La loi sur le harcèlement sexuel est abrogée
La loi sur le harcèlement
Sexuel est abrogée
L’article concerné (222-33) du code pénal stipulait : « Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende », rappelle le Conseil dans une décision publiée sur son site (www.conseil-constitutionnel.fr). Le Conseil constitutionnel a été saisi d’une question de constitutionnalité posée par Gérard Ducray, ancien député du Rhône condamné en appel en 2011 pour harcèlement sexuel à trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Dans sa décision, le Conseil considère notamment que « le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle » sans définir précisément les éléments constitutifs de ce délit, la disposition contestée méconnaît le principe de légalité des délits et des peines ainsi que les principes de clarté et de précision de la loi, de prévisibilité juridique et de sécurité juridique. Jugeant la disposition inconstitutionnelle, le Conseil prononce donc une abrogation immédiate « applicable à toutes les affaires non jugées définitivement » à cette date.
Un recul historique.
Une association de défense des droits des femmes, l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), s’était jointe à la procédure pour demander elle aussi l’abrogation de ce texte trop vague, mais de manière différée, afin d’éviter disait-elle un dangereux vide juridique. L’association précisait faire « une analyse radicalement opposée à celle de Gérard Ducray ». Alors que lui avançait le risque de répression par les tribunaux de la « drague admissible », elle affirmait constater « des classements sans suite quasi systématiques » et des renvois pour harcèlement devant le tribunal« d’agissements qui auraient pu être qualifiés d’agressions sexuelles, voire de viols ».
Les Sages ont estimé qu’une application différée de l’abrogation aurait été contraire au principe de non-rétroactivité de la loi pénale. Réagissant à l’abrogation immédiate, l’AVFT juge la décision « absolument catastrophique ». Aujourdhui « toutes les procédures en cours pour harcèlement sexuel sont annulées, c’est un message d’impunité d’une extrême gravité à l’égard des harceleurs », a déclaré à l’AFP Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association. Un collectif d’associations féministes parmi lesquels l’AVFT a déploré « un recul historique ». Roselyne Bachelot, en tant que ministre en charge des droits des femmes, souligne que l’abrogation conduit à un vide juridique et « invite la nouvelle Assemblée nationale qui sortira des urnes au mois de juin prochain à se saisir en urgence de ce dossier afin de garantir les droits des salariés et, plus particulièrement, ceux des femmes
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VIOLENCE CONJUGALE
VIOLENCE
CONJUGALE
Douleur, anxiété et…dépendance aux anxiolytiques
Cette étude norvégienne au delà de conclure que plus de 13% des femmes de son échantillon représentatif sont victimes de violencee conjugale, met en exergue une association douloureuse, celle de la violence du partenaire intime et de la dépendance aux analgésiques et aux psychotropes. Car selon ces résultats publiés dans l’édition du 5 avril du BMJ Open, les femmes victimes de violence se verraient prescrire entre 2 à 3 fois plus d’analgésiques opioïdes et d’anxiolytiques benzodiazépines avec risque de dépendance. Un élément à prendre en compte, recommandent les auteurs, dans la prise en charge des femmes victimes de violence conjugale.
Alors que la violence du partenaire intime est associée à toute une série de problèmes de santé physiques et mentaux dont blessures, douleur chronique, dépression, anxiété, troubles du sommeil, et usage de drogues, les femmes victimes sont plus susceptibles d'utiliser fréquemment des médicaments anti-douleur et psychotropes.
Si ces produits présentent l’avantage clinique de prendre en charge la douleur, la détresse mentale et l'insomnie, mais ils présentent, on le sait, plusieurs effets indésirables, certains d'entre eux, tels que les analgésiques opioïdes et les benzodiazépines, peuvent en quelques semaines conduire à une addiction physique et psychologique. Le développement de la tolérance au médicament entraîne une diminution efficacité qui entraîne une augmentation de la dose nécessaire pour être efficace, au fil du temps. Cette dernière décennie, rappellent les auteurs, la prescription globale de ces produits a beaucoup augmenté.
