Spondylarthrite
Spondylarthrite
S'éduquer pour moins souffrir
Comme pour toute maladie chronique, les patients atteints de spondylarthrite ankylosante peuvent bénéficier d'une éducation thérapeutique. Le but : les aider à mieux suivre leurs traitements, souvent très contraignants, et, in fine, à mieux vivre au quotidien. Les explications du Dr Laurent Grange, président de l'Association française de Lutte Anti-Rhumatismale (AFLAR) et rhumatologue à Grenoble.
La spondylarthrite ankylosante touche environ 0,3 à 0,7 % de la population française, soit environ 150 000 personnes. Découverte encore très tardivement, après 6 à 7 ans d'errance diagnostique, cette maladie rhumatismale affecte surtout les hommes jeunes, âgés de 20 à 30 ans.
La spondylarthrite ankylosante, une maladie incurable
Maladie chronique incurable classée en Affection Longue Durée (ALD), la spondylarthrite ankylosante se caractérise par des douleurs importantes et une perte de fonctionnalité avec enraidissement du dos, verrouillage des articulations, etc. Elle impose par conséquent des traitements lourds à prendre quotidiennement. Comme pour toute maladie chronique, l'observance de ces traitements dépend en grande partie de l'implication du patient dans la prise en charge de sa maladie.
Dans les années 1990, certains centres pionniers (Grenoble, Montpellier ou encore La Pitié-Salpêtrière et Saint-Antoine à Paris) l'ont compris et ont jeté les premières pierres de l'éducation thérapeutique en créant des écoles. Puis, la loi HPST votée en 2007 a défini un cadre législatif pour l'ensemble des maladies chroniques (ALD essentiellement mais aussi l'asthme, les maladies rares et les maladies considérées comme une priorité de santé publique par les Agences régionales de santé - ARS) afin que cette approche atteigne son objectif, à savoir une meilleure prise en charge, sur le plan médico-économique, des malades.
Au 31 mars 2011, la Société française de rhumatologie (SFR) recensait une soixantaine de programmes d'éducation thérapeutique pour les patients souffrant de rhumatisme inflammatoire chronique.
Spondylathropathie : un programme personnalisé pour chaque patient
"Si l'on considère que les patients atteints de spondylarthrite ankylosante voient leur rhumatologue tous les 3 mois environ, cela signifie que le reste du temps -soit 99,8 % du temps-, ils sont seuls face à leur traitement. Il faut donc les aider pour toutes ces fois où ils doivent prendre seuls des décisions", explique le Dr Laurent Grange. Et de citer divers exemples : "Si j'ai de la fièvre ou un zona, puis-je m'injecter mon anti-TNF ? J'ai mal, dois-je prendre du paracétamol, de la codéine, du tramadol ? J'ai les articulations gonflées et je suis cuisinier : existe-t-il des techniques pour porter les assiettes ?"
On pourrait penser que l'information du patient, délivrée par le médecin lors du diagnostic et des consultations de suivi, est suffisante. Il n'en est rien. Car à la différence de cette simple transmission de savoir, l'éducation thérapeutique prend davantage en compte le patient et ses attentes, en le remettant au coeur de la prise en charge de sa maladie ; mais surtout, elle repose sur un échange à double sens. "On a vu que remettre un document ou un formulaire sans faire de l'éducation, cela ne fonctionne pas. Il faut partir du patient pour changer son comportement et améliorer à la fois sa maladie, son observance et sa qualité de vie", affirme le président de l'AFLAR.
Certains n'en éprouvent cependant pas le besoin ou n'adhèrent pas au concept : ceux-ci se contentent alors de la première étape du programme d'éducation thérapeutique, le diagnostic éducatif personnalisé, réalisé à l'issue d'un entretien en face-face de 30 à 60 minutes, qui vise à définir ce que le patient connaît de sa maladie, des traitements, à déterminer ses attentes et à faire ressortir d'éventuels problèmes. Pour les autres, cette première étape est un préliminaire aux trois autres :
- l'élaboration d'un programme personnalisé ;
- la mise en application de ce programme en individuel ou collectif ;
- la validation des acquis à l'issue du programme.
Au CHU de Grenoble, les patients doivent en plus signer des contrats pédagogiques, à travers lesquels ils s'engagent à participer à des modules (par exemple la consultation d'ergothérapie, l'injection sous-cutanée, etc.).
