La formule du virus mutant H5N1 dévoilée
La formule du virus
Mutant H5N1 dévoilée
Le virus H5N1 a fait 350 morts environ depuis son apparition, en 2003
C'est l'étude que certains voulaient garder secrète. Après cinq mois de polémique, un article sur un virus mutant de la grippe aviaire créé en laboratoire a finalement été publié mercredi dans la revue britannique Nature. Évoquant le risque de bioterrorisme, le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) avait demandé fin novembre à la prestigieuse revue américaine Scienceet à Nature de ne pas publier les résultats de ces travaux. Des scientifiques avaient alors crié à la "censure". Une longue batailleentre experts et autorités est engagée.
Tout commence en septembre par la présentation par deux équipes, l'une américaine et l'autre néerlandaise, de la création de mutations du virus H5N1 capables, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères et, potentiellement, entre êtres humains. Le H5N1 circule essentiellement parmi la volaille d'élevage et les oiseaux sauvages, et touche rarement les humains. Il reste très dangereux pour l'homme avec un taux de mortalité de 60 %, mais n'a fait que 350 morts environ depuis son apparition, en 2003, car il se transmet difficilement entre êtres humains.
L'équipe des Pays-Bas, dirigée par Ron Fouchier, est parvenue à modifier le génome du virus connu pour le rendre transmissible entre hommes par simple contact avec un malade. De son côté, l'équipe dirigée par Yoshihiro Kawaoka, de l'université du Wisconsin (États-Unis), explique avoir travaillé sur un gène-clé du H5N1, l'hémagglutinine (HA), pour y ajouter une mutation afin de le rendre plus compatible avec les cellules du système respiratoire humain.
Transmission du virus
Les deux équipes créent un hybride, appelé le H5/H1. Ce mutant a été ensuite testé sur six furets, ces animaux reproduisant le plus précisément la réaction de l'organisme humain - notamment en matière de système respiratoire - face à la grippe. Résultat : les furets infectés ont transmis le virus par voie aérienne à d'autres furets, mais aucun d'eux n'en est mort.
"Les bénéfices de cette publication ne surpassent pas le danger que représente le fait de révéler comment reproduire ce virus", explique en novembre au New Scientist l'un des membres du NSABB, Thomas Ingelsby. Outre l'avis défavorable du NSABB, l'OMS s'en mêle en janvier. L'organisation appelle ces laboratoires à la vigilance et conclut qu'il doit "y avoir des vérifications des conditions de sécurité de ces laboratoires", ajoutant qu'il faut "évaluer la sécurité des recherches face à des actes de malveillance". Le NSABB lève finalement son veto en mars après de nouvelles évaluations. "Les données (...) ne semblent pas fournir d'informations qui permettraient une utilisation nuisible (...) au point de mettre en danger la santé publique ni la sécurité morale", écrit le comité consultatif sur la biosécurité.
"Les éléments scientifiques essentiels" du manuscrit original "n'ont pas été modifiés", explique aujourd'hui Nature. La revue précise s'être entourée pour cette publication de plusieurs avis en matière de biosécurité. Nature accompagne d'ailleurs l'article d'un rapport d'une agence de biosécurité "non américaine" selon lequel les bénéfices d'une telle publication dépassent les risques liés à une utilisation malveillante. "Ne pas publier cette information ralentirait ou même bloquerait le développement de vaccins contre un virus qui a encore la capacité de muter naturellement vers une forme pandémique", peut-on y lire.
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SUPERVIRUS H5N1
SUPERVIRUS H5N1
L’Agence américaine de Biosécurité
Laisse publier les études

L’Agence américaine de Biosécurité ou National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB) vient de changer d’avis sur la publication des 2 études portant sur le développement du supervirus de la grippe aviaire H5N1, jusqu'ici bloquées pour risque de biosécurité. Le comité recommande que le gouvernement des États-Unis autorise la publication complète des deux études controversées. L’OMS semble à ce jour à nouveau hors « de la boucle ».