Ces chercheurs de la Norwegian University of Science and Technology (Trondheim), du Norwegian Centre for Violence and Traumatic Stress Studies (Oslo), de l’Université d’Oslo et du Norwegian Institute of Public Health, (Oslo), ont étudié l’association entre violence du partenaire intime et utilisation de médicaments sur prescription. Bien que l'abus de drogues et de médicaments soit fréquent chez les femmes victimes de violence, les études déjà publiées n’abordent pas la question de la dépendance. Les auteurs ont donc mené une analyse longitudinale des données de prescription basées sur les registres norvégiens portant sur la santé de 6.081 femmes, de 2004 à 2009. L'objectif était d'évaluer les taux de prescription de médicaments potentiellement addictifs, dont certains analgésiques ou médicaments du système nerveux central (SNC), à ces femmes victimes de violence physique, sexuelle et/ou psychologique.
Principaux résultats:
- · 13,5% des 6081 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales
- 7,5% de violences physiques et / ou sexuelle
- 6,0% de violences psychologiques seules.
- · Le taux de prescription de médicaments potentiellement addictifs est
- 3 fois plus élevé chez les femmes victimes de violence physique / sexuelle (RR : 3,57 IC : 95% de 2,89 à 4,40) et après ajustement avec d’autres facteurs confondants (RR : 1,83 de 1,50 à 2,22)
- 2 fois plus élevé pour les femmes victimes de violence psychologique seule (RR : 2,13 IC : 95% de 1,69 à 2,69) t, après ajustement, (RR : 1,97 de 1,59 à 2,45)
- · Le taux de prescription augmente à la fois pour les analgésiques addictifs et pour les antidépresseurs.
Les victimes de violences de leur partenaire intime reçoivent donc 2 à 3 fois plus de médicaments à risque d’accoutumance. Un second impact défavorable, qui doit être pris en compte, recommandent les chercheurs, par les cliniciens qui suivent ces femmes.
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Source: BMJ Open 2012;2:e000614 doi:10.1136/bmjopen-2011-000614 “Intimate partner violence and prescription of potentially addictive drugs: prospective cohort study of women in the Oslo Health Study” http://www.santelog.com/index.php
Bracelet électronique
Bracelet électronique
Violences dans le couple
Expérimentation d’un dispositif de protection anti-rapprochement
Dans le cadre de la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences au sein du couple, il est prévu d’expérimenter un dispositif électronique permettant de vérifier qu’une personne mise en examen ou condamnée, et placée sous surveillance électronique (port d’un bracelet électronique), respecte bien l’interdiction qui lui est faite de rencontrer sa victime.
Cette expérimentation peut être menée à partir du 27 février 2012 et jusqu’au 9 juillet 2013. Le dispositif est mis en oeuvre à la demande de la victime, qui est alors dotée d’un dispositif GPS. Il permet de signaler à distance aux autorités publiques que l’auteur des violences se rapproche ou se trouve à proximité de la personne protégée. La distance d’alerte ne peut être inférieure à 2 kilomètres ni supérieur à 20 kilomètres. Une distance plus courte, qui ne peut être inférieure à 1 kilomètre, est fixée pour le déclenchement d’une seconde alerte.
Le décret relatif à l’expérimentation d’un dispositif électronique destiné à assurer l’effectivité de l’interdiction faite à une personne condamnée ou mise en examen de rencontrer une personne protégée a été publié au Journal officiel du dimanche 26 février 2012.
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Bracelets électroniques
Bracelets électroniques
pour conjoints violents
Un décret du ministère de la Justice, publié au « Journal officiel » (« J. O. »), permet la mise en œuvre depuis lundi, à titre expérimental, des bracelets électroniques destinés à maintenir à distance les conjoints violents. Le texte « vient compléter l’ordonnancement juridique qui va permettre aux juridictions pilotes de mettre en œuvre le nouveau dispositif », a précisé la Chancellerie. La loi du 9 juillet 2010 sur les violences faites aux femmes prévoyait une expérimentation de ce dispositif jusqu’au 9 juillet 2013 et un arrêté publié en décembre 2011 avait précisé les tribunaux dans lesquels il serait expérimenté : Strasbourg, Aix-en-Provence et Amiens. Le dispositif permettra « d’alerter l’administration pénitentiaire lorsque la personne placée sous surveillance électronique mobile s’approche à moins d’une certaine distance de la personne protégée ». Cette distance, qui sera fixée au cas par cas, « ne peut être inférieure à deux kilomètres ni supérieure à 20 km », précise le décret. « Une distance plus courte, qui ne peut être inférieure à un kilomètre, est fixée pour le déclenchement d’une seconde alerte », indique-t-il. Le dispositif permet, lorsque la première alerte s’est déclenchée, « de connaître les localisations respectives de la personne protégée et de la personne placée sous surveillance électronique mobile, ainsi que leurs itinéraires les plus récents, afin de déclencher immédiatement des mesures de protection appropriées de la première et, le cas échéant, d’enjoindre à la seconde de s’éloigner, ou de l’interpeller ».
