Crise suicidaire
Crise suicidaire
Crise suicidaire : De quoi parle-t-on ?
La crise suicidaire se définit comme une crise psychique majeure au cours de laquelle un passage à l'acte suicidaire est élevé. Cette crise suicidaire est caractérisée par une insuffisance des moyens de défense de la personne, qui la place en souffrance aiguë et en rupture d'équilibre relationnelle avec elle-même et son environnement. Cette crise suicidaire est réversible et temporaire ; elle dure de 6 à 8 semaines, mais en sortir ne veut pas dire que le risque suicidaire s’annule. Ce qui justifie une prise en charge ferme, rapide et de durée adaptée.
Quels sont les risques et les enjeux sanitaires de la crise suicidaire ?
Le principal risque d'une crise suicidaire est par définition le passage à l'acte réussi, donc le décès. Le suicide est la première cause de décès chez l’homme de 25-44 ans. Il s’agit également de la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans. Si les suicides de jeunes ont presque diminué de moitié entre 1993 et 2005, il reste cependant beaucoup de progrès à accomplir, d’après le Plan national d’actions contre le suicide (PNAS- 2011-2014). La mortalité par suicide reste très élevée en détention. Les détenus se suicident 6 fois plus que les hommes libres âgés de 15 à 59 ans. Après une baisse au début de la décennie, le nombre de décès par suicide tend à augmenter (109 en 2008 à 115 en 2009) toujours selon le PNAS- 2011-2014. Ce plan donne les informations les plus actuelles sur ce sujet.
En France, chaque année, plus de 10 000 personnes décèdent par suicide, soit environ 16 personnes sur 100 000, la France est en Europe parmi les pays à taux de mortalité élevé. Si le nombre de décès par suicide est connu grâce au CepiDC de l’Inserm avec toutefois une imprécision due à la sous-déclaration estimée à 20%, il n’en est pas de même des tentatives de suicide (TS). En effet, le nombre de tentatives de suicide fait encore l’objet d’estimations peu précises. En 2006, la Drees estime à environ 195 000 TS donnant lieu à un contact avec le système de soin chaque année. Par ailleurs, 10 660 décès ont été répertoriés dont 7.940 pour les hommes et 2.720 pour les femmes. Ces chiffres sont sans doute sous-évalués du fait du silence qui entoure ces drames, de 10 à 20% ce qui porterait le nombre effectif de suicides annuels jusqu’à 13.000.
Certaines tentatives de suicide liées aux blessures par armes à feu ne sont pas toujours recensées comme tentatives de suicide. Leur dépistage revêt une importance considérable puisque la tentative de suicide (TS) est le plus important des facteurs de risque de suicide connus. On estime le taux de mortalité des suicidants à 10 à 15 % ; près de la moitié des suicidés ont fait une ou plusieurs TS avant leur décès (Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014).
Quels sont les mécanismes de la crise suicidaire ?
Les caractéristiques des personnes ayant eu des pensées suicidaires ou fait une ou des tentatives de suicide sont surtout connues par des enquêtes déclaratives en population générale, par exemple le Baromètre santé de l’INPES. Toutefois le profil génétique est un facteur important. Dans une étude de Kohli et coll. (Archives of general psychiatry, 2010) trois mini-variations (sans mutation vraie) du gène du récepteur au facteur neurotrophe cérébral (BDNF) influent profondément sur le risque suicidaire au cours de la vie. Les personnes cumulant trois variations particulières de ce gène du récepteur ont 4,5 fois plus de risque de faire une tentative de suicide. Parce qu’ils sont moins sensibles aux molécules de restauration neuronale après agression : ils « cicatrisent » moins bien.
Les troubles psychiques observés à l’âge de 8 ans ne prédisent pas le risque de suicide ultérieur (l’adolescence) dans une vaste étude finnoise ( Sourander et coll. Finnish birth 1981 cohorte Study, Archives of general psychiatry, 2009) du moins chez les filles. Le surrisque observé de TS chez les garçons dépend des troubles psychopathologiques en général et des conduites à risques, pas des signes dépressifs en soi. Ce qui conforte l’importance d’un dépistage précoce du mal-être pour une prise en charge efficace et durable.