Cette décision intervient 2 mois après que le NSABB et son président, le Dr Paul Keim aient appelé à une consultation mondiale sur la conduite et la publication des recherches sur la grippe aviaire et aient publié, dans les 2 revues Science et Nature un avertissement sur le risque exceptionnellement élevé de publication sans conditions des recherches sur la grippe aviaire.
Le Conseil consultatif national de biosécurité (NSABB) a tout de même passé 2 jours en réunion, les 29 et 30 mars 2012, pour décider finalement qu'il autorise désormais la publication des deux études, l'une dans la revue Science et l'autre dans Nature, qui décrivent le processus suivi par les scientifiques pour développer un supervirus H5N1 de la grippe aviaire hautement pathogène transmissible à l’Homme. « Le Conseil a été invité à examiner les manuscrits révisés du Dr Ron Fouchier de l’Erasmus Medical Center et du Dr Yoshihiro Kawaoka de l'Université du Wisconsin pour émettre une recommandation sur la communication ou non des données contenues dans ces études. Pour son évaluation, la Commission a utilisé des outils d'analyse précédemment développés pour évaluer les risques et les avantages associés à la communication de ces recherches à double tranchant. Après mûre réflexion, le NSABB recommande à l'unanimité que le manuscrit révisé du dr Kawaoka soit publié dans son intégralité. Le NSABB recommande également la communication des données, les méthodes et des conclusions présentées dans le manuscrit révisé du Dr Fouchier ». Selon le comité du NSABB, de nouvelles preuves soulignent le fait que la compréhension de ces mutations spécifiques pourrait contribuer à améliorer la surveillance internationale et la sécurité en santé publique.
Cette décision met fin sauf revirement des autorités américaines ou mondiales à la controverse mondiale. La recommandation du NSABB doit être transmise au Secrétariat de la Santé américain et, si les responsables américains ne sont pas contraints de suivre ces recommandations, "elles ont tout de même du poids", commente Science Insider.
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Source: Science Insider (Nature) « Breaking News: NSABB Reverses Position on Flu Papers”, NSABB « Dual Use Research News”
Virus West Nile
Virus West Nile
la transmission semble établie en Europe
Les épidémies humaines dues à ce virus y sont rares. Il circule pourtant dans la région depuis les années 1950. Une épidémie a eu lieu dans le delta du Rhône en 1962 et en Roumanie, épicentre actuel en Europe, en 1996.
Ce virus West Nile est transmis par les moustiques (Aedes et Culex) et son réservoir est constitué par les oiseaux ; les mammifères, essentiellement le cheval et l’homme, étant des hôtes accidentels. En août 2010, la Grèce et la Roumanie ont signalé un nombre anormalement élevé de cas. Au total, 344 cas probables et confirmés ont été signalés en Grèce (262), en Hongrie (17), en Roumanie (57), en Italie (6) et en Espagne (2) entre juillet et décembre 2010. En 2011, des cas ont également été signalés en Albanie. Contrairement à la souche établie aux États-Unis depuis 1999, il semble que la souche qui circule dans l’UE ne puisse pas être létale pour les oiseaux.
Les personnes de plus de 50 ans étaient le groupe d’âge le plus touché dans tous les pays. Cela s’explique par l’augmentation de la proportion de formes symptomatiques avec l’âge.
En effet, chez l’homme, l’infection par le VWN est asymptomatique ou n’entraîne qu’un accès fébrile dans environ 20 % des cas. Approximativement, 1 personne sur 150 infectées développera une forme neuro-invasive (méningite, encéphalite, paralysie flasque).
En 2010, l’épidémiologie de l’infection par le VWN a donc été différente par rapport aux années précédentes avec des zones de circulation accrues, notamment l’apparition de l’infection en Grèce pour la première fois. Il est à craindre que la transmission ne soit établie dans l’UE et qu’elle continue à se produire dans l’avenir.