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La VIOLENCE conjugale et sexuelle
Aux Etats-Unis, 24 personnes par minute sont victimes de viols, de violences physiques, ou de harcèlement par leur partenaire intime, selon cette enquête publiée au 14 décembre par les Centers for Disease Control and Prevention. Une étude qui estime aujourd’hui que plusieurs millions d'américain(e)s sont aujourd’hui victimes de ces types de violence, en grande progression et qui met en avant les conséquences sanitaires pour les victimes pour toute la vie.
Au cours d'une année, 12 millions de femmes et d'hommes américains seront ainsi victimes de violence conjugale ou sexuelle. Au milieu de ces chiffres, c’est plus de 1 million de déclarations de viols et plus de 6 millions de déclarations de harcèlement en un an."Ce rapport historique montre l'impact dévastateur de ces actes violents sur la vie de millions d'Américains", a déclaré le secrétaire à la Santé, Kathleen Sebelius. «Ces informations vont servir de nouvelle base aux efforts de l'administration pour combattre la violence domestique et les abus sexuels. "
Ce National Intimate Partner and Sexual Violence Survey est la première enquête du genre à offrir simultanément des estimations de prévalence par type de violence, au niveau national et de tous les Etats. Ses principales conclusions sont effarantes :
Concernant les femmes
• Les taux élevés de violence sexuelle signalés par les femmes : Près d’1 femme sur 5 a été violée au cours de sa vie, 1 femme sur 4 a été victime de violence physique sévère d’un partenaire intime, 1 femme sur 6 a connu un type de victimisation au cours de sa vie. Ce phénomène de victimisation est facilité par la technologie.
• Près de 70% des femmes victimes ont subi une forme de violence conjugale pour la première fois avant l'âge de 25 ans.
• Environ 80% des femmes victimes de viols l’ont été avant l'âge de 25 ans.
• Les femmes victimes de violence (violence sexuelle, harcèlement, violence entre partenaires intimes) sont significativement plus à risque de problèmes de santé physique et mentale que les femmes non-victimes.
• Dans toutes les formes de violence (violence sexuelle, le harcèlement, la violence entre partenaires intimes), la grande majorité des victimes connaissent leur agresseur (souvent un partenaire intime ou une connaissance et rarement un étranger).
Les hommes aussi
• 1 homme sur 7 a connu de graves violences physiques de la part de son partenaire intime à un moment donné de sa vie.
• 1 homme sur 19 a subi une victimisation.
• Près de 53% des victimes hommes ont subi une forme de violence conjugale pour la première fois avant l'âge de 25 ans
• Plus d'un quart des victimes hommes de viol, l’ont subi à l’âge de 10 ans ou moins.
• Les hommes victimes de violence (violence sexuelle, harcèlement, la violence entre partenaires intimes) sont plus à risque de problèmes de santé physique et mentale que les hommes non-victimes.
Un rapport qui souligne aussi la violence comme un fardeau majeur de santé publique et montre comment elle peut avoir des effets sanitaires pour toute la vie, et aussi divers que le syndrome du côlon irritable, le diabète, des maux de tête fréquents, des douleurs chroniques, et les troubles du sommeil. Entre autres…
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Source: NISVS « Sexual Violence, Stalking, and Intimate Partner Violence Widespread in the US »
Cette actualité a été publiée le 25/12/2011 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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Son double calvaire
Son double calvaire
Ses deux premiers mariages ont été marqués par les coups. Angélique a pourtant réussi à reconstruire sa vie. La jeune femme écrit un livre témoignage

Apès deux expériences marquées par la violence, Angélique croit toujours à l'amour.