La crise suicidaire est caractérisée par trois critères : le sentiment d'échec total de sa vie, l’impossibilité d’échapper à cette impasse sauf par la mort, et une capacité d’agir préservée (activisme sous pression - impulsivité).
Les idées suicidaires envahissent progressivement l’individu jusqu'à éventuel passage à l'acte. Attention, le suicide est un mode de sortie de cette crise parmi d’autres : dans le pire des cas, le suicidant sacrifie ses proches avec lui. Il peut choisir une addiction- intoxication aiguë, ou une mort plus symbolique. Au mieux, il recherche des aides médicales et affectives, des conditions heureuses pour récupérer un élan vital soutenu. Il est fréquent que le suicidaire ait demandé de l’aide, clairement mais en quelques mots seulement, quelques jours avant son acte.
Comment se manifeste la crise suicidaire ?
Le repérage de la crise suicidaire s'appuie sur différentes manifestations : idées suicidaires clairement exprimées, divers symptômes physiques comme une fatigue, de la tristesse, de l'anxiété, des pleurs, des troubles du sommeil, une perte du goût des bonnes choses habituelles...
S'y associent un sentiment d'inutilité, une mauvaise image de soi, des ruminations mentales, des troubles de la mémoire, un isolement ou repli.
A un stade ultérieur, la crise suicidaire montre des comportements inquiétants comme le désespoir, une souffrance psychique intense, un goût morbide prononcé. Une accalmie suspecte, un comportement de départ sont des signes de très haut risque de passage à l’acte. Ils peuvent signifier le calme de la décision prise et organisée qui soulage la tension mentale.
Ce risque n'est pas toujours facile à évaluer tant sa symptomatologie (l'ensemble des symptômes) est fonction de la personnalité du sujet, des pathologies associées et des conditions d'observation. Dans le doute, il faut toujours demander un consultation ciblée au médecin traitant, ou à un spécialiste neuropsychiatre.
Avec quoi ne faut-il pas confondre une crise suicidaire ?
La crise suicidaire se confond parfois avec une dépression sévère dont les symptômes sont proches. La maladie psychiatrique appelée mélancolie s'exprime par des signes dépressifs très sévères et un risque de passage à l'acte suicidaire très élevé. Enfin les troubles bipolaires, lors de la phase dépressive, comportent aussi un risque élevé de passage à l'acte suicidaire.
A quel moment consulter ?
Très vite et au moindre doute ! Le repérage de l'état de crise suicidaire et sa prise en charge psychologique précoce et urgente est le meilleur moyen d’éviter le passage à l'acte.
Dans un contexte de vulnérabilité comme un alcoolisme, une toxicomanie, des antécédents familiaux de suicide, des évènements de vie douloureux comme un deuil récent, un échec personnel, il est préférable de consulter car ces facteurs dramatiques précipitent la crise suicidaire si elle est en gestation mentale, et le probable passage à l'acte.
Enfin un changement brutal par rapport au comportement habituel doit alerter l'entourage et faire consulter. En sachant insister et en montrant par là l’affection et l’intérêt qu’on porte à son proche.
Comment préparer la consultation avec le médecin ?
Il faut noter le plus précisément possible le contexte de la crise suicidaire, les symptômes d'alerte, les antécédents personnels et familiaux, la biographie avec les évènements de vie douloureux. Un membre de l'entourage peut accompagner le sujet souffrant (qui apprécie plus souvent cette sollicitude qu’on ne l’imagine) en consultant, mais celle-ci doit se faire seule avec le médecin si le patient ou l’accompagnant le désirent.
Que fait le médecin ?