– Virus Nipah
Plusieurs auteurs du Bengladesh ont rapporté des données concernant le virus Nipah (VN). Il s’agit d’un virus émergent, d’origine animale et responsable au Bangladesh et, depuis 2001, d’épidémies quasi-annuelles d’encéphalites avec plus de 75 % de létalité. Ces épidémies sont saisonnières (décembre-avril) et presque exclusivement détectées dans une région occidentale du pays. Le réservoir de ce virus est constitué par des chauves-souris du genre Pteropus, genre qui regroupe plusieurs espèces parmi les plus grandes au monde, communément appelées roussettes. La transmission à l’homme se fait à partir des excreta et la saisonnalité s’explique par la plus grande activité humaine durant cette période.
– Sève de palmier dattier
M. Islam, du Centre international de recherche sur les maladies diarrhéiques, a attribué des cas de cette maladie à la consommation de sève de palmier dattier fermentée (« tari ») qui aurait pu être contaminée. De temps à autre, les brasseurs de tari trouvent également des chauves-souris noyées dans leur breuvage, ce qui ne semble pas les empêcher de le commercialiser.
› Pr MICHEL ROSENHEIM
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Un virus influenza A
Un Virus
Influenza A
Particulier isolé
Chez la chauve-souris
En examinant 316 chauves-souris frugivores capturées dans le sud du Guatemala en 2009-2010, Ruben Donis et coll. ont découvert chez 3 d’entre elles un virus influenza de type A. Ce virus (A/bat/Guat/09) diffère largement des virus grippaux connus : son antigène de surface HA (hémagglutinine) peut être considéré comme un sous-type distinct (dénommé H17). Il en est de même des 6 antigènes viraux internes et, surtout, de l’autre antigène de surface, la neuraminidase (NA), qui ont un caractère fortement conservé, phylogénétiquement. Selon les auteurs, l’antigène NA de A/bat/Guat/09 pourrait descendre d’un ancêtre viral plus ancien que les autres antigènes de ce virus.
Malgré ces caractères distinctifs, ce virus A/bat/Guat/09 présente des homologies structurales frappantes avec les autres virus grippaux et il est compatible (par ses complexes de polymérases) avec de potentiels réarrangements génétiques avec les virus de la grippe humains.
La fréquence de détection de 1 % (3/316 animaux testés) de ce virus n’est pas inhabituelle lors des enquêtes de surveillance des oiseaux sauvages. En outre, le fait qu’il ait été trouvé dans deux régions différentes du sud du pays et sur deux années consécutives suggère qu’il ne s’agit pas d’un phénomène accidentel. Cette découverte pourrait amener à ajouter la chauve-souris au nombre des hôtes mammifères du virus de la grippe.
› Dr BERNARD GOLFIER
R. O. Donis et coll. A distinct lineage of influenza A virus from bats. « Proc Natl Acad Sci » USA (2012).
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Streptocoque
Un nouveau
Streptocoque
Est identifié
Des chercheurs suisses (Université de Zurich) rapportent l’identification d’un nouveau streptocoque isolé dans le sang de patient présentant une endocardite ou une méningite ou encore une spondylodiscite.
C’est dans de multiples hémocultures provenant de patients présentant ce type de pathologie infectieuse que Andrea Zbiden et coll. ont découvert quatre isolats de bactéries cocci Gram +, catalase négative. Étant donné leurs caractéristiques phénotypiques, ces germes ont été initialement considérés comme des streptocoques viridans. Puis le séquençage du gène 16S rRNA a montré qu’ils appartenaient au groupe Streptococcus mitis mais sans correspondre à aucune espèce connue. Les plus proches parents sur le plan phylogénétique sont les Streptococcus mitis ATCC 49456T avec 96,8 % de similitude. En fin de compte, il est apparu que les nouveaux isolats constituent une nouvelle espèce, à laquelle a été donné le nom de Streptococcus tigurinus. Tigurinus vient de Tigurum, ville ancêtre de Zurich.
Étant donné sa ressemblance avec des bactéries colonisant la bouche, la porte d’entrée de S. tigurinus pourrait être les gencives.
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Virus émergents
Virus émergent
L’Europe s’unit !