Une belle jeune femme se lève en pleine assemblée générale de la Maison de Simone (1), une association basée à Pessac qui accueille les femmes victimes de violences conjugales. Elle veut faire partie du conseil d'administration. D'une voix forte, elle annonce qu'elle est une ancienne femme battue. Surprise. À première vue, Angélique n'a pas le profil. Ce serait tellement moins dérangeant, si on pouvait se dire que ça n'arrive qu'à certaines femmes. D'autant qu'elle est victime récidiviste, elle le reconnaît : « Après deux expériences comme ça, moi aussi, je me suis posée des questions. » Pourtant, elle est aujourd'hui remariée à un Britannique qui la soutient dans son récit et son projet de livre témoignage.
La spirale
Il était une fois une belle histoire d'amour entre une jeune fille de 16 ans qui se disait « rebelle » et un beau militaire, rencontré au Touquet. Bravant sa famille « un peu catho », dès sa majorité, elle part vivre avec lui. Tout va bien tant qu'il est loin, en mission pendant la guerre du Golfe. Mais à son retour, comme dans la chanson, « le vilain mari tue le prince charmant » : « Quand je suis tombée enceinte, il a commencé à m'infliger de petites brimades, à me rendre coupable de tout. »
La violence physique s'installe progressivement, d'abord indirecte, voire contre lui-même. Angélique le met à la porte… le reprend : « Car il pouvait aussi être charmant et manipulateur. » Il l'entraîne dans ses obsessions sexuelles : « J'étais sa poupée, son jouet. » Le tout sur fond de dérive matérielle du couple après sa démission de l'armée. N'acceptant plus ses perversions, Angélique qui a encore de la réserve, le met dehors définitivement. Fin du premier acte.
Hébétée par cette douloureuse expérience, elle a la chance de rencontrer un homme « merveilleux ». Croit-elle ! Une fois encore Angélique s'emballe, ne fait pas attention aux clignotants : pourquoi cet homme qui a onze ans de plus qu'elle, ne voit plus l'enfant de sa première union ? Pourquoi n'aime-t-il pas sa propre mère ? Pourquoi appelle-t-il les femmes des « femelles » ?
Romantique et psychopathe
Sobre la semaine au volant de son camion, soûl le week-end, l'homme se dédouble : « Il pouvait être le parfait romantique ou le monstre psychopathe. » Angélique connaît alors la vraie peur physique et l'escalade. « Il a arrosé la maison d'essence et il a mis le feu. » Tirée in extremis du brasier, elle se retrouve en petite culotte au milieu du lotissement. Ses voisins qui n'appréciaient déjà pas les jupes un peu courtes de cette jeune femme de 25 ans ne lui seront pas d'un grand secours, pas plus que le psy qui va examiner son mari interné la nuit même : « Une folie éthylique, ça peut arriver à tout le monde… Si vous l'avez poussé à bout… », balance-t-il à Angélique.
L'espoir renaît
Toujours amoureuse, elle va le rechercher le lendemain. Il lui faudra une autre nuit de peur et de coups pour qu'elle se réveille enfin et passe outre le scepticisme des gendarmes : « On n'a pas de preuves », m'ont-ils dit. « C'était avant la loi de 2004 qui a fait bouger les choses. » Elle connaîtra encore une année de menaces et de harcèlement : « pneus crevés et vitres brisées à ma voiture, courses-poursuites sur la route ». Elle tient bon jusqu'au procès : « Il a été condamné à de la prison avec sursis. Ça l'a stoppé net. Il ne faut jamais retirer sa plainte. »
Donner l'aide qu'elle n'a pas toujours reçue, témoigner et prouver que l'on peut s'en sortir, c'est maintenant son but.
(1) La Maison de Simone, contact par la Plateforme des services au public de Pessac (05 56 15 26 60). Plusieurs associations existent dans le département. Un numéro d'urgence national est à la disposition des victimes : 3919, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il est en principe destiné aux femmes, même si certains hommes subissent aussi des violences conjugales.
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Source : http://www.sudouest.fr/
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Dans la tête d'un homme violent
Dans la tête
D'un homme violent
TEMOIGNAGE
C'est l'un des rares témoignages d'homme violent. Frédéric Matwies, 44 ans, a frappé sa compagne pendant dix ans. Aujourd'hui guéri, il raconte le mari violent qu'il était.