Il interroge le patient (et l’accompagnant éventuel) pour comprendre le contexte et évaluer le risque suicidaire. L’examen du patient permet d’éliminer une cause organique manifeste (douleur chronique, pathologie cérébrale sous-jacente, trouble métabolique). Il demande éventuellement un bilan biologique (prise de sang).
S'il s'agit effectivement d'une crise suicidaire, l'hospitalisation spécialisée est préférable pour l’instauration d’un traitement médicamenteux et psychothérapique énergique et adapté.
Après la crise, une ou des interventions psychothérapiques sont possibles après la consultation ou l'hospitalisation ainsi que la prescription médicamenteuse nécessaire (anxiété, insomnie, et/ou la dépression).
Y a-t-il une prévention possible ?
La seule prévention possible du désir d’en finir avec la vie est d'éviter de se la rendre infernale ! Eviter d'accumuler les problèmes, demander de l'aide à son entourage ou à un psychothérapeute avant de se retrouver dans une impasse.
La dépression chronique doit être dépistée et traiter précocement. Enfin l'entourage familial et/ou amical solidaires est un facteur protecteur incontestable. Le sentiment d'être compris et reconnu dans sa douleur réduit l’ampleur de la crise suicidaire mais ne l’annule pas. Ce qui ne change donc pas la nécessité d’une prise en charge médicale du problème.
Dr Sophie Duméry
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Source : http://www.santepratique.fr/
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Suicides en France
Suicides en France
Des chiffres inquiétants
Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié ce matin, le suicide reste une cause majeure de mortalité en France. A tel point qu’il y est à l’origine d’un décès sur 50, soit environ 10 000 décès chaque année.
Les rédacteurs du Bulletin s’intéressent en premier lieu aux pensées suicidaires. Pour cela, ils ont repris les résultats d’une enquête de grande envergure, menée par l’Institut national de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) en 2010 auprès de 27 000 personnes. Résultat : 3,9% des interrogés ont songé au suicide au moins une fois durant l’année précédente. Il semble par ailleurs que ces pensées suicidaires soient plus fréquentes parmi les 45/54 ans ; hommes et femmes confondus.
Pour autant, ces dernières auraient davantage tendance à passer à l’acte. Au cours de ce travail, 7,6% des femmes ont déclaré avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours ! Soit une sur treize, contre 3,2% des hommes. Au total, 90 000 hospitalisations sont également recensées chaque année en France. Soit tout de même, 10 admissions en milieu hospitalier à chaque heure !
De la tentative au suicide proprement dit, il y a toutefois un autre pas. Et cette fois, ce sont les hommes qui occupent le haut des statistiques. Ainsi les trois quarts des décès par suicide concernent-ils des hommes
Violences, solitude, chômage
En matière de tentatives de suicide, les principaux facteurs de risque sont connus : les violences subies - qu’elles soient sexuelles ou non, - viennent au premier rang. Suivent l’isolement, le chômage et la précarité. Plus inattendu, une étude publiée dans cette même livraison du BEH mentionne également la… consommation de tabac - surtout chez les femmes - ainsi que l’abus d’alcool.
Rappelons enfin que le ministère de la Santé a mis en place en septembre dernier, un nouveau plan national d’actions contre le suicide. Celui-ci est articulé autour de six axes :
Le développement de la prévention et de la postvention, qui repose pour l’essentiel sur une véritable « autopsie psychologique » de la victime. Celle-ci peut en effet être exploitée par la suite à des fins de prévention, soit auprès des proches soit dans la population générale ;
L’amélioration de la prise en charge des personnes à risque suicidaire ;
L’information et la communication autour de la prévention du suicide ;
La formation des professionnels ;
Les études et la recherche ;
Le suivi et l’animation du programme d’actions contre le suicide.
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Suicide.
Une étude révèle l'ampleur
Du phénonème en France
Une enquête du Baromètre santé 2010, publiée aujourd'hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, révèle toute l'ampleur du phénomène du suicide dans la société française.