L'éducation thérapeutique face à la spondylarthrite ankylosante
La finalité de cette démarche est l'acquisition des compétences minimales de sécurité que sont les gestes techniques d'auto-soins, et des compétences d'adaptation. Si l'on s'en réfère à la définition de la HAS, "l’éducation thérapeutique du patient permet par exemple au patient de soulager ses symptômes, de prendre en compte les résultats d’une auto-surveillance, d’une auto-mesure, de réaliser des gestes techniques [injection d'anti-TNF, ndlr], d’adapter des doses de médicaments. Elle contribue également à permettre au patient de mieux se connaître, de gagner en confiance en lui, de prendre des décisions et de résoudre des problèmes, de se fixer des buts à atteindre et de faire des choix."
Engagée dans cette démarche d'amélioration de la qualité de vie des patients souffrant de maladies rhumatismales, la Société française de rhumatologie (SFR) propose plusieurs outils à cet effet : Edubio, un jeu de 7 familles créé par l'équipe grenobloise et qui permet d'améliorer le niveau de connaissances des patients sur les biothérapies, ou encore la Mallette spondylarthrite, qui contient des jeux reprenant l'ensemble des aspects de la vie du patient. Ces jeux sont disponibles dans les centres proposant de l'éducation thérapeutique aux patients souffrant de spondylarthrite ankylosante.
D'après le Dr Grange, les études réalisées sur le sujet montrent que l'immense majorité des patients (98 %) sont satisfaits de l'éducation thérapeutique, "car ils sont au centre du dispositif, on s'occupe d'eux". "Globalement, poursuit-il, on observe un retentissement positif sur l'observance thérapeutique et sur la prise en charge globale du patient, mais on a besoin d'outils pour l'objectiver". Seules des études médico-économiques prouvant l'efficacité de la démarche pourraient en effet convaincre les autorités sanitaires de déployer davantage l'éducation thérapeutique afin que chaque centre prenant en charge des malades soit en mesure de leur offrir une telle approche. Des résultats sont attendus très prochainement.
Amélie Pelletier, 23 septembre 2011.
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Sources : Interview du Dr Laurent Grange, président de l'Association française de Lutte Anti-Rhumatismale (AFLAR) et rhumatologue à Grenoble, le 23 septembre 2011.
Autres sources :
1. Interview du Dr Laurent Grange au congrès 2009 de la SFR (vidéo disponible sur le site de la SFR)
2. L'éducation thérapeutique du patient en 15 questions-réponses, HAS (téléchargeable sur son site).
Source : http://www.doctissimo.fr/
A la recherche d’un nouveau traitement pour la spondylarthrite ankylosante
A la recherche d’un nouveau traitement pour la spondylarthrite ankylosante
La spondylarthrite ankylosante (SA) est une maladie rhumatismale chronique touchant principalement le rachis et les articulations sacro-iliaques. Seuls les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les anti TNF α ont prouvé leur efficacité pour le traitement des manifestations axiales de la SA. Les DMARDs (Disease Modifying Anti Rheumatic Drugs) ne font pas partie de la prise en charge de la SA à forme axiale.
Parmi les malades atteints de SA traités avec des inhibiteurs du TNF α, environ la moitié ont une amélioration de 50 % de l’activité de la maladie (indice BASDAI). Chez les patients non ou peu répondeurs, disposer d’un autre traitement s’avèrerait utile.
Les études en histologie et IRM suggèrent que le site primaire de l'inflammation dans la SA est l’interface cartilage /os. Les infiltrats de cellules mononucléaires sont trouvées principalement dans le cartilage et l'os sous-chondral. En cas de sacro-iliite active précoce, les cellules T et les macrophages sont dominants dans ces infiltrats, suggérant une réponse immunitaire cellulaire spécifique.
Une preuve supplémentaire du rôle des cellules T dans la pathogenèse de la SA est son association bien connue avec le complexe majeur d'histocompatibilité (HLA)-B27.
L’abatacept est un modulateur sélectif de la co-stimulation des lymphocytes T. Il agit en se fixant aux molécules CD80 et CD86 des cellules présentatrices d’antigènes, les empêchant d'interagir avec les CD28, exprimés à la surface des lymphocytes T. Il fait d’ores et déjà partie de l’arsenal thérapeutique de la polyarthrite rhumatoïde.