Il est un "Monsieur tout le monde", qui a été capable du pire. Frédéric Matwies, 44 ans, a frappé sa compagne pendant dix ans, jusqu'au "coup de trop" qui aurait pu la tuer. Le "déclic" pour son repentir. Après deux années de thérapie, il se sent "guéri". Il raconte aujourd'hui, le mari violent qu'il était dans Il y avait un monstre en moi* et témoigne sur TF1 News.
La première fois
Cela a commencé par une gifle. C'était dans les premiers mois de notre relation. Sabrina avait 17 ans et demi, moi 26. J'attendais son retour sur un sujet -lequel ?, je ne m'en souviens pas-. Elle n'a rien dit, j'avais l'impression qu'elle me prenait pour un con. J'ai commencé à bouillir intérieurement. De mots forts en mots forts, une claque est partie. Je n'ai pas de cette première fois un souvenir précis. Ni des autres d'ailleurs. Ces mauvais moments ont été enfouis quelque part au fin fond de ma mémoire. Autant, je me souviens de nos vacances en Corse autant les scènes de violences... Pour écrire ce livre, j'ai sollicité l'aide de Sabrina. Pour qu'elle me raconte ce que je lui ai fait subir si souvent, si longtemps.
Quand on frappe l'être aimé
La violence conjugale naît d'un enchaînement infernal, comme un cyclone qui emporte tout sur son passage. C'est toujours le même mécanisme. On se fait une montagne d'un détail. Il y a cette boule au ventre qui gonfle. La tension monte, on explose, le coup part. On perd la raison, on ne réfléchit plus. On donne les coups pour se décharger. C'est comme une drogue. Malgré l'amour que je portais à Sabrina, je devenais un monstre, odieux, cruel. Quand j'explosais, je me sentais un autre homme. On réalise ce qu'on vient de commettre seulement quand c'est fini. On est surpris, effrayé de soi-même. Après, je culpabilisais, j'essayais de chercher des raisons et je me rapprochais de Sabrina. Je redevenais câlin, lui promettais de ne plus jamais recommencer. Je m'excusais pour qu'elle me pardonne...
Une ordure
En quelques mois, je suis devenu une ordure. Avec la première gifle, j'ai mis le doigt dans une relation faite de violences verbales, de harcèlement, de coups. C'est allé de pire en pire. Ce que je lui ai fait subir, c'est barbare. Je lui ai brûlé les cuisses avec une cigarette, j'ai tenté de l'étrangler. Le pire ? C'était suite à une énième querelle. Elle se retrouve au sol. Je suis sur elle. A côté, il y a cette cage à lapin. Je lui dis 'puisque tu veux me faire bouffer de la merde, ben moi je vais t'en faire bouffer aussi. Et je prends des crottes et je lui mets dans la bouche."
Un problème latent
J'ai toujours su en fait que j'avais un problème. En maternelle, déjà, j'étais au fond de la classe, je ne parlais pas. Plus tard, j'étais violent avec mon beau-père, lui-même violent. Un jour, je lui ai cassé une casserole sur le crâne. J'ai été exempté de service militaire. J'étais P4, la catégorie pour ceux ayant des problèmes psychologiques. On m'a expliqué que j'étais inapte pour la vie en groupe. Les autres me charriaient en me disant 't'es fou, t'es fou'. Quand Sabrina et moi avons eu notre première fille, une médiatrice, qui m'avait vite cerné, m'a conseillé de voir quelqu'un. J'ai essayé le sport, la lecture, les balades pour compenser, penser à autre chose... Je vivais tellement mal, toujours à cogiter.
La honte
La honte nous étouffe à chaque "après". On se sent minable et on s'enfonce dans la souffrance. J'avais peur de moi-même. De faire encore souffrir Sabrina et les filles. Au boulot, ça m'obsédait, je me disais 'merde, je lui ai encore fait du mal'. Dans l'immeuble où nous vivions, personne ne me connaissait comme ça. J'étais un voisin sympa. On se cache, on dissimule son vrai visage. Je me souviens d'un déjeuner avec des collègues. Ils parlaient d'un fait divers, je crois, d'une femme battue. Ça plaisantait là-dessus et ça finissait en rire gras à base, 'oh, elle a dû le chercher' et d'autres bêtises comme ça. J'étais extrêmement mal à l'aise. J'avais honte, j'attendais seulement qu'ils changent de sujet. Voilà, on vit de manière planqué le plus possible.