Selon le professeur de psychiatrie Jean-Louis Terra, qui signe un éditorial dans cette publication, cette enquête basée sur une série d'études «est une pièce de plus au puzzle qui vise à mieux connaître cette catastrophe en miettes et quotidienne». En France, où presque un décèssur cinquante est un suicide, 5,5% des 15-85 ans déclarent avoir déjà fait une tentative, les femmes étant deux fois plus nombreuses que les hommes. Le nombre de suicides est connu grâce aux certificats de décès, même s'il est sous-estimé, mais les tentatives de suicide ne sont pas enregistrées systématiquement. En 2009, 10.464 décès par suicide ont été enregistrés par le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l'Inserm, un chiffre en diminution ces dernières années, mais qui reste très élevé par rapport aux pays voisins.
Les femmes plus enclines aux pensées suicidaires
Une étude du CépiDc conclut à une sous-estimation de 9,4% du nombre officiel de décès. Les hommes représentent les trois-quarts des décès par suicide. En revanche, les tentatives et les pensées suicidaires sont davantage le fait des femmes, montre l'enquête du Baromètre santé, conduite auprès de 27.000 personnes. Cet apparent paradoxe s'expliquerait en partie par les méthodes mises en oeuvre, plus meurtrières chez les hommes (pendaison, arme à feu...). Le facteur de risque le plus important dans la survenue des pensées suicidaires comme des tentatives de suicide est le fait d'avoir subi des violences (sexuelles ou non). Les autres facteurs associés sont le fait de vivre seul, le chômage, un faible niveau de revenu et la consommation de tabac, et, chez les femmes, une consommation d'alcool à risque chronique.
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Source : http://www.letelegramme.com/
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Suicide en direct sur Internet
Suicide en direct sur Internet
La modération en question
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, entre 2 et 3 heures du matin, un jeune homme de 22 ans, militaire de profession, s’est donné la mort devant son ordinateur et en direct sur Internet. Lors du passage à l’acte, ce dernier échangeait dans un salon de discussion – un « chat » - dénommé « psycho » sur le site Internet santé grand public doctissimo.fr. Le jeune homme a mis fin à ses jours à l’aide d’une carabine au moment où il discutait avec un internaute qui a assisté au sinistre spectacle. « C’est la première fois sur Doctissimo que quelqu’un dit "je me suicide" et le fait. (…) C’est semble-t-il la première fois en France », déclare Christophe Clément, directeur général du site Internet.
Ce genre de passage à l’acte reste évidemment très rare et avait été précédemment médiatisé en 2008, lorsqu’un jeune Américain de 19 ans était décédé par surdose de médicaments, en direct devant 1 500 internautes connectés à sa chaîne vidéo créée sur le site Internet Justin.tv. « Les gens savent bien que, quand quelqu’un arrive sur un chat ou un forum, chez Doctissimo ou n’importe où, allume sa webcam et dans les deux minutes se tire une balle, personne ne peut rien y faire », indique Christophe Clément.
Il existe un portail public de signalement d’actes en tous genres – www.internet-signalement.gouv.fr – relié à la cellule de veille de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Ce service reçoit chaque semaine près de 2 000 alertes émanant d’internautes ou de modérateurs de réseaux sociaux. Par ce biais, les services de la police ont pu venir en aide en 2010 à plus de 180 personnes ayant fait part de leur désir de suicide sur Internet. Mais tout le monde ne connaît pas ce service et il est parfois presque impossible d’intervenir dans les temps.
Plus de 570 000 visites par jour.
Après le décès du jeune Français, les services de Doctissimo ont « provisoirement » désactivé les services « webcam » au sein de leurs salons de discussion. Si rien ne peut totalement empêcher ce genre de suicide « partagé » via Internet, beaucoup peut encore être réalisé au niveau des outils de prévention, en particulier en renforçant les moyens de veille des modérateurs qui chapotent ces forums et chats. Dans le cas de Doctisssimo, à peine 5 modérateurs salariés supervisent les échanges en les modérant a posteriori. Une soixantaine d’internautes bénévoles s’occupant plus épisodiquement de cette veille qui devient d’autant plus indispensable lorsque les états psychologiques individuels sont évoqués.