Plusieurs études de cas ont rapporté des résultats contradictoires quant à l'efficacité de l'abatacept chez des malades souffrant de SA.
Les auteurs de ce travail ont entrepris une étude pilote ouverte prospective pour évaluer l’intérêt de cette molécule dans la SA. L'abatacept (10 mg / kg) a été administré par voie intraveineuse aux jours 1, 15, 29 puis tous les 28 jours jusqu'à la semaine 24 chez 15 malades naïfs de traitements par anti TNF α (groupe 1) et chez 15 malades ayant une SA active avec réponse inadéquate aux anti TNF α (groupe 2). Le critère principal d’évaluation était la proportion de malades ayant une amélioration de 40 % selon les critères ASAS dans les deux groupes à la semaine 24 (ASAS 40).
A la semaine 24, l’ASAS 40 a été atteint par 13 % des sujets du groupe 1 et 0 % de ceux du groupe 2. Une amélioration de 20 % (ASAS 20) a été obtenue chez 27 % et 20 % des malades respectivement. Il n'y avait pas de changement significatif du BASDAI, de l'évaluation globale du malade ou du taux de protéine C réactive. L’abatacept a été bien toléré.
L’essai n’a pas mis en évidence de réponse majeure.Cependant, notons un certains nombre de limitations : le nombre de malades est restreint, la durée du traitement ne dépasse pas 6 mois, il n’y a pas de comparaison de doses et l’étude est ouverte.
Dr Juliette Lasoudris Llaloux
Song IH et coll. : Treatment of active ankylosing spondylitis with abatacept: an open-label, 24-week pilot study. Ann Rheum Dis., 2011; 70: 1108-1110
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un mal de dos pas comme les autres
La spondylarthrite
Un mal de dos pas comme les autres
Près de 200 000 Français souffrent de spondylarthrite ankylosante. Caractérisé notamment par des douleurs lombaires et au niveau des fesses, ce rhumatisme inflammatoire chronique est loin d’être une maladie rare… Pourtant bien souvent, les patients banalisent leur mal de dos. Ce qui retarde le diagnostic… et donc la prise en charge. Comment reconnaître les premiers signes d’une spondylarthrite, quand consulter ? Le Pr Pascal Claudepierre, rhumatologue au CHU Henri Mondor de Créteil, nous explique les raisons qui doivent amener à prendre rendez-vous chez le médecin.
« Une douleur diffuse au niveau du dos depuis plusieurs semaines, c’est-à-dire aux lombaires et aux dorsales, doit attirer l’attention », précise-t-il. Mais c’est aussi le cas quand on éprouve « une douleur en haut des fesses ».
D’autres symptômes bien spécifiques permettent au médecin de poser le diagnostic. « Si les patients sont réveillés par ce mal de dos en deuxième partie de nuit, s’ils ressentent une raideur au réveil, comme s’ils se sentaient rouillés, nous sommes quasi certains qu’il s’agit d’une spondylarthrite ». Ce sont en quelque sorte « les maîtres symptômes de la maladie ».
En dehors de ces douleurs, d’autres signes doivent alerter. « Les douleurs au talon sont fréquentes » explique le Pr Pascal Claudepierre. « Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, un psoriasis ou des inflammations de l’œil, comme les uvéites doivent également être surveillés ». Malgré un tableau clinique bien connu en effet, il s’écoule parfois 7 à 10 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic.
Les patients éprouvent aussi une fatigue plus ou moins importante en cours de journée. Elle est trop facilement imputée au manque de sommeil et aux réveils nocturnes, alors qu’elle résulte en fait du « caractère inflammatoire » de la maladie. La spondylarthrite touche généralement de jeunes patients, les premiers signes apparaissant entre 20 et 40 ans. En effet confirme le Pr Claudepierre. « l’âge moyen est de 25-26 ans, c’est vraiment une maladie du sujet jeune. » Pour davantage d’informations sur la maladie, contactez l’Association France spondylarthrites (AFS) au 05 55 21 61 49 ou par mail à info@spondylarthrite.org. Vous pouvez également consulter le site www.spondylarthrite.org/.

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LES SPONDYLARTHRITES
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Pr PASCAL CLAUDEPIERRE SERVICE DE RHUMATOLOGIE, HÔPITAL HENRI-MONDOR, CRÉTEIL (94) Source Site réservé aux abonnés | |
La Spondylarthrite Ankylosante ? BROCHURE
La Spondylarthrite Ankylosante ?