Le coup de trop
Un jour de janvier 2003, il y a ce coup de couteau qui se plante dans le bras de Sabrina. Jusqu'à présent elle avait seulement déposé des mains courantes. Cette fois, elle a porté plainte. Moi, je me suis dit 'voilà, c'est la fin'. De notre relation. De ce cycle de violence. J'ai peur de la suite mais je suis soulagé aussi. On se dit 'enfin, tout le mal que j'ai causé, va s'arrêter'. L'abcès est crevé. J'ai pris trois mois de prison avec sursis mais surtout, j'ai décidé d'aller me faire soigner.
La guérison
Tous les 15 jours, pendant deux ans, je suis allé dans un groupe de parole pour hommes violents à La Garenne-Colombes. Là, j'étais avec d'autres personnes dans mon cas. Chacun y raconte son histoire. Les séances sont douloureuses, la prise de parole est intimidante. Dire qu'on a tabassé sa compagne, c'est dur. La seule chose qu'on a en commun ensemble, c'est notre propre violence. Il y a un côté réconfortant à savoir qu'on n'est pas le seul. Là notre propre violence nous est renvoyée en pleine face. A travers l'histoire de l'autre, il y a notre propre histoire. C'est en thérapie que j'ai appris qu'il fallait s'exprimer et qu'on pouvait le faire autrement que par la force des poings. Aujourd'hui, j'arrive à verbaliser ce que je ressens, je parle, ça empêche cette frustration, la création de cet abcès qui finissait par éclater. Oui, je me sens guéri.
"Il y avait un monstre en moi. Témoignage d'un ex-mari violent",
Editions Michalon, 17 euros
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Par Amélie Gautier le 25 novembre 2011
Source : http://lci.tf1.fr/
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« Osez en parler »
« Osez en parler »
Campagne sur les violences faites aux femmes
Cécile a osé en parler : des violences qu’elle a subies pendant huit ans, dès le début de la vie commune avec son conjoint, des coups, jusqu’au traumatisme crânien et une autre fois la blessure au couteau, des viols. Et, un jour, elle a appelé le 39.19 « et ça m’a sauvé la vie ». Pour que, comme Cécile, les femmes victimes de violences osent en parler et appeler le numéro d’aide, le gouvernement lance une campagne d’information. La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, l’a présentée ce jeudi, à la veille de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes, en compagnie des secrétaires d’État Marie-Anne Montchamp et Claude Greff (famille).
La ministre a rappelé les chiffres : en 2010, 146 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon et près de 23 000 faits de violences sexuelles ont été constatés par la police et la gendarmerie ; en 2009, selon leurs déclarations, 650 000 femmes ont été victimes de violences sexuelles (Roselyne Bachelot s’est déclarée favorable à l’allongement de la prescription de trois à dix ans pour les agressions sexuelles, comme le réclament de nombreuses associations). Seulement 5 % des femmes victimes de viol ou de tentative de viol par leur conjoint l’ont signalé à la police et seulement 2 % ont porté plainte.
C’est pour briser ce tabou, ce silence, qu’est lancée la campagne d’information « Osez en parler », qui vise à rappeler le numéro d’aides aux femmes victimes, le 39.19. Le service fonctionne de 8 à 22 heures du lundi au samedi, de 10 à 20 heures les jours fériés. L’appel est gratuit (y compris bientôt d’un mobile, les trois opérateurs viennent de s’y engager) et le numéro n’apparaît pas sur les factures. Au bout du fil, 23 écoutantes (travailleuses sociales, psychologues, juristes, éducatrices spécialisées) qui écoutent et orientent, l’appel durant en moyenne 20 minutes. Le numéro commence à être mieux connu, puisque, entre 2007 et 2010, le nombre d’appels a été multiplié par deux (de 47 715 à 91 308) et le taux de réponse par plus de deux (de 17 773 appels traités à 50 396).
Témoignages.
La campagne passe principalement par la diffusion de témoignages, via des annonces presses et sur le site www.stop-violences-femmes-gouv.fr. Des témoignages de victimes mais aussi de professionnels, gendarme, procureur, écoutante, médecin (Le Dr Catherine C., gynécologue-obstétricienne qui prend en charge les femmes victimes d’agressions sexuelles)...