Visité quotidiennement par plus de 570 000 personnes, Doctissimo est le premier forum santé francophone avec 240 millions de messages en stock. Même a posteriori, une consultation rapide du forum « psycho » du site montre que de nombreux messages évoquant des tentatives de suicide et des souhaits de mourir ne sont pas supprimés plusieurs mois après leur publication.
DAVID BILHAUT
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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/
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Suicides d'enfants
Suicides d'enfants
Un rapport prône une adaptation des rythmes scolaires
Il y a sans doute davantage de suicides d'enfants que les statistiques le laissent penser car certains décès, considérés comme accidentels, s'assimilent à une forme de suicide, estime le psychiatre Boris Cyrulnik dans un rapport qu'il a remis jeudi 28 septembre 2011 au gouvernement.
Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 37 enfants et pré-adolescents de 5 à 14 ans se sont donné la mort en 2009 (derniers chiffres disponibles). L'Inserm ne compte aucun suicide chez les enfants de moins de 5 ans. Début 2011, une ado de 14 avait tenté de se tuer tandis que deux enfants de 9 et 11 ans avaient mis fin à leur jour.
«Les suicides aboutis sont rares» chez les 5-12 ans, note Boris Cyrulnik dans son rapport, commandé par la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, mais «ils sont certainement plus fréquents car les chiffres ne parlent que des suicides évidents».
«Le cumul des événements qui déclenche l'acte suicidaire résulte d'une cascade de déchirures invisibles, d'une convergence d'événements de nature différente», qui peuvent être un deuil précoce, un conflit entre les parents, des maltraitances, l'absence d'un univers sécurisant à la maison, le harcèlement à l'école, explique le médecin. De plus, «la détresse d'un enfant est souvent difficile à percevoir car il vit dans un temps immédiat» et plus que l'adulte, il a du mal à dire son mal-être.
L'enfant «insécurisé», «seul, sans partage de la souffrance, sans aide ni possibilité de déchiffrer ce qui lui arrive, le jour où il comprend ce qu'est la mort, il se laisse prendre», écrit encore Boris Cyrulnik.
On considère que les enfants commencent à comprendre ce qu'est la mort «entre 6 et 9 ans», rappelle-t-il.
Alors, «une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle».
«Il peut écrire une lettre d'adieu (...) mais le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Alors les adultes parlent d'accident», dit encore le psychiatre.
Prévention
Il réclame donc une politique de prévention aussi bien «autour de la naissance» notamment en donnant une «cohérence aux métiers de la petite enfance» via une «université de la petite enfance» ou en formant les médecins, infirmières, éducateurs et enseignants à cette problématique.
A l'école, il prône une adaptation des rythmes scolaires, une notation plus tardive, une lutte contre le harcèlement. Jeannette Bougrab s'est félicitée de ce «rapport inédit qui aborde ce qu'on refuse de voir, le suicide des tous petits de sept, huit, neuf ou dix ans», a-t-elle dit en s'adressant à Boris Cyrulnik qui, selon elle a «brisé un tabou». «Quand on voit que quatre millions d'adultes consomment des psychotropes de façon régulière on peut penser que ce mal-être a glissé vers les tous petits», a-t-elle dit.
Pour le pédopsychiatre Marcel Rufo, il y a cependant «confusion des sujets». Si on dit que le suicide des pré-ado augmente en nombre, je suis tout à fait d'accord, mais à 12 ans on n'est plus un enfant, et le suicide chez l'enfant c'est 6-8 cas par an», a-t-il dit à l'AFP, déplorant «une culpabilisation terrible de l'accident».
«Le comportement à risque fait partie du comportement normal de l'enfant. Certains enfants disent parfois +je veux me tuer+, mais ils disent ça comme un échappatoire, un appel», a-t-il souligné.