Il faut bouger!"
L'association Polyarthrite, en collaboration avec le docteur François Robert, rhumatologue et Poortmans Bernard, kinésithérapeute , vient d'éditer un livre spécialement conçu pour les patients spondylarthritiques.
Ce livre est illustré de photos et vous montre les différents exercices possibles en fonction des groupes musculaires. Chacun y trouvera certainement son bonheur.
Ne perdez jamais de vu que ces exercices, recommandés par la plupart des médecins et kinésithérapeutes, ont une importance capitale dans l'amélioration au quotidien et le confort du patient atteint de spondylarthrite.
Pratiquez régulièrement ces exercices et vous constaterez qu'en peu de temps, vous ferez d'énormes progrès dans votre souplesse.
Maintenant "l'atteinte" de chacun est différente, et nous sommes bien conscients que certains patients déjà fort avancés dans leur ankylose ne pourront peut être pas réaliser tous les exercices.
Brochure « Spondylarthrite Ankylosante ? Il faut bouger ! »
Prix : 7 euros (frais de port compris) à verser sur le compte du Fonds de Recherche Association Polyarthrite n° 827- 0851601-34.
Elle sera envoyée dans les 10 jours après réception du paiement (Communication : brochure exercices SA).
Gratuite pour les membres de l’Association Polyarthrite
Télécharger la brochure PDF ici
La spondylarthrite ankylosante
La spondylarthrite ankylosante
pelvispondylite rhumatismale
spondylose rhizomélique
Qu'est-ce que c'est ?
C'est une maladie inflammatoire chronique qui touche le rachis et les articulations sacro-iliaques. Deuxième des grands rhumatismes inflammatoires chroniques par sa fréquence et sa gravité, elle est quand même dix fois moins fréquente que la polyarthrite rhumatoïde et n'atteint que 0,1 à 0,2 % de la population. Elle représente 85% des rhumatismes des hommes de moins de 30 ans.
Le sujet présente dans 90 % des cas l'antigène HLA B27.
Dans 10 à 20% des cas, la maladie est associée à une autre affection
- Un syndrome oculo-urétro-synovial (OUS) ;
- Une maladie intestinale chronique ;
- Un rhumatisme psoriasique...
Les signes de la maladie
La spondylarthrite ankylosante débute entre 20 et 40 ans par des douleurs au bas des reins (lombalgies) ou des douleurs dans les fesses dans la moitié des cas. Ces douleurs ne sont pas calmées par le repos mais au contraire sont plus importantes la nuit et le matin au réveil. Elles résistent à l'aspirine.
D'autres fois, les symptômes révélateurs sont
- Une sciatique ;
- Des douleurs rachidiennes ;
- Une arthrite périphérique ;
- Une douleur inflammatoire du talon.
- L'arthrite sacro-iliaque est constante : ce sont des douleurs fessières irradiant vers l'arrière des cuisses et pouvant simuler des douleurs de sciatique.
- Les douleurs lombaires sont fréquentes, accompagnées de raideur surtout matinale, ainsi que les douleurs thoraciques. L'articulation manubri-sternale est douloureuse. Des douleurs du cou sont possibles. Si les hanches sont souvent touchées, toutes les articulations peuvent être atteintes y compris les doigts et les orteils qui sont gonflés.
Les autres signes sont
- Une iritis ou uvéite antérieure (oeil rouge douloureux non larmoyant soulagé par les corticoïdes) ;
- Une urétrite non gonococcique (ou une cervicite chez la femme) ;
- Une diarrhée aiguë contemporaine de l'arthrite ;
- Une sacro-iléite à la radiographie ;
- La présence de l'antigène HLA B27 ;
- L'amélioration remarquable des douleurs par les AINS.
- Une insuffisance aortique peut être associée.
Evolution de la maladie
La maladie évolue par poussées. La spondylarthrite ankylosante bloque progressivement les articulations du bas du dos. Dans les cas les plus sévères, elle va jusqu'à souder la colonne vertébrale en un seul bloc. L'évolution se fait en 10 à 20 ans par poussées qui touchent successivement toutes les articulations.
Examens et analyses complémentaires
La radiologie montre des images d'arthrites.
Les lésions sacro-iliaques sont typiques : élargissement de l'interligne, flou articulaire...
