide est calculée en fonction des revenus. Plus ils sont élevés moins son montant sera important. Mais précision très importante : il s'agit des revenus non pas des parents mais de l'étudiant même si celui-ci leur est rattaché fiscalement. A la Caf, doivent être simplement déclarés les salaires perçus pendant les vacances ou pendant l'année ainsi qu'éventuellement les pensions alimentaires perçues. Les bourses ne sont, en revanche, pas à déclarer. Pour bénéficier d'une aide, l'étudiant ne doit avoir aucun lien de parenté avec le propriétaire du logement.
À noter que le bail et les quittances doivent être obligatoirement libellés au nom de l'étudiant et non à celui de ses parents.
Trois zones. La France est découpée en trois zones : Ile-de-France, agglomérations de plus de 100.000 habitants et les autres agglomérations. Pour les mêmes revenus et le même loyer, le loyer-plafond pris en compte pour le calcul de l'aide est différent. C'est logiquement en Ile-de-France qu'il est le plus élevé.
Aides non cumulables. Important à savoir : les aides au logement ne sont pas cumulables avec les prestations familiales versées aux parents. Donc, si les parents perçoivent des prestations pour l'étudiant, ce dernier ne sera plus pris en compte dans leur calcul dès qu'il touchera l'ALS ou L'APL. Avec, pour conséquence, la diminution, voire la perte, de ces allocations. Il y a donc un calcul à faire avant de demander une aide au logement.
Normes. Pour bénéficier de l'ALS, le logement doit remplir un certain nombre de normes. Il doit faire au moins 9 m² si l'étudiant l'occupe seul. Question confort, il doit disposer au minimum d'une arrivée d'eau potable, d'un évier et d'un WC. Si l'appartement est meublé, sachez que la Caf ne retiendra que deux tiers du loyer pour effectuer son calcul. Des barèmes spéciaux sont par ailleurs appliqués selon qu'il s'agit de résidences universitaires classiques ou de résidences foyer.
Le cas de la colocation. En colocation, chaque personne est titulaire du contrat de location. Dans ce cas, chaque colocataire doit faire une demande d'aide au logement, avec ses revenus personnels et la part du loyer payée. Si vous vivez en couple, vous devez le signaler et ne remplir qu'une seule demande conjointe d'aide au logement: elle sera alors calculée sur la base des ressources du couple et du total du loyer net payé.
Quel montant ? Le site de la Caf (www.caf.fr) met à disposition des étudiants un simulateur pour calculer l'aide dont ils peuvent bénéficier. Ce simulateur indique, par exemple, qu'à Brest et Rennes, un étudiant non salarié, sans revenu et non boursier percevra 172,50 € pour un studio non meublé dont le loyer s'élève à 400 €. À Lannion, pour un loyer de 350 € l'aide sera de 158,40 €. À Paris, cet étudiant percevra une aide de 205,69 € pour un loyer de 700 €. Un étudiant en colocation non boursier et sans revenu et dont la part de loyer est de 250 € percevra, à Rennes et à Brest, une aide de 90,70 €.
Délais. Normalement, les dossiers sont traités dans un délai de six à huit semaines mais Il faut savoir qu'il n'y a pas de versement pour le premier mois d'occupation. L'aide est, par ailleurs, versée à terme échu: il ne faut donc attendre aucun versement avant un délai de deux mois après l'installation dans le logement.
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Dans leur rapport sur la contraception et l'avortement des jeunes filles, le professeur Israël Nisand, le docteur Brigitte Letombe (gynécologues-obstétriciens) et Sophie Marinopoulos (psychologue), mettent en évidence un paradoxe spécifique à la France. L'IVG et la contraception d’urgencesont gratuits, anonymes, alors que la contraception est payante ou remboursable par la Sécurité Sociale des parents, nécessitant donc leur autorisation. "En France, on préfère payer l'IVG plutôt que la contraception" s’exclame le gynécologue Israël Nisand.

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