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Avec l'AFP et http://www.gazettesantesocial.fr/
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Prévention du suicide
Prévention du suicide
Les sites à connaître sur internet
Dans le cadre du lancement de son programme national d’actions contre le suicide 2011-2014, le ministère du travail, de l’emploi et de la santé propose de retrouver tous les sites utiles sur internet en matière de prévention du suicide.
Voici la liste des sites recensés par le ministère
- Infosuicide,
- Conduites suicidaires,
- Suicide écoute,
- Sos dépression,
- Sos suicide phénix,
- Sos amitié,
- Croix-Rouge,
- Deuil après suicide,
- Fil santé jeunes,
- Phare enfants-parents.
Le suicide est un enjeu majeur de santé publique avec près de 200 000 personnes qui, chaque année, font une tentative de suicide et 10 500 qui en meurent.
- Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014
Ministère du travail, de l’emploi et de la santé
- Troubles dépressifs : qu’est-ce que la dépression ?
Assurance maladie
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Source : http://www.service-public.fr/
Le nouveau plan Suicide
Le nouveau plan Suicide est arrivé

Le gouvernement a saisi l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide du 10 septembre pour lancer son Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014. Doté d’une enveloppe globale de 15 millions d’euros, ce programme fait suite à la Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005. Il comprend 49 mesures regroupées en six axes : développement de la prévention, amélioration de la prise en charge des personnes en risque suicidaire et de leur entourage, information et communication autour de la santé mentale et de la prévention du suicide, formation des professionnels, développement des études et de la recherche, animation du programme au niveau local.
Ce plan se caractérise par sa dimension résolument interministérielle : Justice, Santé et Travail, Éducation nationale, Agriculture, Enseignement Supérieur et Recherche, Solidarité et Cohésion sociale. Ce qui doit permettre d’« agir plus efficacement en termes de prévention et de prise en charge », souligne un communiqué du ministère de la Santé. En particulier, vis-à-vis des populations les plus vulnérables au risque suicidaire (jeunes adultes ou proches de victimes de suicides).
L’amélioration de la qualité des données ainsi que le suivi des suicides et tentatives de suicides en population générale comme au sein des populations spécifiques (milieu agricole, carcéral…) figurent parmi les autres principaux objectifs du programme.
Un comité de pilotage, présidé par le Directeur général de la santé, le Dr Jean-Yves Grall, se réunira trimestriellement pour s’assurer de la mise en œuvre effective des 49 actions.
Selon le ministère de la Santé, chaque année en France, près de 200 000 personnes font une tentative de suicide, qui se révèle fatale dans 10 500 cas.
› DAVID BILHAUT
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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/
L'IRM pourrait jouer un rôle majeur dans la prévention du suicide
L'IRM pourrait jouer un rôle majeur
dans la prévention du suicide
Grâce aux travaux d'une équipe de chercheurs français, l'IRM pourrait aider à identifier les personnes qui veulent mettre fin à leurs jours.
L'atrophie d'une petite zone du cerveau qui relie les deux hémisphères pourrait être à l'origine de comportements suicidaires. C'est ce que vient de démontrer, pour la première fois, une étude de l'unité mixte de recherche en neuropsychiatrie (Inserm/université Montpellier 1) par des mesures obtenues grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), chez des personnes âgées de 65 ans et plus.
Cela fait plusieurs années que les chercheurs en psychiatrie tentent de mettre en évidence des anomalies cérébrales (de structure ou de fonctionnement) associées à une vulnérabilité aux comportements suicidaires, indépendamment des autres troubles psychiatriques qui coexistent. Une zone précise les intéresse particulièrement : le corps calleux. Principale connexion reliant les hémisphères cérébraux, il est constitué de nombreuses fibres nerveuses et il a un rôle pivot dans l'intégration des informations et leur traitement.
Atrophie du corps calleux
De précédentes études avaient déjà montré des liens entre des anomalies structurales du corps calleux et des pathologies neuropsychiatriques (maladies neurodégénératives, autisme, schizophrénie, troubles bipolaires...) sans que le lien de cause à effet soit démontré.