Dix-sept instituts européens de recherche et de santé publique sont désormais alliés contre les virus émergents. Financé par l’Union européenne et coordonné par l’Institut Pasteur, le projetPREDEMICS vise à étudier quatre types de virus, tous issus de réservoirs animaux et dotés d’un fort potentiel de transmission à l’homme, en Europe.
SRAS, grippe A (H1N1) virus du Nil occidental… Les différents épisodes épidémiques survenus au cours des quinze dernières années, ont amené les pouvoirs publics à rechercher des solutions et des outils permettant de prévenir l’apparition de maladies nouvelles. Ceci nécessite d’identifier et de maîtriser dès l’amont, les facteurs impliqués dans l’émergence des agents infectieux responsables.
Le projet européen PREDEMICS sera centré sur l’étude de quatre virus, dont la capacité à franchir la barrière des espèces est d’ores et déjà connue :
Les virus de la grippe ;
Le virus de l’hépatite E ;
Le virus de l’encéphalite japonaise ;
Les flavivirus, responsables d’affections comme la fièvre du Nil occidental, la dengue ou la fièvre jaune ;
Les lyssavirus à l’origine notamment, de la rage.
« Les efforts des équipes de recherche se focalisent autour d’un objectif majeur : la compréhension des mécanismes complexes régissant les relations entre le virus et son hôte », explique Sylvie van der Werf, coordinatrice du programme. « Cerner les grandes étapes de l’émergence permettra de mieux définir les stratégies de prévention à mettre en place ». PREDEMICS est soutenu à hauteur de 11,7 millions d’euros par l’Union européenne, pour une période 5 ans. Il réunit des chercheurs du monde vétérinaire et de la santé publique, issus de 17 instituts européens.
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VIRUS SCHMALLENBERG

L’Autorité européenne de sécurité des L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dans son rapport du 8 février avait fait l’hypothèse d’une propagation, hors de l’Europe du Nord du nouveau virus de Schmallenberg, sur la base du nombre de vecteurs du virus -les moustiques- et des températures. C’est chose faite avec l’arrivée du virus en Italie, avec un premier cas déclaré au 17 février, selon l’information communiquée par le Nouvel Observateur. 55 nouvelles exploitations en une semaine en France, confirment la présence du virus.
Dernier bilan pour l’Europe du Nord
Plus de 1.400 exploitations désormais contrôlées positives pour le VSB.
Le Département britannique de l’Agriculture (DEFRA) dans son dernier bilan pour l’Europe du Nord, du 17 février, montre une épidémie en constante propagation avec une augmentation de l’ordre de 100 nouvelles exploitations contrôlées positives chaque jour. (voir carte ci-contre).
- Le Royaume-Uni signale au 17 février, 52 exploitations à travers 10 comtés, mais, en raison de l'augmentation dans les rapports de SBV identifiés en France, les zones à risque viennent d’être élargies en conformité avec les données de modélisation.
- En France, la présence du virus vient ainsi d’être confirmée dans 55 nouvelles exploitations ovines et 3 exploitations bovines. Au total ce sont 152 élevages qui sont donc touchés dans 25 départements (02, 08, 10, 14, 16, 21, 27, 36, 50, 51, 52, 54, 55, 57, 58, 59, 60, 62, 67, 70, 76, 80, 86, 87, 88). (02, 08,10, 14, 50, 52, 54, 55, 57, 59, 60, 62, 67, 76, 80, 86, 87, 88).
- En Allemagne, 607 exploitations ont été testés positives, au 17 février, soit 23 élevages bovins, 558 élevages ovins et 26 caprins.
- En Belgique, désormais 124 exploitations sont touchées, aux Pays-Bas, plus de 500.
Selon les évaluations préliminaires des risques effectuées par le Centre européen de prévention (ECDC), le risque pour la santé humaine est peu probable mais non exclus totalement. Les autorités britanniques ont alerté les agriculteurs et les vétérinaires les invitant à des mesures d'hygiène au contact avec le bétail. Les femmes enceintes sont également dissuadées de tout contact avec les moutons et les chèvres, en particulier au moment de l'agnelage.