Cette action est la première des trois campagnes d’information à destination du grand public prévues par le 3e plan interministériel 2011-2013 de lutte contre les violences faites aux femmes, présenté en avril dernier. La deuxième, en mars prochain, portera sur les violences sexistes et sexuelles au travail comme source de discrimination professionnelle et d’atteinte aux droits. La troisième, en 2013, mettra en avant les liens qui existent entre la prostitution et la traite des êtres humains.
› RENÉE CARTON
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Source : http://www.lequotidiendumedecin.fr/
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Comment mieux dépister les violences passionnelles et conjugales ?
Comment mieux dépister les violences
passionnelles et conjugales ?
Sous le terme de violences passionnelles et conjugales sont définies les conduites brutales perpétrées par quelqu’un qui est, a été, ou désire être en relations intimes avec une jeune femme, et ces violences sont en cause dans un grand nombre des agressions dont est victime une femme sur trois aux États-Unis ! Plus d’un tiers des meurtres de femmes reconnaissent cette étiologie, responsable en outre d’un coût annuel de plus de 8 millions $. Or, près de la moitié de ces victimes avaient consulté dans un centre d’urgences dans les 2 ans qui ont précédé leur assassinat !
Le dépistage des violences passionnelles et conjugales reste cependant malaisé car le motif de consultation est souvent étranger à la violence, et, même quand la violence est manifeste, le mécanisme en est volontiers « scotomisé ». Aussi doit-il être recherché systématiquement devant toute femme possiblement battue, et les chirurgiens traumatologistes encouragés à endosser un rôle plus actif dans l’identification, la prévention et le traitement des violences passionnelles et conjugales.
En janvier 2008, un programme pédagogique a été lancé à l’intention de tous les soignants du service de traumatologie de l’hôpital de Philadelphie. Une heure de conférence sur la prévalence, les signes évocateurs, la façon de mener l’interrogatoire, et le dépistage de la violence, a été encadrée par 2 examens pour valoriser la conférence. On a ensuite comparé les données recueillies sur 348 femmes en 2007 (avant le programme) et sur 297 femmes en 2008 (après le programme). Les 2 groupes de femmes étaient similaires en termes d’âge,de race, et de mécanismes du traumatisme (avec cependant significativement plus de chutes en 2008). Les chutes et accidents de la voie publique représentent ensemble 77 % des violences passionnelles et conjugales, les autres mécanismes comportaient les armes à feu, les armes blanches, les coups de poing, les surdosages et les accidents équestres.
En 2007, l’interrogatoire n’a permis de révéler que 28 cas de violences passionnelles et conjugales sur les 139 interrogatoires menés (20 %). En 2008, le taux de dépistage était augmenté sans que la différence soit significative, et seules 29 % des violences passionnelles et conjugales ont été reconnues comme telles.
En revanche, la prévalence dans le couple d’alcoolisme, de toxicomanie, de tabagisme avait augmenté d’environ 10% pour chacun des items, passant de 70 à 80 % à peu près. Ces dépendances sont très corrélées à la violence.
Les violences conjugales et passionnelles sont donc fréquemment sous-estimées, malgré une plus grande attention portée au dépistage qui gagnerait à être généralisé.
Dr Jean-Fred Warlin
Sims C et coll. Detecting intimate partner violence: more than trauma team education is needed. J.Am.Coll.Surg. 2011;212:867-872.
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Violences sexuelles
Le viol conjugal
Une campagne pour lever le voile
Le viol conjugal est un sujet tabou qui touche l'intimité de trop nombreuses femmes. Une campagne télévisée de sensibilisation lancée par le Collectif féministe Contre le Viol lève le voile pour que la honte change de camp et que les victimes prennent la parole. Un premier pas percutant !
En France, plus de 75 000 femmes sont violées chaque année, dans 8 cas sur 10 par un homme qu'elles connaissent. Un chiffre effrayant qui pourrait bien être en dessous de la réalité. Pourtant, on constate qu'un très faible nombre de cas est judiciarisé. Pourquoi ? "La honte et la culpabilité ressenties par les femmes sont les deux facteurs en cause, les empêchant de porter plainte", explique le Dr Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) qui lance une campagne de sensibilisation sur le viol conjugal. D'autant plus dans les cas de viols conjugaux où la proximité, l'emprise de l'agresseur, une forte méconnaissance de ces droits, et la peur de perdre ses enfants dominent. Reconnu tardivement par le droit français en 1992, le viol conjugal reste un sujet tabou.