Les lésions rachidiennes débutent à la charnière dorsolombaire. Il existe des images d'ossification intervertébrale (syndesmophytes) et une calcification des ligaments intervertébraux. Au maximum est réalisée l'image radiologique de "colonne de bambou".
Sur le plan biologique, la vitesse de sédimentation est accélérée pendant les poussées.
L'antigène HLA B27 est retrouvé dans 90 % des cas.
Diagnostic différentiel
- Le mal de Pott ;
- La polyarthrite rhumatoïde ;
- La sacro-coxalgie ;
- Les spondylodiscites ;
- la brucellose ;
- L'épiphysite vertébrale…
Traitement
- Le traitement repose sur le repos, la rééducation fonctionnelle et les médicaments:
- Le repos est indispensable, en particulier au moment des poussées.
- La kinésithérapie active avec gymnastique respiratoire et posturale est également très importante pour éviter des déformations.
- Les médicaments sont déterminants dans le traitement de la crise et éventuellement dans le traitement de fond de la maladie.
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont utilisés en première ligne lors des poussées.
- Une association antalgique de paracétamol et de dextropropoxyphène est parfois prescrite en complément lorsque les AINS seuls sont insuffisants pour réduire la douleur due à l'inflammation.
- Un traitement local sous forme d'infiltration (injection intra-articulaire) de corticoïdes ou une synovitorthèse (injection intra-articulaire de substances chimiques visant à détruire la membrane synoviale enflammée) sont aussi parfois pratiqués.
- Dans certains cas (cas très sévères ou pathologie associée : psoriasis, rectocolite hémorragique, etc.) un traitement de fond peut être prescrit. Il est basé sur la prise de salazopyrine ou de méthotrexate ou d'azathioprine ou de ciclosporine.
- Pour les formes de la maladie qui sont très déformantes et ankylosantes, un recours à la chirurgie orthopédique peut s'avérer nécessaire.
Auteurs : :Dr Lyonel Rossant, Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso.
Les articulations en souffrance
Les articulations en souffrance
Associée à diverses maladies, l'arthrite est une inflammation des articulations. Définition, symptômes, causes, traitements et prévention.
D'après les personnes touchées, l'arthrite se manifeste au début par une gêne articulaire à laquelle on ne prête pas forcément attention. Puis, au fur et à mesure que la maladie gagne du terrain, certaines activités comme la marche ou la conduite peuvent devenir très douloureuses voire impossibles. Genoux, doigts, hanche ou même colonne vertébrale: l'arthrite s'attaque à toutes les articulations. Elle frappe également toutes les catégories d'âge; les personnes âgées ne constituent pas la seule population à risque.
Pour nous en dire plus sur cette maladie, nous avons interrogé le docteur Pierre-Alain Buchard, spécialiste en rhumatologie à la Clinique romande de réadaptation de Sion.
Quelle est votre définition de l'arthrite?
Une articulation correspond à la zone de jonction entre deux os. Il en existe différents types, classés selon leur mobilité et selon les cartilages qui les constituent. Lorsqu'une articulation est enflammée, on parle d'arthrite. En médecine, le suffixe -ite désigne une inflammation: une arthrite est donc l'atteinte inflammatoire d'une articulation.
Existe-t-il différentes formes d'arthrite?
Oui, il en existe des formes innombrables; la classification est devenue plus compliquée à mesure que la médecine progressait. On classe les arthrites en fonction de leur origine, connue ou présumée. Une arthrite peut résulter d'un trouble métabolique: l'exemple le plus courant est celui de la goutte qui est liée à un excès d'acide urique. Une arthrite peut être d'origine infectieuse, le germe se situant soit dans l'articulation elle-même, soit à distance, par exemple dans l'intestin: on parle alors d'arthrite réactionnelle. Enfin, l'arthrite peut être induite par des phénomènes immunologiques complexes, le patient développant des anticorps contre ses propres organes. L'arthrite ne constitue dans ce cas que l'une des facettes d'une maladie qui peut toucher en parallèle la peau, les reins, les poumons, etc. On parle alors de maladie systémique.
Quelles sont les articulations les plus touchées?