Sources
Ministère de l’agriculture, DEFRA (Département britannique de l’Agriculture) (Visuels), FLI (Friedrich Loeffler Institute)
Accéder
aux dernières actualités sur le Virus Schmallenberg
Lire aussi
VIRUS SCHMALLENBERG: L’EFSA envisage le risque de propagation à d’autres pays -
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http://www.santelog.com/index.php
Le virus de Schmallenberg
Le virus de Schmallenberg,
Ce nouveau venu
Si mal connu...


La carte fournie par le FLI indique la distribution du virus de Schmallenberg en Allemagne le 27 janvier 2012. La ville de Schmallenberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie est un peu l'épicentrede l'épidémie.
Que sait-on sur le virus de Schmallenberg ?
Qu’en est-il du virus de Schmallenberg ? D’après les premières analyses, les scientifiques semblent plutôt optimistes en ce qui nous concerne. Dans un rapport émis par le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies, à Stockholm, les auteurs concluent qu’il est « improbable que ce nouvel Orthobunyavirus puisse causer des maladies chez l’Homme, mais il est impossible d’exclure complètement cette hypothèse à ce niveau ». Ils se basent notamment sur sa proximité génétique avec trois virus de ce groupe (Akabane, Shamonda et Aino), tous inoffensifs pour l’espèce humaine.


Les moucherons du genre Culicoides sont les vecteurs de la transmission virale. L'espèce (ou les espèces) responsable n'a pas encore été identifiée. Pour le moment, il n'y a pas de cas avéré de transmission d'un animal à un autre.
Un sérieux déficit de connaissances
Cependant, nos connaissances des Orthobunyavirus sont relativement minces, car « ils ont été négligés depuis longtemps » commente Jonas Schmidt-Chanasit, de l’Institut Bernhard Nocht pour la médecine tropicale. De ce fait, le mystère reste presque entier.
Les chercheurs tentent désormais d’accumuler les données pour prédire au mieux les effets constatés et tenter de mettre au point un remède pour le bétail. L’état de santé des éleveurs et des vétérinaires est étroitement surveillé. En parallèle, les États se partagent les recherches. Les Néerlandais se focalisent sur les moutons pendant que les Allemands concentrent leurs efforts sur les bovins. Le retard sera peut-être plus vite rattrapé…
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http://www.futura-sciences.com/fr/sante/
STAPHYLOCOQUE DORÉ
STAPHYLOCOQUE DORÉ
Alerte sur la nouvelle
souche hautement pathogène

« Man vs SARM », c’est le titre de la nouvelle alerte, lancée, dans la revue Nature, par le Dr. Daum, fondateur du Centre de recherche sur le SARM de l’Université de Chicago, sur le risque d’épidémie lié à cette nouvelle souche, d’origine communautaire –et non hospitalière- du Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM). Pendant des décennies, Robert Daum a étudié et déjà alerté sur les dangers de cette souche. Il ajoute, avec cet article, aux conclusions de la très récente étude publiée le 1erfévrier dans le Journal of Infectious Diseases qui informe la communauté scientifique sur le caractère hautement pathogène de ce SARM « qui s’attrape » en dehors de l’hôpital. L’urgence, pouvoir développer très rapidement un vaccin.
En 1995, le Dr Robert Daum de l'hôpital des enfants de Chicago avait du prendre en charge des infections qui avaient touché une vingtaine d’enfants dans son service d'urgence. 3 enfants étaient atteints d’une pneumonie qui évoluait rapidement, un 4è présentait un abcès énorme dans un muscle. Chez un 5è enfant, la bactérie avait infecté les os d'un pied. Les infections se montraient résistantes à de nombreux antibiotiques, dont la méthicilline. Le coupable, le SARM. Pourtant aucun des enfants n'était passé par une hospitalisation durant les mois précédents.