Le travail de Sylvaine Artero, chargée de recherche à l'Inserm, de l'équipe du professeur Philippe Courtet et des chercheurs australiens a consisté à comparer les mesures du corps calleux de 435 personnes âgées de 65 ans et plus issues de la cohorte ESPRIT (recrutées de 1999 à 2001). Parmi elles, 21 avaient déjà fait au moins une tentative de suicide, 180 étaient dépressives, mais n'avaient jamais attenté à leurs jours et 234 étaient de cas témoins. L'IRM a permis de constater que la partie postérieure du corps calleux était plus petite chez les suicidants (219,5 mm2) que chez les témoins sains (249,5 mm2), mais aussi les dépressifs (245,5 mm2).
"Tout nous laisse à penser que l'atrophie du corps calleux est la cause et non la conséquence d'un comportement suicidaire", précise Sylvaine Artero. "Normalement, sa structure ne se modifie plus après 30 ans et toutes les tentatives de suicide que nous avons étudiées étaient postérieures à cet âge. Mais nous devons maintenant réaliser d'autres travaux avec des personnes plus jeunes."
Anomalies cognitives
De plus, les chercheurs doivent identifier les mécanismes en cause. "Quand il y a une atrophie dans cette zone composée de substance blanche, la connexion se fait moins bien, explique Sylvaine Artero. On pense que cette atrophie pourrait provoquer des anomalies cognitives, par exemple des déficits dans la résolution des problèmes. On sait que les "suicidants" ont ce type de troubles, mais tout reste à découvrir."
Si les premiers résultats sont confirmés et le lien avéré, l'IRM pourra aider les spécialistes à identifier, parmi les dépressifs, les malades souffrant de schizophrénie ou de troubles de la personnalité, ceux qui risquent de faire une tentative de suicide. "Mais attention, prévient Sylvaine Artero, nous n'en sommes qu'aux premiers stades. C'est encore de la recherche fondamentale." En d'autres termes, il ne servirait à rien que les personnes concernées ou leur famille demandent une IRM, dans l'état actuel des connaissances.
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Source : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/
Un nouveau plan de prévention du suicide
Un nouveau plan de prévention du suicide
Le 5 février 2011 s'est tenue la 15ème journée nationale de prévention du suicide sous l'égide de l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS) autour du thème : «suicides : quelles préventions dans un contexte de crises ?». A cette occasion, un nouveau plan de prévention du suicide a été annoncé par la secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Nora Berra.
Dans un communiqué du 15 février 2011, l'UNPS rappelle que ce plan était attendu par les acteurs depuis près de deux ans, après la remise du rapport élaboré par le Comité de pilotage présidé par le Pr David Le Breton qui proposait des pistes de mesures à mettre en oeuvre.
Six axes
Ce plan en reprend les grandes lignes et présente 6 axes :
- Le développement des études et de la recherche sur le suivi de la mortalité par suicide ainsi que sur les tentatives de suicide.
- L'information et la communication autour de la prévention du suicide.
- La sensibilisation et la formation des professionnels.
- Le développement de la postvention (concerne les endeuillés par suicide).
- L'amélioration de la prise en charge des personnes en risque suicidaire.
- L'animation de la politique nationale.
Ce plan devrait être mis en place après une dernière concertation avec les associations prévue début mars.
Ces
dernières semaines, le suicide d'enfants a fait la une des actualités.
La médiatisation de ces drames a sans doute contribué à une décision de
confier une mission d'information à un psychiatre de renom, neurologue
et éthologue, Boris Cyrulnik. «Pour autant, ces drames insupportables
sont très rares, même s'il faut souligner la précocité des passages à
l'acte suicidaire depuis une décennie : il y a eu 4 suicides d'enfants
de moins de 9 ans, de 2000 à 2008 (2008 étant l'année des derniers
chiffres publiés par l'INSERM)», indique l'UNPS.