Ce sont les articulations périphériques, c'est-à-dire celles des membres, qui motivent le plus de consultations. Elles sont bordées d'une membrane qui, lorsqu'elle est irritée, peut enfler et sécréter un liquide dit synovial. Cependant, toutes les articulations peuvent être touchées, y compris celles de la colonne vertébrale et de la paroi thoracique. Le patient peut se présenter avec une seule articulation atteinte; on parle alors de monoarthrite. Certaines localisations sont typiques d'un diagnostic: l'atteinte du gros orteil est par exemple spécifique de la goutte. Lorsque plusieurs articulations sont touchées simultanément, on parle soit d'oligoarthrite (4 articulations ou moins), soit de polyarthrite (plus de 4). L'atteinte peut être soit symétrique, comme les petites articulations des doigts dans la polyarthrite rhumatoïde, soit asymétrique (un genou d'un côté, une cheville de l'autre) comme dans l'arthrite associée au psoriasis.
Quels sont les principaux symptômes de l'arthrite?
La douleur en est la principale manifestation, mais elle n'est pas suffisante. D'autres signes sont nécessaires pour qu'on puisse parler d'arthrite: un gonflement, une rougeur, la chaleur ou une limitation de la mobilité.
La définition de l'arthrite comporte donc un aspect subjectif, la douleur, et des signes objectifs, constatables par un médecin. Si la douleur est le seul symptôme présent, on parle d'arthralgie. L'état douloureux diffus, qu'on appelait autrefois fibrosite, a vu son appellation transformée en fibromyalgie parce qu'on n'observe pas d'inflammation dans ce cas. L'arthrite doit également être distinguée d'autres formes d'atteinte articulaire résultant d'un traumatisme par exemple, ou d'une usure comme l'arthrose.
Quelles sont les causes de l'arthrite?
Si la médecine a accompli d'énormes progrès dans la compréhension des mécanismes qui déclenchent l'arthrite, les causes précises restent souvent inconnues. Un principe est simple: plus l'arthrite est aiguë, plus l'on a de chance d'en découvrir l'origine. C'est le cas des arthrites microcristallines: l'acide urique par exemple se trouve sous forme soluble dans le corps. Dans différentes circonstances, son taux atteint un seuil de saturation et l'acide urique précipite, c'est-à-dire qu'il forme des cristaux qui eux-mêmes provoquent l'arthrite.
Au-delà de six semaines, on parle d'arthrite chronique et dans la plupart des cas, l'origine n'est pas élucidée. On doit alors se contenter de classer l'arthrite, ce qui est très utile pour décider du traitement. C'est par exemple le cas de la polyarthrite rhumatoïde, une maladie fréquente dont on ne connaît pas la cause exacte mais qu'on a appris malgré tout à traiter.
Existe-t-il des personnes à risque, respectivement des prédispositions génétiques ou autres?
Dans l'esprit de beaucoup de gens, l'arthrite est réservée aux personnes âgées. En réalité, l'arthrite touche toutes les catégories d'âge: avant 16 ans, on parle d'arthrite juvénile.
De nombreux indices permettent de penser que des facteurs génétiques interviennent dans le développement de l'arthrite: l'inégalité de répartition selon la race ou le sexe, l'association de l'arthrite à des maladies génétiques bien répertoriées comme l'hémochromatose. Le meilleur exemple d'association d'une maladie rhumatismale à un gène précis est la spondylarthrite ankylosante, (appelée maladie de Bechterew en Suisse). La découverte de cette association remonte aux années 70: le gène en question, le HLA B27, ne déclenche pas forcément une arthrite; il est très répandu dans la population générale. Aussi, si son identification a un certain intérêt sur le plan diagnostic lorsqu'il existe un doute, son dépistage n'en revêt aucun chez des sujets asymptomatiques.
Quelles sont ses conséquences ?
Là encore, les conséquences dépendent du type d'arthrite. La crise de goutte guérit la plupart du temps en quelques jours sans laisser de séquelles. La destruction articulaire est l'apanage des maladies chroniques, comme la polyarthrite. A long terme, l'arthrite, quelle qu'en soit la forme, peut engendrer des handicaps considérables: l'enraidissement des membres ou du rachis peuvent limiter la mobilité et l'autonomie dans les activités les plus simples. On rencontre maintenant de moins en moins de rhumatisme déformant, vraisemblablement grâce aux traitements efficaces dont on dispose depuis quelques années.