A l’époque le Dr Daum avait publié en 1998 un article dans le Journal de l'American Medical Association (JAMA) rapportant ces cas, alertant sur le danger de cette nouvelle souche de SARM, d’origine communautaire et non hospitalière et sur ses caractéristiques particulières en comparaison des souches hospitalières.
A nouveau, le Dr Daum tire la sonnette d’alarme dans la revue Nature sur le risque d’épidémie. Alors qu’au cours des 10 dernières années, le SARM est devenu résistant même aux antibiotiques de dernier recours, alors que les laboratoires rechignent à développer de nouvelles molécules pour contrer une bactérie dont l'évolution des résistances est trop rapide pour amortir leurs coûts. Des laboratoires, Nabi Biopharmaceuticals, GlaxoSmithKline et Merck ont bien fait des tentatives mais n’ont pu aboutir. Robert Daum, de son côté, travaille, avec son équipe, à une stratégie vaccinale qui stimule les lymphocytes T, qui jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire, une stratégie soutenue ou discutée par de nombreux scientifiques.
L'épidémie serait en progression : Les cas d'infection au SARM "communautaire" se multiplient, selon les rapports des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 4 enfants seraient décédés en 2011 de ce type d’infection, des foyers seraient identifiés dans les prisons, au sein de certaines équipes sportives, chez un nombre anormalement élevé de patients arrivant en services d'urgence. Les médecins déclareraient des cas inattendus d’infections graves de type pneumonie nécrosante causés par cette souche acquise en collectivité.
Selon une estimation, le SARM acquis en communauté serait ainsi responsable de plus de 14 millions d’infections de la peau et des tissus mous entraînant hospitalisations ou visites aux urgences, d’environ 100.000 infections graves du sang et de plus de 15.000 décès chaque année.
La bactérie SARM acquise en communauté est résistante à presque tous les antibiotiques. Le staphylocoque doré vit sur la peau ou dans les narines d’un tiers d’entre nous, la plupart du temps sans causer de maladie, ce qui signifie qu'une grande partie d’entre nous possède déjà des anticorps. Pourtant ces anticorps ne signifient pas « protection », une personne sur quatre qui aura une infection à SARM développera un autre type d’infection.
La piste vaccinale repose sur les protéines pro-inflammatoires appelées interleukine-17, produites par une branche différente du système immunitaire que celle qui fabrique les anticorps, mais qui semblent toujours impliqués dans la mémoire du corps de l'exposition à ces agents pathogènes. Le Dr Daum estime que ces cellules TH17 sont la clé du vaccin contre S. aureus. Des essais sont en cours à l'Université de Chicago : "Nous voulons développer un vaccin qui prévient la maladie invasive, la pneumonie et les infections de la peau», explique Daum, en bref qui lutte contre 3 types d’infections bien distincts.
Ensuite, précisent les auteurs, restera la question de la couverture vaccinale. Car d’origine communautaire, cette souche du SARM peut toucher chacun d’entre nous. «Il s'agit d'une épidémie universelle, et il devrait y avoir un vaccin universel», conclut le chercheur.
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Source: Nature 482,23–25 -02 February 2012 doi:10.1038/482023a «
Vaccine development: Man vs MRSA”
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Une amie
Le virus SCHMALLENBERG
Le virus
SCHMALLENBERG
Envahit l’Europe
Point sur les zones de risque
En date du 25 Janvier, l’infection au virus Schmallenberg a été détectée sur des bovins, des moutons et des chèvres aux Pays-Bas, Allemagne, Belgique et plus récemment chez le mouton au Royaume-Uni. De premiers cas sont recensés en France. Le nouveau virus Schmallenberg détecté depuis début novembre 2011, au départ sur des bovins en Allemagne, responsable de graves malformations sur l’animal, avait fait l’objet d’un premier point de l’European Centre for Disease Control (ECDC) en décembre dernier. L’ECDC confirme aujourd’hui une surveillance renforcée face à de nombreuses inconnues : l'étendue et l'impact de l'infection qui ne peuvent être estimés à l'heure actuelle, l’absence à ce jour d’une méthode de détection, le risque éventuel pour la santé humaine. Pourtant, aucune restriction commerciale n’a été mise en place.