Et de rappeler
qu'il y a près de 30 suicides par jour toutes tranches d'âges confondus
et 46 suicides de jeunes de moins de 24 ans chaque mois. Ce sont plus de
10 000 inconnus qui se suicident dans l'anonymat chaque année.
L'UNPS sensibilise, alerte, agit sur le terrain au travers les associations qu'elle regroupe, depuis 14 ans et continue d'oeuvrer avec une nouvelle équipe présidée par Thérèse Hannier.
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Source : http://www.gazettesantesocial.fr/
Prévention du SUICIDE
Prévention du SUICIDE

L’Europe lance une grande étude sur 11.000 adolescents
Le CHU de Nancy et l'INSERM participent à cette première étude européenne lancée autour de l'efficacité des campagnes de prévention du suicide adolescent. 1.000 élèves de 20 établissements publics lorrains d'enseignement général viennent d’être recrutés dans l’étude « SEYLE », Saving and Empowering Young Lives in Europe » (Sauver et améliorer la vie des jeunes européens), 11.000 adolescents en tout, en Europe, participeront à cette étude dont les résultats seront connus dans 3 ans.
Chaque année, selon l’OMS, près d'un million de personnes meurent de suicide, soit un taux global de 16 pour 100.000, soit un décès toutes les 40 secondes. Dans les 45 dernières années, les taux de suicide ont augmenté de 60% dans le monde. Le suicide est parmi les trois principales causes de décès chez les 15-44 ans dans certains pays, et la deuxième cause de décès chez les jeunes. Les troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles de la consommation d'alcool) sont un facteur de risque majeur de suicide, particulièrement en Europe. Le suicide des adolescents européens est en constante augmentation depuis plusieurs années suivant la tendance ascendante des suicides dans l'ensemble du monde.
SEYLE est un projet pilote puisque portant sur des adolescents et une période où leur identité se construit. Les 1.000 adolescents lorrains âgés de 14 à 16 ans et bénéficiaires d'un régime de sécurité social voient leur participation soumise à une autorisation de leurs parents ou des titulaires de l'autorité parentale, un consentement pouvant être suspendu au cours de l'étude. Car c'est la tranche d'âge où les comportements à risque augmentent comme le prouvent les études épidémiologiques.
Objectif, construire une base de données sur le mode de vie et son évolution, les comportements à risque et les relations au système de santé des adolescents volontaires et tester 4 méthodes différentes de prévention du suicide dans les établissements scolaires participant à l’étude :
· Un programme de formation des personnels adultes des lycées (professeurs, conseillers pédagogiques, infirmiers...) baptisé « Questionner, Persuader et Référer » pour identifier et adresser un jeune en souffrance vers un service de santé mentale grâce au questionnement, à la persuasion et à l’orientation,
· Un programme général de promotion de la santé pour attirer l'attention des jeunes sur les comportements favorables et défavorables à la santé afin de minimiser leurs comportements à risque et baptisé « Prise de conscience »,
· Un programme où les professionnels de santé identifient les élèves présentant des comportements à risque à partir du questionnaire initial, pour un diagnostic précoce des problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, consommation de drogues ou d'alcool, risque suicidaire, etc.) puis une aide rapide,
· Un programme d'information consistant à distribuer aux élèves des cartes de visite avec les coordonnées des centres partenaires locaux et à afficher dans l'établissement des posters d'information sur la santé mentale.
L'ensemble du programme de recherche SEYLE dont les conclusions ne seront connues que dans 3 ans met à contribution des équipes de psychologues, de psychiatres et de pédopsychiatres dans 11 pays européens, auprès de 11.000 adolescents.
La santé mentale, selon les autorités internationales, se situe en amont et en aval des pathologies proprement dites. Elle regroupe les questions de prévention du suicide et de « postvention », terme qui englobe les actions de suivi de l'entourage d'une personne s'étant suicidée.
Sources : CHU Réseau, SEYLE, OMS, Santé log