Quels sont ces traitements? Deux révolutions thérapeutiques ont transformé la prise en soins de l'arthrite. Dès 1950, la cortisone a permis de soulager les patients comme jamais auparavant. Hélas, son efficacité est transitoire et son utilisation sur la durée se complique de nombreux effets indésirables. C'est pourquoi la cortisone a si mauvaise presse dans la population. Administrée à basse dose ou dans des situations aiguës, elle est bien tolérée. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont évidemment des médicaments de première ligne, mais souvent dépassés lorsque la maladie devient chronique.
Dans le registre des traitements de fond, on a dû pendant longtemps se contenter de médicaments développés dans d'autres domaines de la médecine et qui ont montré par hasard une efficacité dans l'arthrite: le modèle en est le méthotrexate, utilisé initialement dans la chimiothérapie anti-cancéreuse, et qui s'est imposé de façon empirique en rhumatologie.
A l'aube des années 2000 sont apparus les traitements dits biologiques qui ont transformé la vie et le pronostic des patients. Il s'agit de molécules complexes qui bloquent une des étapes du processus inflammatoire. Leur mode de fabrication fait appel non plus à la chimie mais au génie génétique. Pour cette raison, leur coût est très élevé (plus de 20 000 francs par an et par patient) et leur utilisation est réservée aux formes les plus graves.
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Une louve fibropensive & fibropoésies
http://symphoniedesmots.
la spondylarthrite ankylosante
Rhumatismes : comment se manifeste la spondylarthrite ankylosante ?

Des douleurs chroniques rhumatismales inflammatoires dans le bas du dos chez un adulte jeune d'une trentaine d'années doivent faire penser à une spondylarthrite ankylosante. Quels sont les symptômes caractéristiques de cette maladie et les conseils d'hygiène de vie
La spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale inflammatoire de la colonne vertébrale
et du bassin. Elle touche deux fois plus les hommes que les femmes et
préférentiellement des adultes jeunes, souvent avant l'âge de 30 ans.
Elle est liée à la présence d'un gène, faisant de cette maladie une
pathologie héréditaire dans 90% des cas.
Quelles sont les principales manifestations de la spondylarthrite ankylosante ?
Plusieurs types de symptômes s'associent :
- Une douleur chronique inflammatoire dans le bas du dos. Cette douleur
peut survenir d'un seul côté ou des deux côtés du dos, voire irradier à
l'arrière des cuisses. Elle est généralement calmée par l'activité et
accentuée par le repos. Elle survient classiquement dans la 2e partie
de la nuit et réveille le patient.
- Des talalgies ou douleurs dans les talons. Là encore, elles sont accentuées par le repos.
- Un enraidissement articulaire du rachis et de la colonne vertébrale, qui tend à s'étendre à d'autres articulations,
notamment au niveau des membres inférieurs, et qui est à l'origine des
difficultés matinales de type déverrouillage articulaire matinal.
- La maladie peut aussi toucher de nombreux autres organes et se manifester par une uvéite (œil rouge), un psoriasis, une maladie inflammatoire des intestins (dont la maladie de Crohn), des affections cardiaques, etc.
Le traitement de première intention repose sur la prescription d'anti-inflammatoires et d'immunomodulateurs TNF alpha. L'activité physique est ensuite recommandée afin de lutter contre les douleurs et les enraidissements : gymnastique, kinésithérapie…
Par ailleurs, il existe des conseils d'hygiène de vie qu'il est préférable de respecter.
Conseils d'hygiène de vie
Eviter l'humidité.
Ne pas porter de charges lourdes.
Eviter la surcharge de travail.
Eviter les postes de travail avec station prolongée.
Eviter les oreillers volumineux.
Eviter les sièges bas.
Lors du repos, sur le canapé ou au lit, ne pas adopter la position sur le côté ou en chien de fusil.
Alternez les positions couchées, à plat ventre et à plat sur le dos.
Pratiquer
plusieurs fois par jour les postures enseignées par le kinésithérapeute
favorisant les positions en extension du corps et la mobilisation des
articulations ankylosées.
FMC le Quotidien du médecin, 16 mars 2009 ; Mc Veigh C. et coll., BMJ, 333 : 581-5, 2006 ; Braun J. et coll., Lancet, 369 : 1379-90, 2007.
Pour en savoir plus
Fédération nationale des associations contre la spondylarthrite ankylosante et les spondylarthropathies : acsac.france.free.fr
Association française des spondylarthritiques : www.spondylarthrite.org
Association de lutte contre les spondylarthropathies : asso.orpha.net
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