Le virus Schmallenberg, de la famille des orthobunyavirus, a été détecté en Allemagne, puis aux Pays-Bas, où des agneaux infectés in utero, ont présenté des malformations congénitales. Selon les données actuelles, précise l’ECDC, il n'est pas possible d'exclure une relation de cause à effet entre la détection de ce nouvel orthobunyavirus et les symptômes cliniques observés dans de nombreux foyers chez les bovins et sur le petit bétail. Les signes cliniques chez les bovins adultes sont la fièvre, la diarrhée et un rendement en lait réduite.
A l'heure actuelle, l'ampleur réelle de la diffusion du virus Schmallenberg en Europe n'est pas connue : L’OIE (the World Organisation for Animal Health) a déclenché une alerte au 24 janvier, concernant 600 cas suspects au Royaume-Uni, dont 24 cas confirmés (dont 24 décès). Le Department for Environment Food and Rural Affairs britannique, dans son dernier bilan, réalisé sur la base des données de l’OIE et des différents ministères européens en charge, déclare que plus de 240 fermes aux Pays-Bas ont aujourd’hui déclaré des agneaux difformes. Le virus serait donc présent dans la totalité des 12 provinces. En Allemagne, 3 régions sont affectées, la Rhénanie du Nord, la Westphalie, et la Saxe avec 6 fermes d’élevage de bovins et 16 d’élevages de moutons (Source : Institut Friedrich Loeffler, 2012).
Les zones de risque définies à partir des migrations de moucherons à partir des côtes de Belgique et des Pays-Bas sont le Sud-Est de l'Angleterre et des zones de risque élevé en France sont l’Alsace, la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne Ardennes- En bleu sur la carte. (Source Ministère de l'Agriculture France, 2012). Aux dernières nouvelles, de premiers cas seraient rapportés en Lorraine.
Une capacité de diagnostic aujourd’hui très limitée : La détection du virus à ce jour reste complexe, la capacité de diagnostic étant actuellement limitée à la technique RT-PCR (reverse transcriptase polymerase chain reaction) qui consiste à extraire les ARN et les recopier in vitro en ADNc simple brin… un mode d’analyse encore peu au point pour ce virus, qui doit encore être validé, précise le Centre de surveillance européen. Un test de sérologie est en développement au Friedrich Loeffler Institute (FLI). Il permettra d’identifier puis de confirmer les nouveaux foyers et les zones géographiques infectées. Le FLI a d’ailleurs indiqué qu’il mettra à disposition de tous les Etats membres, protocoles et matériel viral, afin de faciliter l’avancée des recherches sur ce nouveau virus.
Le risque pour l’Homme : Jusqu’à maintenant, les orthobunyaviruses génétiquement semblables n'ont pas causé de maladie chez les humains. Il est donc peu probable que ce virus provoque une maladie chez les humains, mais l’ECDC ne l’exclut pas à ce stade. Pourtant, aucune restriction commerciale n’a été mise en place et ni de contrôle des exploitations infectées. Ce qui pourrait évoluer dans les prochains jours.
L’ECDC confirme que ses enquêtes épidémiologiques, immunologiques et microbiologiques, débutées en décembre, sont toujours en cours en Allemagne et aux Pays-Bas. Une collaboration entre les services de santé vétérinaire et humaine a été mise en place pour assurer la détection rapide de tout changement dans l'épidémiologie des animaux et des humains. La surveillance sanitaire des agriculteurs et des vétérinaires en contact étroit avec des animaux potentiellement infectés est renforcée ainsi que la surveillance des animaux dans les pays voisins.
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Source: ECDC Epidemiological update du 25/01/12, OIE Schmallenberg virus in the United Kingdom, Ministère (français) de l’Agriculture Note de service du 4 janvier, DEFRA (Department for Environment Food and Rural Affairs) Updated Preliminary Outbreak Assessment in respect of the Smallenberg virus http://www.santelog.com/index.php
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