Le viol conjugal, qu'est-ce que c'est ?
"L'agression sexuelle dans le cadre de la sphère privée de ne doit pas être tolérée, ni par le principe du droit conjugal révolu depuis plus de 20 ans, ni par les inégalités persistantes entre les hommes et les femmes", soutient le Dr Emmanuelle Piet. Dans le cadre des violences conjugales faites aux femmes, le viol en représente sans doute le grade le plus élevé. Les conséquences sont bien réelles : un viol est une atteinte grave à l'intégrité physique source de nombreux traumatismes ! 70% des victimes développent des syndromes post-traumatiques, avec des troubles du sommeil, et des cauchemars récurrents, des troubles de la mémoire avec une forte incidence sur la vie professionnelle, quand ce ne sont pas des problèmes de santé.
S'ensuivent également des phénomènes d'images projetées, c'est-à-dire un film mental qui tourne en boucle. "Le plus étonnant est qu'elles continuent à mener à bien la gestion du quotidien du foyer", s'étonne la présidente, visiblement admirative.
Une campagne choc !
Avec cette campagne choc en partenariat avec l'Agence New BBDO, diffusé dans les médias, le CFCV souhaite aider les victimes à prendre la parole, faire changer de camp à la honte et sensibiliser le grand public comme les pouvoirs publics à ce problème bien réel. Il s'agit de réaffirmer le droit des femmes à disposer de leur corps comme elles le souhaitent et de rappeler qu'un rapport sans consentement est un viol. Or le viol reste un crime puni par la loi, que l'agresseur soit ou non le partenaire.
Le spot TV ci-dessus, à la fois percutant et simple, les autorise en les informant à demander de l'aide, des conseils, les incite à témoigner. "Nous sommes dans une société où depuis longtemps le corps de la femme a été soumis à la violence masculine, même si ça s'est beaucoup atténué, il faut rester très vigilant" insiste le Dr Piet. Le médecin rappelle que toutes les couches de la société sont touchées. Le viol conjugal n'est en aucun cas une forme de déviance sexuelle, mais avant tout une tentative de domination et de destruction.
Le rôle du collectif
Créé en 1985, le CFCV s'engage pour lutter contre les violences et les agressions sexuelles sous toutes ces formes. Dans ce cadre spécifique du viol conjugal, il apporte un soutien et une écoute aux victimes, et les informe. La première étape consiste à les déculpabiliser avant de leur donner des pistes pour en sortir. "Le plus important est de leur faire réaliser ce qui se passe" précise le médecin. En consultation gynécologique, par exemple, la plupart viennent pour demander des lubrifiants, ou se plaignent de douleurs suite à des mauvais traitements, ou de rapports difficiles, mais le mot viol n'est jamais évoqué.
Au sein du collectif, s'opère alors un travail de soutien sur l'image de soi, un point sur sa situation financière et familial. Dans la grande majorité, le viol conjugal s'accompagne d'un véritable travail de sape, avec une forte dégradation de l'image et de l'estime de soi. Certaines peuvent même en arriver à penser qu'elles ont de la chance que leurs hommes les touchent, tant le message comme quoi elles sont laides et nulles est asséné. Dans ce projet d'accompagnement, le collectif propose des groupes de paroles, des soins médicaux, un pool juridique pour les éventuelles démarches qu'elles souhaiteraient engager, aussi.
Un premier pas !
Seulement 10% des femmes victimes de viol portent plainte. Parmi elles un pourcentage infime de victimes du viol conjugal. La notion de viol au sein des foyers n'est pas encore inscrite dans les consciences, c'est indéniable !
"Aujourd'hui nous comptons beaucoup sur l'ordonnance de protection votée en Juillet 2010 pour mieux protéger les femmes", espère la présidente du CFCV. Depuis le lancement de la campagne le 14 juin, de nombreux appels se sont succédés. Une victoire sans aucun doute, mais qui demandera encore que de nombreux verrous sautent... "Il faut que la honte change de camp" conclut le Dr Piet.
Catherine Maillard, juin 2011
Source : entretien avec le Dr Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol, juin 2011
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Viols femmes informations. N°Vert 0 800 05 95 95
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